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d'accueil PRESSAFRIQUE 18.05.07 Le chaos règne à Mogadiscio
après le
« nettoyage » colonial organisé par les troupes éthiopiennes
avec le soutien de l'Américafrique. De nombreux quartiers de Mogadiscio
sont devenus de véritables champs de ruine. Des bulldozers rasent les
quartiers populaires, foyers de l'insurrection islamo-nationaliste tandis
que bombes et attentats se multiplient au coeur de la capitale au
passage des troupes éthiopiennes et de l'Union africaine. Dans
cette croisade américafricaine soutenue par l'Union
européenne, l'axe du mal islamiste ayant été défini par
les impérialistes, la plupart des ONGs n'ont dénoncé que les conditions humanitaires
désastreuses dans lesquelles vivent les populations civiles qui
ont fui. L'ONU n'a pas moufeté il n'a été nullement question contrairement au
Darfour de condamner les criminels devant la justice internationale. A
croire que la propagande coloniale a un impact sur des ONG devenues
subitement dociles. La question reste posée peut-on légitimer des crimes
contre l'humanité au nom de causes politique et idéologique (la prétendue
lutte contre le terrorisme en Somalie) ? La réponse est non sans ambiguïté
et le remède destructeur américafricain a été plus dévastateur que le
prétendu mal, comme cela était prévisible. La lâcheté
internationale a été encore une fois de rigueur. L'ONU quant à elle semble
silencieuse et même avaliser par son silence les crimes qui se commettent
dans le sud de la Somalie où certains parlent d'un véritable génocide, de
massacres de masse de prétendus islamistes réfugiés dans le sud mais qui
ne peuvent franchir la frontière sérieusement verrouillée par les
autorités kenyannes pro-américaines. De telle sorte que de nombreux civils
se retrouvent piégés à la frontière, en proie à la famine et aux exactions
des troupes supplétives somalo-éthiopiennes. Certains de ceux qui
parviennent à franchir la frontière sont envoyés dans des camps de
détention américafricain
au Kenya, en Ethiopie voir renvoyés en Somalie.
Le
silence scandaleux de la communauté internationale face aux crimes de
guerre commis lors de la bataille de Mogadiscio par les troupes
éthiopiennes soutenues par les USA
Durant
le « nettoyage » colonial de Mogadiscio qui a eu lieu du 29.03.07 au 27.04.07 par les troupes éthiopiennes
sous guidage américafricain, il y a eu de nombreux crimes de guerre. La
communauté internationale est restée imperturbablement stoïque et
silencieuse alors que des milliers de civils ont été tués
,selon l'agence onusienne un tiers
des victimes sont des enfants, plus de 326.000 personnes (selon l'ONU)
ont fui la capitale et vivent dans des conditions sanitaires et humanitaires
désastreuses (certaines crèvent de faim), des hôpitaux ont été pris
pour cible par des bombes éthiopiennes et les civils ont servi de
bouclier humain lors de l'avancée des troupes éthiopiennes dans les
quartiers en insurrection de Mogadiscio.
Certes, il y eut des membres de
l'UE
très minoritaires qui se sont alertés de la complicité de
l'Union européenne qui soutient financièrement le gouvernement de
transition fantoche et les troupes éthiopiennes mais ces protestations
légitimes ont été très vite étouffées pour que la deuxième phase de la
bataille reprenne afin de liquider les rebelles en insurrection. Ces
résistants avaient réussi à pacifier le pays avec un minimum de
violence il y a un an. C'était sans compter sur l'acharnement criminel
américafricain pour reprendre ce bastion géostratégique de la corne de
l'Afrique. Après avoir armé en vain les chefs de guerre qui
rançonnaient et pillaient la population, les USA ont
soutenu politiquement, militairement et diplomatiquement l'invasion
éthiopienne en décembre 2006 pour ramener au pouvoir un gouvernement
fantoche de transition qui détient sa légitimité de l'ONU, de l'Union
européenne et de l'Américafrique. Une forme de néocolonialisme déguisé. La
propagande bushienne antiterroriste a joué à fond et les rebelles
islamo-nationalistes qui avaient ramené l'ordre ont été qualifiés de
suppôts d'Al-quaïda sans guère de fondements résistants à
l'épreuve des faits. La propagande orwellienne a fonctionné à plein
rendement pour aveugler l'opinion publique occidentale et justifier les
crimes de guerre américafricain pour la reconquête de la Somalie. Certes,
il y eut l'ONG Oxfam pour dénoncer les bombardements de civils dans le
sud de la Somalie par les avions US et éthiopiens mais il n'y eut pas
plus de retentissements. La plupart des ONG sont restées silencieuses
durant le terrible « nettoyage » de Mogadiscio. Ni Amnesty
international, ni Oxfam, ni Global Witness et encore moins Human Rights
Watch n'ont jugé nécessaire d'interpeller l'opinion publique et les
dirigeants occidentaux pour les alerter des graves crimes de guerre commis
par l'Ethiopie et ses forces supplétives somaliennes en Somalie.
