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PRESSAFRIQUE
01.01.07 |
| "Nous sommes des échangeurs
et des brasseurs de temps" L'Afrique : berceau de l'humanité et de la
civilisation, des sciences et des religions En l'état actuel des
connaissances scientifiques, on doit bien reconnaître que le continent
africain a vu naître les premiers hommes, les premières grandes
civilisations, les premières sciences ainsi que les premières croyances
religieuses allant du polythéisme au monothéisme. Force est de constater,
selon les dernières découvertes des paléo-anthropologues, des archéologues, des
généticiens et de linguistes que c'est sur le continent africain que les
premiers hominidés ont été découverts et notamment l'homo sapiens dont
nous sommes issus. Les travaux d'Yves Coppens, Luigi Luca Cavali-Sforza,
Bryan Sykes, de Pascal Picq, de Christopher Stringer documentent
abondamment cette théorie de l'origine africaine de l'humanité. En l'état
actuel des connaissances, la chaîne d'hominisation africaine est la plus
ancienne et la plus complète. Les paléontologues Günter Braüer, Reneir
Protsch, Christopher Stringer considèrent que l'homme moderne a une
origine africaine monogénétique. Ces travaux sont confirmés par les
recherches combinées de généticiens, de paléo-anthropologues et de linguistes.
Ainsi la technique de l'ADN mitochondrial a permis de mettre en évidence
que nôtre ancêtre le plus ancien vivait il y a 150 000 ans en
Afrique. «Le mérite de l'arbre des
gènes fondé sur l'étude de la mitochondrie est d'avoir pour la première
fois introduit dans l'équation une échelle chronologique objective. Il a
établi très clairement que l'ancêtre de la mitochondrie commune de tous
les humains modernes vivait il y a quelques 150 000 ans
seulement. » (Bryan Sykes, Les sept filles d'Eve, Paris
Albin-Michel, 2001, p.67-68). Deux études publiées par des équipes de
chercheurs généticiens états-uniennes et chinoises parues dans la célèbre
revue Science en 2001 (African Origin of Modern Humans in
East Asia : A tale of 12 000 chromosomes) et dans la revue
états-unienne Proceedings of The
National Academy of Sciences en 1998 font état de l'origine africaine
des Asiatiques. L'appellation indo-européen n'a pas de raison d'être et
relève du mythe occidental. En l'état des découvertes scientifiques, les
plus anciennes gravures au monde ont été retrouvées dans la grotte de
Blombos à 200 km du Cap en Afrique du sud et datent d'environ 77.000 ans
avant notre ère précédent de près de 40.000 années l'art pariétal du Sud
de l'Europe (grotte Chauvet en France, site Altamira en Espagne).
Afrique : berceau de la
civilisation « Les Ethiopiens disent que les
Egyptiens sont une de leurs colonies qui fut menée en Egypte par Osiris.
Ils prétendent même que ce pays n'était au commencement du monde qu'une
mer, mais que le Nil entraînant dans ses crues beaucoup de limon
d'Ethiopie, l'avait enfin comblé et en avait fait une partie du
continent.Ils ajoutent que les Egyptiens tiennent d'eux, comme de leurs
auteurs et de leurs ancêtres, la plus grande partie de leurs lois ;
c'est d'eux qu'ils ont appris à honorer les rois comme des dieux et à
ensevelir leurs morts avec tant de pompe ; la sculpture et l'écriture
ont pris naissance chez les Ethiopiens.Les Ethiopiens allèguent d'autres
preuves de leur ancienneté sur les Egyptiens ; mais il est inutile de
les rappeler ici. » (Diodore de Sicile 90-20 avt. Notre ère.
Histoire universelle, Livre 3, p.341). « Grâce au témoignage fourni par le
cimetière L., la période qui précède juste la première dynastie devient,
pour la première fois, une époque historique. Un fait étonnant se dégage,
absolument contraire à toutes les idées antérieures sur la question :
pendant neuf générations au moins, de 3500-3400 à 3200-3100 avant J.C., la
Nubie du groupe A fut un Etat unifié, possédant tous les attributs d'une
civilisation - un gouvernement, un pharaon, des fonctionnaires, une
religion officielle, une écriture et des monuments - un Etat assez fort
pour unir des peuples qui n'étaient pas de même origine. C'est ainsi que
les habitants du Ta-Seti, « le pays de l'Arc », nom par lequel
les anciens Egyptiens désignaient la Nubie, participèrent pleinement et
sur un plan d'égalité que personne n'avait jamais soupçonné, à
l'irrésistible essor de la civilisation des rives du Nil »
(Rapport de Bruce Williams, 1986 «Excavations between Abu Simbel and the
Sudan frontier, part I - The A-group royal cemetary at Qustul :
cemetary L ».University of Chicago).
Ainsi ce papyrus formule le
théorème de Thalès 1300 ans avant que Thalès s'en attribue la paternité.
