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« Omar
Bongo est pour moi un ami de longue date et qui a témoigné de sa fidélité
à nos idéaux communs et à notre engagement commun pour une certaine idée
franco-africaine. »
Jacques
Chirac, allocution à Libreville le 22 juillet 1995.
"Je le connais depuis vingt cinq ans (au sujet de Roland
Dumas). c'est mon ami intime. Même davantage : nos relations dépassent le
simple cadre de l'amitié. Il est tout pour moi comme je suis tout pour
lui." Omar Bongo dans Confidences d'un
Africain
« Les
flots d'argent qui se déversaient dans les sables d'une Afrique
nominalement indépendante, loin d'assécher l'ancienne métropole,
l'irriguaient, voire arrosaient du ''beau monde''. Une bonne partie des
quartiers chics de Paris vivaient alors sur le miracle des liquidités
repartant parfois souterrainement, aux sources. Pour les happy fews, le
taux de retour de l'aide au développement ''tartinée'' sur la rente, déjà
bien onctueuse, du pétrole et des produits tropicaux, était mirifique. A
la limite de l'écoeurement.» (Antoine Glaser et Stephen Smith,
L'Afrique sans Africains, Ed. Stock,
1994).
" J'ai écouté
les conseils du président Bongo qui a une grande expérience diplomatique.
Je lui ai expliqué comment se passait la campagne. J'ai recueilli
ses sentiments d'amitié qui sont pour moi très importants. Je l'ai
assuré également de mon intérêt pour l'Afrique, de mon amitié pour l'Afrique
et de ma fidèlité pour l'Afrique. Merci à tous." Nicolas
Sarkozy en visite dans l'hôtel particulier d'Omar Bongo à Paris (mars 2007
Visite de Nicolas Sarkozy à Omar Bongo
dans son hôtel particulier à
Paris).
C'est le plus long
scandale de la République. Des dictateurs
françafricains ont été mis en place par les autorités françaises
dans les anciennes colonies pour mieux continuer le système de prédation
coloniale. Ces néogouverneurs, pour bon nombre d'anciens tirailleurs
sénégalais, ont été transmués en présidents françafricains
qualifiés par François-Xavier Verschave de "gouverneurs à peau
noir". Bokassa en Centrafrique, Eyadéma au Togo, Bongo
au Gabon, Déby au Tchad, Sassou Nguesso au Congon, Ahidjo puis Biya au
Cameroun, Charles Taylor au Libéria... la liste est longue.
Ils pillents les richesses de leur pays pour le compte de leur clan et des
réseaux de la françafrique perfusant il fut un temps (révolu?)
jusqu'au coeur des partis politiques français.
« Les
subsides de Bongo servent à tout le monde lors des élections françaises et
créent un sorte de colonialisme à l'envers ». Pierre Marion,
ancien directeur de la DGSE cité par François-Xavier Verschave (Noir
silence, p.201).
«Bongo
est le plus vieil homme politique francophone. Il connaît tout le monde,
connaît tout les secrets et a financé tous les partis». Antoine
Glaser, Audition. Pétrole et éthique, rapport cité, t.I,
p159.
Pendant ce temps là, de nombreux médias français répandent
une propagande négrophobe bien souvent relayée par le service audiovisuel
public français selon laquelle les Africains ne seraient pas aptes à la
démocratie ou à la modernité politique. Cette conception des droits
de l'homme sélective partagée par bon nombre de nos hommes politiques est
contraire au principe de modernité reposant en partie sur la déclaration
universelle des droits de l'homme émise lors de la Révolution française,
point d'accomplissement du siècle des lumières. On assiste ainsi au sein
du magistère économique et politique pour justifier la perpétuation de la
prédation de l'Afrique francophone par la Françafrique à une légitimation
racialiste : une lecture sélective des droits de l'homme. Comment sinon
comprendre que des Sarkozy, Bayrou, Kouchner, Rocard, Mitterrand,
Chirac fustigent les dictatures des pays de l'est
et fassent des affaires ou fréquentent sans problème de
conscience les dictateurs africains tels que Sassou
Nguesso, Idriss Déby, Eyadéma, Omar
Bongo...dont bon nombre ont du sang sur la conscience ? Ils
ne peuvent que légitimer leurs représentations sélectives des droits de
l'homme que par un discours racialiste à l'atavisme colonial envers les
Africains. Cela n'est pas une conception moderne et universaliste des
droits de l'homme mais une régression à une idéologie réactionnaire
archaïque en passe de justifier les profits et bien mal acquis sur le dos
des peuples africains que l'on musèle en soutenant des dictatures
criminelles. Le silence de la presse française est éloquent et en soi
racistogène de par ce qu'il sous-entend. Ainsi une émission telle
qu'Arrêt sur
images, remarquable par ailleurs, est toujours la première à
fustiger la réception à l'Elysée par le président français de dictateurs de l'est
lorsqu'ils viennent en France, ne s'est jamais offusquée qu'Omar Bongo, Sassou Nguesso, Idriss Déby,
Eyadéma dont les crimes pour bon nombre dépassent largement ceux des
dictatures de l'est soient reçus régulièrement au Chateau, en dit long
sur leur conception relativiste des droits de l'homme. De même lorsque
France Télévisions
décerne son prix au Négrophobe de service qui n'hésite
pas à écrire dans "Négrologie : Pourquoi l'Afrique meurt" :
"...Le clash des civilisations, celle des Africains étant
d'un niveau matériel nettement inférieur,..." (p.32-33)
"
Si six millions d'Israëliens
pouvaient, par un échange standard démographique, prendre la place des
Tchadiens à peine plus nombreux, le Tibesti fleurirait et uneMésopopotamie
africaine naîtrait sur les terres fertiles entrer Logone et le Chari.