Alors que les crimes de guerre et contre
l'humanité commis au Darfour sont enfin médiatisés par les stars US
sous influences, que des BHL appellent à la violence et à la guerre et à l'armement
des rebelles dans le Darfour, tandis que certaines ONG appellent à l'envoi d'une force d'interposition
sous mandat onusien au Darfour, les mêmes se taisent pitoyablement sur
les crimes contre l'humanité commis en Somalie comme si lorsque l'on
parlait de la chasse gardée américafricaine on pouvait tuer, massacrer les
civils en toute impunité. Ironie du sort un BHL qui reprochait à Frantz
Fanon de légitimer la violence dans la libération du continent africain et
notamment de l'Algérie face à l'oppression impérialiste en vient lui à
justifier la
livraison d'armes aux rebelles et le
renforcement de la guérilla au Darfour pour
mettre fin à la crise. Une politique déjà menée par l'américafrique
qui, ayant les droits de l'homme près du portefeuille, s'intéresse au
plus près au riche sous-sol du Darfour où se déroulent
effectivement des crimes contre l'humanité comme en Somalie. Il faut bien
reconnaître que la bataille de Mogadiscio et les crimes contre l'humanité
qui y ont été perpétués révèlent l'imposture occidentale en matière des
droits de l'homme. Il semble bien que lorsque les intérêts occidentaux
sont en jeu (géopolitique, géostratégique et miniers), il est possible de
massacrer, de piller, de détruire en toute impunité le plus souvent par
forces supplétives interposées. On en connaît les retentissements pervers
dans le discours médiatique et culturel au travers de
légitimation racialiste formatant l'opinion publique à une image dégradante de
l'altérité exotique. Il faudra bien apurer les comptes de la
politique africaine des grandes puissances pour en finir avec les poncifs racistes
ayant cours sur l'Afrique prétendument incapable de se gouverner doctement. En
ce qui concerne l'américafrique, elle porte une lourde responsabilité dans
le chaos généré en certains coins de l'Afrique. La politique de
Roosevelt/Kennedy et de ses alliés transatlantiques belgo-français au
Congo-Kinshasa au moment de
l'indépendance a généré une monstrueuse hécatombe, de Ford/Kissinger dans
les années soixante-dix en Angola a été à l'origine de la guerre civile
qui a fait un million de morts, la politique de Clinton conjuguée à celle de
François Mitterrand et de leurs successeurs, par leur prétendu
antagonisme séculaire,
portent une lourde responsabilité dans la guerre civile
en RDC qui a fait 4 millions de morts en 5 ans après l'invasion en
1998 par les
forces supplétives américafricaines rwandaises et ougandaises. Enfin,
par la politique des faucons de Bush, la Somalie
est devenue le nouvel Irak américafricain comme nous
l'avions annoncé en juin 2006 à partir des déclarations de chercheurs du
CNRS et des articles parus dans médias français et africains.
Ainsi on a vu l'administration bush favoriser les ventes d'armes
à l'Ethiopie de la part de son prétendu ennemi désigné la Corée du
Nord soit disant sur la liste des Etats terroristes et
faisant parti de l'axe du mal. Cela n'a pas empêché l'alliance de
l'Américafrique avec cet Etat totalitaire pour favoriser
la livraison d'armes à leurs alliés éthiopiens. Les droits de l'homme
ne veulent rien dire pour ces gens là lorsqu'il est question de leurs
intérêts financiers et géopolitiques et qu'il s'agit de l'Afrique. Jamais
ils n'ont retenu les bras vengeurs de ceux qu'ils armaient et qui criaient
« tuez les tous » en Angola (Nouvel Observateur
18.07.04), en RDC ou bien en Somalie
. Contrairement à ce qui s'est passé pour l'Amérique latine, jamais il n'y
a une quelconque commission d'enquête aux USA concernant les
politiques criminelles de l'Américafrique. Des droits de l'homme à géométrie
variable à l'aune de la « race » ou plus exactement des
intérêts économiques et géopolitiques comme à l'époque coloniale.
Lire chez Pressafrique :
19.06.06
L'Américafrique va-t-elle plonger la Somalie dans une
nouvelle guerre civile ?
Dossier
Somalie