Le papyrus de Moscou contient avant l'heure la théorie d'Archimède selon
le Professeur Struve qui l'a édité : « Le papyrus de Moscou qui nous livre
parmi de nombreuses autres, la preuve d'une célèbre découverte d'Archimède
doit être inscrite au compte des Egyptiens. Nous n'avons donc plus aucune
raison de rejeter les affirmations des écrivains grecs selon lesquelles
les Egyptiens étaient les maîtres des grecs en géométrie [.] Ainsi, est-ce
encore une grande découverte
attribuée à Démocrite qu'il va falloir reculer de 1400 avant son présumé
inventeur. Ces faits nouveaux, par lesquels le papyrus de Adwin Smith et
le papyrus de Moscou enrichissent notre savoir, nous forcent à une
révision radicale de notre jugement de valeur tenace jusqu'à présent, sur
les connaissances égyptiennes. Un problème comme celui de la recherche des
fonctions du cerveau ou bien celui de la détermination de la surface d'une
sphère n'appartiennent plus au cercle des questions par lesquelles une
connaissance empirique s'édifie, à l'intérieur d'une culture primitive. Ce
sont déjà de purs problèmes théoriques, qui de ce fait prouvent que le
peuple égyptien de même que le peuple grec se sont efforcés d'acquérir
une pure vision intellectuelle de l'univers. ». (Cf.
Lathematisher Papyrus des Staalichen
Museumsder SchönenKünstein Moskau, cité par Omotunde, p.68-69).
De
nombreux récits émanant de
philosophes grecques (Platon, Hérodote, Diogène) ou romains (Diodore de Sicile)
qui remontent à l'Antiquité font état de l'initiation de nombreux de
ces philosophes auprès des prêtres égyptiens. Pythagore (resté 22 ans
en Egypte), Platon (13 ans), Eudoxe (13 ans), Démocrite (5 ans),
Hippocrate (3 ans) ont reçu une initiation en Egypte de la part des
prêtres égyptiens. Le cas le plus célèbre étant celui de Pythagore qui
vécu plusieurs années en Egypte et dû patienter plusieurs années avant de
gagner la confiance de ses maîtres égyptiens et de recevoir leur
enseignement. Il vécu durant ces années en véritable Egyptien, il savait
aussi bien lire les hiéroglyphes que les cursives (Hiératique et
Domotique) et sacrifia à la coutume égyptienne de la circoncision que l'on
retrouve aussi en Ethiopie. Lorsque le jeune savant revint en Grèce, il ne
fit nulle mention dans ses découvertes de l'inspiration égyptienne qui
avait été la sienne pour ne pas écrire à l'instar de Cheikh Anta Diop
qu'il s'agissait de véritables « emprunts ». Beaucoup de savants
grecques ont fait passer à la postérité des théorèmes scientifiques
égyptiens sous leur nom sans même citer leurs sources. Certains chercheurs mathématiciens
contemporains évoquent les erreurs de traduction des Grecs dans la
transcription du savoir scientifique égyptien au point que certains
théorèmes repris par les Grecs s'avèrent être incomplet. C'est le cas par
exemple de certains traités de géométrie tel que celui d'Euclide. Ainsi
selon le mathématicien Bertrand Russel (Principle of Mathematics cité
par Omotunde) : « Puisque
Euclide a toujours de la popularité et une réputation de rigueur même
auprès des mathématiciens, en vertu de quoi on lui pardonne ses
circonlocutions et son verbiage, on gagnerait à commencer par relever
quelques-unes des erreurs
contenues dans ses vingt six premières propositions. Commençons par
la première. Il n'y a aucune preuve que les cercles qu'on nous a dit de
construire s'intersectent et s'ils ne le font pas, toute la proposition
s'effondre [.] Quant à la quatrième il y aurait beaucoup à dire : en
fait la preuve d'Euclide est si mauvaise qu'il aurait mieux fait
d'admettre cette proposition comme un axiome. »
Afrique : berceau des
religions « La parcelle de Ka individuelle rejoint
le Ka universel - l'intellect ou l'Âme du Monde - et ne se perd jamais
dans le grand Tout : ainsi, la cosmogonie philosophique égyptienne a
inventé l'immortalité de l'âme dès l'Ancien Empire, 2600 av. J.C. et même
plus tôt, comme en font foi les Textes des Pyramides, plus de 1000 ans
avant la première religion révélée ». Cheikh Anta Diop,
Civilisation ou Barbarie, ibid, p.428. Les
religions polythéistes ont connu une floraison extraordinaire dans
l'Antiquité. Parties de l'ancienne égypte, et sans doute antérieurement de
Nubie, elles ont irradié les cultures grecques et romaines. Ainsi de
nombreuses divinités égyptiennes ont été transposées chez les Grecs ou
chez les Romains. Amon est devenu Zeus chez les Grecs et Jupiter chez
les Romains (selon certaines sources d'après le dictionnaire des mythes,
Nadia Julien, édition Marabout) ; Ptah est devenu Héphaïstos chez les
Grecs et Vulcain chez les Romains; Osiris, Dionysos chez les Grecs,
Bacchus chez les Romains ; Isis, Déméter chez les Grecs, Cérès chez
les Romains. Enfin il y a une parenté entre certains mythes de l'Egypte et
de la Grèce antique notamment en ce qui concerne le mythe d'Orphée et
certains éléments empruntés au mythe égyptien d'Osiris. De nombreux
éléments de la culture égyptienne ont influencé la culture occidentale. Le
culte d'Osiris et d'Isis se répandit dans le monde greco-romain mais aussi
dans toute l'Europe latine et cela jusqu'au moyen-âge. A tel point que
certains ont fait le parallélisme entre le culte de la Vierge noire au
moyen-âge et celui d'Isis. Enfin le culte monothéiste le plus ancien
revient au culte conçu par le pharaon Amnophis IV qui se rebaptisa
Akhénaton et qui préconisait de ne croire qu'en un dieu : Aton.
