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 PRESSAFRIQUE 18.05.07
Le silence scandaleux de la communauté internationale face aux crimes de guerre commis lors de la bataille de Mogadiscio par les troupes éthiopiennes soutenues par les USA

Le chaos règne à Mogadiscio après le « nettoyage » colonial organisé par les troupes éthiopiennes avec le soutien de l'Américafrique. De nombreux quartiers de Mogadiscio sont devenus de véritables champs de ruine. Des bulldozers rasent les quartiers populaires, foyers de l'insurrection islamo-nationaliste tandis que bombes et attentats se multiplient au coeur de la capitale au passage des troupes éthiopiennes et de l'Union africaine.

Durant le « nettoyage » colonial de Mogadiscio qui a eu lieu du 29.03.07 au 27.04.07 par les troupes éthiopiennes sous guidage américafricain, il y a eu de nombreux crimes de guerre. La communauté internationale est restée imperturbablement stoïque et silencieuse alors que des milliers de civils ont été tués ,selon l'agence onusienne un tiers des victimes sont des enfants, plus de 326.000 personnes (selon l'ONU) ont fui la capitale et vivent dans des conditions sanitaires et humanitaires désastreuses (certaines crèvent de faim), des hôpitaux ont été pris pour cible par des bombes éthiopiennes et les civils ont servi de bouclier humain lors de l'avancée des troupes éthiopiennes dans les quartiers en insurrection de Mogadiscio.

Certes, il y eut des membres de l'UE  très minoritaires qui se sont alertés de la complicité de l'Union européenne qui soutient financièrement le gouvernement de transition fantoche et les troupes éthiopiennes mais ces protestations légitimes ont été très vite étouffées pour que la deuxième phase de la bataille reprenne afin de liquider les rebelles en insurrection. Ces résistants avaient réussi à pacifier le pays avec un minimum de violence il y a un an. C'était sans compter sur l'acharnement criminel américafricain pour reprendre ce bastion géostratégique de la corne de l'Afrique. Après avoir armé en vain les chefs de guerre qui rançonnaient et pillaient la population, les USA ont soutenu politiquement, militairement et diplomatiquement l'invasion éthiopienne en décembre 2006 pour ramener au pouvoir un gouvernement fantoche de transition qui détient sa légitimité de l'ONU, de l'Union européenne et de l'Américafrique. Une forme de néocolonialisme déguisé. La propagande bushienne antiterroriste a joué à fond et les rebelles islamo-nationalistes qui avaient ramené l'ordre ont été qualifiés de suppôts d'Al-quaïda sans guère de fondements résistants à l'épreuve des faits. La propagande orwellienne a fonctionné à plein rendement pour aveugler l'opinion publique occidentale et justifier les crimes de guerre américafricain pour la reconquête de la Somalie. Certes, il y eut l'ONG Oxfam pour dénoncer les bombardements de civils dans le sud de la Somalie par les avions US et éthiopiens mais il n'y eut pas plus de retentissements. La plupart des ONG sont restées silencieuses durant le terrible « nettoyage » de Mogadiscio. Ni Amnesty international, ni Oxfam, ni Global Witness et encore moins Human Rights Watch n'ont jugé nécessaire d'interpeller l'opinion publique et les dirigeants occidentaux pour les alerter des graves crimes de guerre commis par l'Ethiopie et ses forces supplétives somaliennes en Somalie.

 

Dans cette croisade américafricaine soutenue par l'Union européenne, l'axe du mal islamiste ayant été défini par les impérialistes, la plupart des ONGs n'ont dénoncé que les conditions humanitaires désastreuses dans lesquelles vivent les populations civiles qui ont fui. L'ONU n'a pas moufeté il n'a été nullement question contrairement au Darfour de condamner les criminels devant la justice internationale. A croire que la propagande coloniale a un impact sur des ONG devenues subitement dociles. La question reste posée peut-on légitimer des crimes contre l'humanité au nom de causes politique et idéologique (la prétendue lutte contre le terrorisme en Somalie) ? La réponse est non sans ambiguïté et le remède destructeur américafricain a été plus dévastateur que le prétendu mal, comme cela était prévisible. La lâcheté internationale a été encore une fois de rigueur. L'ONU quant à elle semble silencieuse et même avaliser par son silence les crimes qui se commettent dans le sud de la Somalie où certains parlent d'un véritable génocide, de massacres de masse de prétendus islamistes réfugiés dans le sud mais qui ne peuvent franchir la frontière sérieusement verrouillée par les autorités kenyannes pro-américaines. De telle sorte que de nombreux civils se retrouvent piégés à la frontière, en proie à la famine et aux exactions des troupes supplétives somalo-éthiopiennes. Certains de ceux qui parviennent à franchir la frontière sont envoyés dans des camps de détention américafricain au Kenya, en Ethiopie voir renvoyés en Somalie.

