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  PRESSAFRIQUE 16.05.07
Sarko Ier impose la lecture de la dernière lettre de Guy Môquet dans tous les lycées lors de la rentrée scolaire

"Ma première décision de Président de la République sera de demander au futur ministre de l'Education nationale que cette lettre soit lue en début d'année à tous les lycéens de France " Nicolas Sarkozy, lors de la érémonie d'investiture du 16.05.07 (Metro)

 Suite à la décision unilatérale sans consultation préalable des associations d'anciens combattants et d'anciens résistants, des représentants des enseignants, ou des syndicats ou de feu leur ministre de tutelle, Sarko Ier a édicté lors de son sacre du 16.05.07 qu'à chaque rentrée scolaire la lettre du résistant communiste Guy Môquet, qu'il avait rédigé juste avant d'être fusillé par la police pétainiste, devrait être lu aux lycéens. Cela part à priori d'un bon sentiment de commémorer les valeurs d'intégrité de la résistance face à l'envahisseur germanique et ses suppôts de collabos. Il y a là quelque chose de fédérateur ravivant les sentiments nationalistes face à l'Allemagne nazie barbare et sa politique ayant généré une destruction de la société française. Guy Môquet était le fils du député communiste du XVIIe arrondissement de Paris Prosper Môquet. Le parti communiste ayant été dissous par Édouard Daladier en septembre 1939, Prosper Môquet est arrêté le 10 octobre 1939, déchu de son mandat de député en février 1940 et plus tard déporté au bagne en Algérie.

 WIKIPEDIA
Guy Môquet

Guy Môquet était lycéen au lycée Carnot et fervent militant des jeunesses communistes. Après l'occupation de Paris par les Allemands et l'instauration du gouvernement de Vichy, Guy déploie une grande ardeur militante pour coller des papillons dans son quartier dénonçant le nouveau gouvernement et demandant la libération des internés. Il est arrêté à 16 ans le 13 octobre 1940 au métro Gare de l'Est par des policiers français qui recherchaient les militants communistes. Les policiers le passent à tabac pour qu'il révèle les noms des amis de son père.

Emprisonné à Fresnes, puis à Clairvaux, il est ensuite transféré au camp de Châteaubriant (Loire-Atlantique), où étaient détenus d'autres militants communistes.

Le 20 octobre 1941, Karl Hotz, commandant des troupes d'occupation de la Loire-inférieure, est exécuté à Nantes par trois jeunes communistes. Le ministre de l'Intérieur du gouvernement Pétain, Pierre Pucheu, sélectionne des otages communistes « pour éviter de laisser fusiller 50 bons Français » : 18 emprisonnés à Nantes, 27 à Châteaubriant et 5 Nantais emprisonnés à Paris...

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 Guy Môquet, résistant pacifique de la première heure, âgé de 17 ans, écrit donc sa dernière lettre à sa famille en sachant qu'il va être fusillé par la police française collaborationniste pour un crime qu'il n'a pas commis. Une décision prise par la police pétainiste pour donner le change à la soldatesque allemande qui vient de perdre un de ses commandants et pour épargner "50 bons Français" selon les critères du ministère de l'identité nationale de l'époque. Le jeune frère de Guy Môquet, Serge, âgé de 12 ans en 1941, fut traumatisé par la mort de son aîné et ne lui survécut que quelques jours. Dans cette lettre, il y est constamment question de mort puisque Guy Moquet va être fusillé et l'on ne sait quel impact en temps de paix, 67 ans après les faits, une pareille lettre pourra avoir sur nos chères têtes blondes.

 "Ma petite maman chérie,
 
mon tout petit frère adoré,
 
mon petit papa aimé,
 
Je vais mourir ! Ce que je vous demande, toi, en particulier ma petite maman, c'est d'être courageuse. Je le suis et je veux l'être autant que ceux qui sont passés avant moi. Certes, j'aurais voulu vivre. Mais ce que je souhaite de tout mon cour, c'est que ma mort serve à quelque chose. Je n'ai pas eu le temps d'embrasser Jean. J'ai embrassé mes deux frères Roger et Rino. Quant au véritable je ne peux le faire hélas ! J'espère que toutes mes affaires te seront renvoyées elles pourront servir à Serge, qui je l'escompte sera fier de les porter un jour. A toi petit papa, si je t'ai fait ainsi qu'à ma petite maman, bien des peines, je te salue une dernière fois. Sache que j'ai fait de mon mieux pour suivre la voie que tu m'as tracée.
 
Un dernier adieu à tous mes amis, à mon frère que j'aime beaucoup. Qu'il étudie bien pour être plus tard un homme.
 
17 ans 1/2, ma vie a été courte, je n'ai aucun regret, si ce n'est de vous quitter tous. Je vais mourir avec Tintin, Michels. Maman, ce que je te demande, ce que je veux que tu me promettes, c'est d'être courageuse et de surmonter ta peine.
 
