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"L'ordre doit être restauté
à n'importe quel prix" Joseph Kabila
Dans un pays ravagé par les exactions des milices et
des forces militaires loyalistes ou de forces armées étrangères, des
affrontements meurtriers entre frères ennemis ont éclaté au coeur de la
capitale le 22 et le 23 mars.
Selon la BBC ces
affrontements auraient pu faire près de 600 morts d'après les dires de
l'ambassadeur allemand après enquête auprès des morgues et des hôpitaux de
la capitale. A Paris, un haut responsable parle de 300 morts. A Kinshasa
le ministre du Plan, Kamitatu évoque plus de 300 morts. L'ONG Caritas a
été obligé de revoir son bilan à la hausse à plus de 150 morts. Peu
après les élections démocratiques en RDC, les milices du présumé criminel
contre l'humanité Jean-Pierre Bemba, pro-mobutistes devant
l'éternel, ont refusé de désarmer et d'intégrer les forces
régulières. Mercredi et jeudi des tirs ont éclaté entre milices pro-Bemba
et forces loyalistes dans le quartier de la Gombe après expiration de
l'ultimatum lancé par le gouvernement. Ces affrontements ont dégénéré et
ont embrasé tout le quartier et ont débordé dans une
grande partie de la capitale où les forces militaires en
présence ont décidé d'en découdre au risque de noyer les quartiers dans un
bain de sang. Du côté Kabila, le désir d'en finir à tout prix avec
son principal rival politique a été souligné. Un véritable nettoyage en
règle des milices pro-Bemba dans la capitale suivi d'arrestations
massives. Un affrontement qui a dégénéré et dont il faudra examiner la
responsabilité de chacun des principaux protagonistes. Bemba accuse
Kabila d'avoir délibérémment lancé une attaque contre son QG comme lors de
l'entre-deux tours des élections présidentielles tandis que Kabila accuse
les milices de Bemba d'avoir attaqué les forces loyalistes à Kinshasa.
Bemba accuse Kabila d'avoir voulu l'éliminer physiquement au moment
où une partie du gouvernement est mis en cause pour
avoir accepter de céder une partie de son territoire dans le
Bandundu à l'Angola. Kabila accuse Bemba d'avoir voulu semer le désordre
et la terreur à Kinshasa après avoir refusé de désarmer ses
milices.
Lors des combats, les Kinois ont versé un lourd
tribu durant les fusillades et bombardements qui ont balayé les rues.
Des ambassades étrangères ont été bombardées par des tirs d'artillerie.
Il y avait de toute évidence du côté du pouvoir en place plébiscité
par les grandes puissances une volonté d'en finir avec les milices
du présumé criminel contre l'humanité Bemba qui est le grand perdant
de cet affrontement meurtrier où beaucoup de ses hommes ont été
tués ou arrêtés ou chassés de la capitale. Trois cent hommes se sont rendus
à la Mission des Nations Unies au Congo qui les a désarmés. Les autorités
de Kinshasa ont annoncé, le samedi 24 mars, avoir lancé un mandat
d'arrêt pour «haute trahison» contre l'opposant, réfugié
dans l'ambassade d'Afrique du Sud à Kinshasa. Sur les ondes d'une radio
néerlandaise, ce dernier a accusé Kabila de vouloir l'éliminer
physiquement.
Ces combats marquent l'avènement d'une
démocratie du canon qui semble avoir éliminé le principal opposant
politique de Kabila avec un risque d'effets collatéraux importants
dans les fiefs de Bemba dans l'Equateur. La question se pose de
savoir si l'opposition politique réelle que représente
le MLC aura la possibilité de jouer son rôle. Compte
tenu du fait que leur candidat avait tout de même remporté 42% des voix et
13% des sièges, les membres de ce parti, auront
ils d'autres choix que le silence ou la
figuration?
Pendant ce temps les forces loyalistes
continuent leurs exactions sur la population dans l'est du pays
tandis que les pays étrangers s'invitent au partage du gateau congolais.
L'Ouganda en
Ituri, le Rwanda dans les Kivu, le Zimbabwe au Kasaï, l'Angola qui
réclame la souveraineté sur la
région de Kahemba dans le Bandundu, la
Zambie s'est aussi récemment
invitée au voyage. Tous les anciens alliés du clan françafricain
(Zimbabwe, Angola, Congo-Brazzaville, Zambie...) et les alliés du clan
américafricain (Ouganda, Rwanda...) entendent bien se rattraper -
pour leur effort de guerre - sur la terre congolaise et son
peuple qui n'est pas sorti de la guerre civile à l'issu d'élections
démocratiques organisées précipitament. Le Congo pleure ses morts.
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