Alors que les crimes de guerre et contre l'humanité commis au Darfour sont enfin médiatisés par les stars US sous influences, que des BHL appellent à la violence et à la guerre et à l'armement des rebelles dans le Darfour, tandis que certaines ONG appellent à l'envoi d'une force d'interposition sous mandat onusien au Darfour, les mêmes se taisent pitoyablement sur les crimes contre l'humanité commis en Somalie comme si lorsque l'on parlait de la chasse gardée américafricaine on pouvait tuer, massacrer les civils en toute impunité. Ironie du sort un BHL qui reprochait à Frantz Fanon de légitimer la violence dans la libération du continent africain et notamment de l'Algérie face à l'oppression impérialiste en vient lui à justifier la livraison d'armes aux rebelles et le renforcement de la guérilla au Darfour pour mettre fin à la crise. Une politique déjà menée par l'américafrique qui, ayant les droits de l'homme près du portefeuille, s'intéresse au plus près au riche sous-sol du Darfour où se déroulent effectivement des crimes contre l'humanité comme en Somalie. Il faut bien reconnaître que la bataille de Mogadiscio et les crimes contre l'humanité qui y ont été perpétués révèlent l'imposture occidentale en matière des droits de l'homme. Il semble bien que lorsque les intérêts occidentaux sont en jeu (géopolitique, géostratégique et miniers), il est possible de massacrer, de piller, de détruire en toute impunité le plus souvent par forces supplétives interposées. On en connaît les retentissements  pervers dans le discours médiatique et culturel au travers de légitimation racialiste formatant l'opinion publique à une image dégradante de l'altérité exotique. Il faudra bien apurer les comptes de la politique africaine des grandes puissances pour en finir avec les poncifs racistes ayant cours sur l'Afrique prétendument incapable de se gouverner doctement. En ce qui concerne l'américafrique, elle porte une lourde responsabilité dans le chaos généré en certains coins de l'Afrique. La politique de Roosevelt/Kennedy et de ses alliés transatlantiques belgo-français au Congo-Kinshasa au moment de l'indépendance a généré une monstrueuse hécatombe, de Ford/Kissinger dans les années soixante-dix en Angola a été à l'origine de la guerre civile qui a fait un million de morts, la politique de Clinton conjuguée à celle de François Mitterrand et de leurs successeurs, par leur prétendu antagonisme  séculaire, portent une lourde responsabilité dans la guerre civile en RDC qui a fait 4 millions de morts en 5 ans après l'invasion en 1998 par les forces supplétives américafricaines rwandaises et ougandaises. Enfin, par la politique des faucons de Bush, la Somalie est devenue le nouvel Irak américafricain comme nous l'avions annoncé en juin 2006 à partir des déclarations de chercheurs du CNRS et des articles parus dans médias français et africains. Ainsi on a vu l'administration bush favoriser les ventes d'armes à l'Ethiopie de la part de son prétendu ennemi désigné la Corée du Nord soit disant sur la liste des Etats terroristes et faisant parti de l'axe du mal. Cela n'a pas empêché l'alliance de l'Américafrique avec cet Etat totalitaire pour favoriser la livraison d'armes à leurs alliés éthiopiens. Les droits de l'homme ne veulent rien dire pour ces gens là lorsqu'il est question de leurs intérêts financiers et géopolitiques et qu'il s'agit de l'Afrique. Jamais ils n'ont retenu les bras vengeurs de ceux qu'ils armaient et qui criaient « tuez les tous » en Angola (Nouvel Observateur 18.07.04), en RDC ou bien en Somalie . Contrairement à ce qui s'est passé pour l'Amérique latine, jamais il n'y a une quelconque commission d'enquête aux USA concernant les politiques criminelles de l'Américafrique. Des droits de l'homme à géométrie variable à l'aune de la « race » ou plus exactement des intérêts économiques et géopolitiques comme à l'époque coloniale.

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19.06.06
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Dossier Somalie