Je ne peux en mettre davantage. Je vous quitte tous, toutes, toi maman, Serge, papa, en vous embrassant de tout mon cour d'enfant. Courage !
 
Votre Guy qui vous aime.
 
Guy

Dernières pensées : Vous tous qui restez, soyez dignes de nous, les 27 qui allons mourir !"

Lire la lettre dans le Figaro

S'agit-il d'embrigader nos chères têtes blondes, de moins en moins concernées il est vrai par ce sujet, en leur imposant la lecture chaque année d'une nouvelle forme de Pater noster made in sarkozia ? N'y a-t-il pas d'autres moyens de sensibiliser les nouvelles générations au mouvement héroïque mené par les résistants français et notamment les communistes face à l'occupation coloniale nazie et leurs forces supplétives françaises ? Sarkozy Ier semble renouer avec les méthodes de la loi du 23 février 2005  valorisant les bienfaits de la coloniale, cette fois-ci c'est pour la bonne cause serait-on tenter de dire. Mais la manière autoritaire et unilatérale dont il s'y prend relève d'une méthode coercitive à l'égard du corps enseignant. C'est un peu au bon vouloir du président. Est-ce prémonitoire des méthodes que va déployer Sarko Ier durant son quinquennat ? A la prochaine étape va-t-il imposer de chanter la Marseillaise avant chaque cours à nos jeunes bambins ou bien peut-être optera t-il, connaissant son récent esprit d'ouverture, pour ce chant révolutionnaire et de résistance, repris par les mouvements ouvriers au travers du monde, qu'est l'Internationale ! Il y en a plus d'un qui se sont fait arrêter en France par la gestapo ou la milice sous l'occupation coloniale allemande pour avoir chanté en public l'Internationale. Que l'on se rappelle la scène du remarquable film "M. Klein" de Joseph Losey où une amie de M. Klein se met à décrypter au piano dans un appartement où la police Vichyste perquisitionne, une partition qui s'avère être, au fil des notes égrennées, l'Internationale. Guy Môquet avait su défendre les valeurs de la République en résistant à l'occupation et à la prédation coloniale germanique que sous d'autres cieux africains nôtre nouveau président considère comme "une politique de civilisation".

Faisons aussi acte de devoir de mémoire et rendons hommage à la mémoire de Guy Môquet en retranscrivant l'Internationale dont il avait incarné par ses actes et sa bravoure les paroles au prix de sa vie : "c'est la lutte finale, groupons nous et demain l'Internationale sera le genre humain...". Une chanson tellement d'actualité !    

L'Internationale

Debout ! les damnés de la terre
Debout ! les forçats de la faim
La raison tonne en son cratère :
C'est l'éruption de la fin
Du passé faisons table rase
Foule esclave, debout ! debout !
Le monde va changer de base :
Nous ne sommes rien, soyons tout !

C'est la lutte finale
Groupons nous et demain
L'Internationale
Sera le genre humain.

Il n'est pas de sauveurs suprêmes :
Ni dieu, ni césar, ni tribun,
Producteurs, sauvons-nous nous-mêmes !
Décrétons le salut commun !
Pour que le voleur rende gorge,
Pour tirer l'esprit du cachot
Soufflons nous-mêmes notre forge,
Battons le fer quand il est chaud !

C'est la lutte finale
Groupons nous et demain
L'Internationale
Sera le genre humain.


L'Etat opprime et la loi triche ;
L'Impôt saigne le malheureux ;
Nul devoir ne s'impose au riche ;
Le droit du pauvre est un mot creux.
C'est assez languir en tutelle,
L'égalité veut d'autres lois ;
« Pas de droits sans devoirs, dit-elle,
« Egaux, pas de devoirs sans droits ! »

C'est la lutte finale
Groupons nous et demain
L'Internationale
Sera le genre humain.


Hideux dans leur apothéose,
Les rois de la mine et du rail
Ont-ils jamais fait autre chose
Que dévaliser le travail ?
Dans les coffres-forts de la bande
Ce qu'il a créé s'est fondu.
En décrétant qu'on le lui rende
Le peuple ne veut que son dû.

C'est la lutte finale
Groupons nous et demain
L'Internationale
Sera le genre humain.

Les Rois nous saoulaient de fumées.
Paix entre nous, guerre aux tyrans !
Appliquons la grève aux armées,
Crosse en l'air et rompons les rangs !
S'ils s'obstinent, ces cannibales,
A faire de nous des héros,
Ils sauront bientôt que nos balles
Sont pour nos propres généraux.

C'est la lutte finale
Groupons nous et demain
L'Internationale
Sera le genre humain.

Ouvriers, Paysans, nous sommes
Le grand parti des travailleurs ;
La terre n'appartient qu'aux hommes,
L'oisif ira loger ailleurs.
Combien de nos chairs se repaissent !
Mais si les corbeaux, les vautours,
Un de ces matins disparaissent,
Le soleil brillera toujours !

C'est la lutte finale
Groupons nous et demain
L'Internationale
Sera le genre humain.