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 PRESSAFRIQUE 27.03.07
Le bilan des affrontements s'élèverait à près de 600 morts à Kinshasa

"L'ordre doit être restauté à n'importe quel prix" Joseph Kabila

 Dans un pays ravagé par les exactions des milices et des forces militaires loyalistes ou de forces armées étrangères, des affrontements meurtriers entre frères ennemis ont éclaté au coeur de la capitale le 22 et le 23 mars. 

 Selon la BBC ces affrontements auraient pu faire près de 600 morts d'après les dires de l'ambassadeur allemand après enquête auprès des morgues et des hôpitaux de la capitale. A Paris, un haut responsable parle de 300 morts. A Kinshasa le ministre du Plan, Kamitatu évoque plus de 300 morts. L'ONG Caritas a été obligé de revoir son bilan à la hausse à plus de 150 morts.
Peu après les élections démocratiques en RDC, les milices du présumé criminel contre l'humanité Jean-Pierre Bemba, pro-mobutistes devant l'éternel, ont refusé de désarmer et d'intégrer les forces régulières. Mercredi et jeudi des tirs ont éclaté entre milices pro-Bemba et forces loyalistes dans le quartier de la Gombe après expiration de l'ultimatum lancé par le gouvernement. Ces affrontements ont dégénéré et ont embrasé tout le quartier et ont débordé dans une grande partie de la capitale où les forces militaires en présence ont décidé d'en découdre au risque de noyer les quartiers dans un bain de sang. Du côté Kabila, le désir d'en finir à tout prix avec son principal rival politique a été souligné. Un véritable nettoyage en règle des milices pro-Bemba dans la capitale suivi d'arrestations massives. Un affrontement qui a dégénéré et dont il faudra examiner la responsabilité de chacun des principaux protagonistes. Bemba accuse Kabila d'avoir délibérémment lancé une attaque contre son QG comme lors de l'entre-deux tours des élections présidentielles tandis que Kabila accuse les milices de Bemba d'avoir attaqué les forces loyalistes à Kinshasa. Bemba accuse Kabila d'avoir voulu l'éliminer physiquement au moment où une partie du gouvernement est mis en cause pour avoir accepter de céder une partie de son territoire dans le Bandundu à l'Angola. Kabila accuse Bemba d'avoir voulu semer le désordre et la terreur à Kinshasa après avoir refusé de désarmer ses milices. 

 Lors des combats, les Kinois ont versé un lourd tribu durant les fusillades et bombardements qui ont balayé les rues. Des ambassades étrangères ont été bombardées par des tirs d'artillerie. Il y avait de toute évidence du côté du pouvoir en place plébiscité par les grandes puissances une volonté d'en finir avec les milices du présumé criminel contre l'humanité Bemba qui est le grand perdant de cet affrontement meurtrier où beaucoup de ses hommes ont été tués ou arrêtés ou chassés de la capitale. Trois cent hommes se sont rendus à la Mission des Nations Unies au Congo qui les a désarmés. Les autorités de Kinshasa ont annoncé, le samedi 24 mars, avoir lancé un mandat d'arrêt pour «haute trahison» contre l'opposant, réfugié dans l'ambassade d'Afrique du Sud à Kinshasa. Sur les ondes d'une radio néerlandaise, ce dernier a accusé Kabila de vouloir l'éliminer physiquement.

 Ces combats marquent l'avènement d'une démocratie du canon qui semble avoir éliminé le principal opposant politique de Kabila avec un risque d'effets collatéraux importants dans les fiefs de Bemba dans l'Equateur.  La question se pose de savoir si l'opposition politique réelle que représente le MLC aura la possibilité de jouer son rôle. Compte tenu du fait que leur candidat avait tout de même remporté 42% des voix et 13% des sièges, les membres de ce parti, auront ils d'autres choix que le silence ou la figuration? 

 Pendant ce temps les forces loyalistes continuent leurs exactions sur la population dans l'est du pays tandis que les pays étrangers s'invitent au partage du gateau congolais. L'Ouganda en Ituri, le Rwanda dans les Kivu, le Zimbabwe au Kasaï, l'Angola qui réclame la souveraineté sur la région de Kahemba dans le Bandundu, la Zambie s'est aussi récemment invitée au voyage. Tous les anciens alliés du clan françafricain (Zimbabwe, Angola, Congo-Brazzaville, Zambie...) et les alliés du clan américafricain (Ouganda, Rwanda...) entendent bien se rattraper - pour leur effort de guerre - sur la terre congolaise et son peuple qui n'est pas sorti de la guerre civile à l'issu d'élections démocratiques organisées précipitament. Le Congo pleure ses morts.