Qu'est ce à dire ? Que « les » Africains sont des incapables pauvres
d'esprit, des êtres inférieurs ? Sûrement pas. Seulement leur civilisation
matérielle, leur organisation sociale et leur culture politique
constituent des freins au développement[...]" (p.49)
"Enfin,
sur un continent qui n'a inventé ni la roue, ni la charrue, qui ignorait
la traction animale et tarde toujours à pratiquer la culture irriguée,
même dans les bassins fluviaux, les coopérants doivent-ils se mordre les
lèvres quand, en discutant avec leurs "homologues" africains, ils ont eu
le malheur d'évoquer le "retard" de l'Afrique?"
(p.25)
L'année suivante le même
prix a été refusé à Serge Bilé pour son livre "Noirs dans les
camps nazis" suite à des manoeuvres scandaleuses de la part des organisateurs du prix
visant à discréditer auprès du jury le contenu du livre de Serge
Bilé pour de prétendues inexactitudes. Ces
procédés en disent long sur la valorisation d'un discours à la limite du
racisme par un certain magistère intellectuel rabaissant ainsi
les peuples africains et formatant l'opinion publique à une certaine
conception racialiste de l'altérité. Moralité sur le service public, un
livre donnant une image dégradante à la limite du racisme des Africains
est primé tandis qu'un livre voulant évoquer les souffrances que ceux-ci
ont enduré au regard de l'histoire est éliminé sous pression des
organisateurs. Il n'est donc pas étonnant de voir que des propos
racistes diffusés par des animateurs de FT - sur l'antenne (le
cas Fogiel condamné par la justice) ou hors antenne (le cas Sevran ) - n'entraînent aucune sanction de la
part de la direction de cette même chaîne. Ni de voir des reportages
apologétiques encensant le
musée de la spoliation coloniale
voulu par Nôtre bon président. Le discours racialiste et
son relativisme culturel quant à la conception des
droits de l'homme est consubstentiellement lié à la logique françafricaine
et à ses méthodes néocoloniales.
Dans la
plupart des médias, on ne retrouve pas grand chose sur la façon dont
Omar Bongo fut porté à la tête du Gabon par la
politique foccarto-gaulliste
et soutenu à bout de
bras par la France, ni sur la manière dont ce dictateur en place
depuis 40 ans assure le détournement des richesses du pays pour son clan
et pour les réseaux françafricains qui savent le remercier. Là-bas on
pille, on détourne le fric et ici c'est la sacro-sainte loi de l'omerta pour
occulter un système mis en place par la Vème République gaullienne.
Tout au plus quand le président à vie du Gabon est interviewé sur
France 2, lors du dernier sommet France-Afrique de Cannes
- on assiste à la plus grande déférence journalistique.
« On ne compte (au Gabon) que 19 médecins
pour 100.000 habitants, l'espérance de vie n'est que de 52 ans, seulement
38% des enfants sont vaccinés contre la rougeolle-contre une moyenne de
79% dans les pays en développement. Un enfant sur sept meurt avant l'âge
de 5 ans...le rang du Gabon à l'indicateur du développement humain (IDH)
le fait reculer de 71 places par rapport à un classement seulement basé
sur la production par habitant » (PNUD, 1999).
La famille
qui gouverne le Gabon a été maintes fois accusée de piller les coffres de
l'Etat. En 1999, le Sénat américain a enquêté sur un transfert de
180 millions de dollars de revenus pétroliers que le président avait
effectué sur trois comptes personnels ouverts à la Citibank. Il a été
impliqué dans d'autres scandales et, lors d'élections récentes, on l'a
accusé d'avoir utilisé la manne pétrolière pour contre carrer l'opposition
(Courrier international 10.05.07 L'héritière Bongo). Comme dernier exemple on retrouve
les largesses accordées par Bongo aux siens. Aux dernières
nouvelles, le fils Ali Ben Bongo Odimba aurait envoyé sa compagne
acheter une maison de 25 millions de dollars à Hollywood tandis que
le peuple crève sans que cela ne dérange nullement bon nombre de nos
dirigeants français, fussent-ils même prétendument socialistes, plus
intéressés par les sirènes des intérêts françafricains (politique et
économique) que par la défense de l'universalité des droits de
l'homme gravée au frontispice de notre République.
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DAILY MOTION 14.05.07 Inge
Bongo et sa villa Dans une émission de
la TV américaine, Inge Bongo, femme de notre ministre de la Défense,
Ali Ben Bongo, fils du président Bongo (président du Gabon de puis
1967) fait ses courses en Californie et achète sa maison de 25 000
000 de dollars, alors que pendant la meme période, l'Etat Gabonais
s'endette auprès de l'Agence Française de Développememnt pour 25 000
000 de dollars pour un programe d'adduction d'eau qui va aider 120
000 personnes.
visualiser la
vidéo | Lire
aussi : L'Humanité 30.11.05 Omar Bongo, tricheur et président à
vie ? ______________________________________________________ Chez Pressafrique : 14.05.07 Le
nouveau président de la France soutient-il les oppresseurs de l'Afrique
?
14.05.07 Les
remerciements de Sarkozy à Bongo : «Merci pour certains de tes
conseils»
29.03.07 Bayrou chez le
roi de la Françafrique
29.06.06 Sarko renoue
avec la Françafrique
30.11.06 Nôtre bon président et son ami personnel du
Gabon |