Certains égyptologues considèrent les Hébreux comme un peuple africain
ayant migré d'Egypte en restant fidèle au culte d'Aton qui était tombé en
désuétude après le règne d'Akhénaton. Joseph Davidowitz (La Bible
avait raison
), égyptologue, considère que les Hébreux, en égyptien ubrus, étaient des Egyptiens descendants
des artisans, professionnels constructeurs et artistes d'el-Amana, la
capitale construite par le pharaon monothéiste Akhenaton. Cela
expliquerait certaines coutumes communes telles que celles de la
circoncision pratiquées dans l'Egypte ancienne mais aussi bien avant en
Nubie (Ethiopie, ancien Soudan). « ...seuls parmi les hommes les
Colchidiens, les Egyptiens et les Ethiopiens pratiquent la circoncision
depuis l'origine » (Hérodote 484-425 avant notre ère,
Livre 2, 104). Il est alors probable que les Juifs d'Ethiopie ne sont
pas issus de la migration en Afrique des Juifs à partir du royaume
d'Israël comme l'attestent de récentes découvertes génétiques. Ainsi une
étude parue dans Human Biology (1999) de Lucotte et Smets évaluant
l'homologie de séquences d'ADN du chromosome Y d'un échantillon d'Ethiopiens juifs
vivant en Israël et d'Ethiopiens non juifs vivant dans une région au nord
d'Addis Abeba relève plus de similitude et de proximité génétique entre
les Juifs Ethiopiens vivant en Israël et les Ethiopiens autochtones
non juifs qu'avec les autres communautés juives. Les travaux de
Lucotte et son équipe confirme les travaux d'une équipe israëlienne
publiée en 1991 dans l'Israel Journal of Medical Sciences
27:245 par
Avshalom Zoossmann-Disken, A. Ticher, I. Hakim, Z. Goldwitch, A.
Rubinstein et Batsheva Bonné-Tamir intitulés "Genetic affinities
of Ethiopian Jews". Pour Lucotte et son équipe, les
résultats sont compatibles avec le fait que les dénommés
Falashas proviennent des
anciens habitants ayant vécu en Ethiopie et non d'une migration de peuples
juifs originaire du royaume d'Israël à l'époque du roi Salomon ou des
tribus de Dan. Lucotte et Smets concluent qu'il s'agissait probablement
d'Ethiopiens convertis secondairement au judaïsme. Si indéniablement la
génétique semble accréditer que les dénommés Falashas (terme utilisé par
les Chrétiens d'Ethiopie, tiré de l'amharique et signifiant « exilé »
ou « immigrés ») ou plus exactement
Betaisraël (tels qu'ils se sont
renommés ; éthymologiquement : « Maison d'Israël ») sont issus
de population anciennement installée en Ethiopie, les auteurs
vont bien au-delà de leurs travaux en concluant qu'ils ont été
secondairement convertis au judaïsme. L'hypothèse qu'ils furent les premiers
Juifs ayant migré hors d'Egypte est une hypothèse solide. L'hypothèse qu'ils
constituèrent une population initialement originaire d'Ethiopie qui resta fidèle
au culte d'Akhenaton après sa mort est encore plus pertinente. Et cela
d'autant plus qu'une étude parue en 2002 dans l'American
human journal of genetic portant sur l'ADN mitochondrial des
Betaisraël montre des séquences génétiques très similaires à celles
observées chez les populations locales éthiopiennes et somaliennes. Une
autre étude publiée en 2001 dans la célèbre revue états-unienne Proceedings
of National Academic of Science of the United States of
America retrouve une parenté génétique très forte entre des
Juifs éthiopiens et yéménites. Pour les auteurs, ces éléments sont en
faveur d'une migration de la population des Betaisraël d'Ethiopie
vers le Yemen et plus généralement d'une migration possible dans la
région de la mer rouge en provenance d'Ethiopie.
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