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 PRESSAFRIQUE 15.05.07
Une résidence secondaire à 25 millions de dollars aux USA pour la famille Bongo ?

« Omar Bongo est pour moi un ami de longue date et qui a témoigné de sa fidélité à nos idéaux communs et à notre engagement commun pour une certaine idée franco-africaine. » Jacques Chirac, allocution à Libreville le 22 juillet 1995.

"Je le connais depuis vingt cinq ans (au sujet de Roland Dumas). c'est mon ami intime. Même davantage : nos relations dépassent le simple cadre de l'amitié. Il est tout pour moi comme je suis tout pour lui." Omar Bongo dans Confidences d'un Africain 

« Les flots d'argent qui se déversaient dans les sables d'une Afrique nominalement indépendante, loin d'assécher l'ancienne métropole, l'irriguaient, voire arrosaient du ''beau monde''. Une bonne partie des quartiers chics de Paris vivaient alors sur le miracle des liquidités repartant parfois souterrainement, aux sources. Pour les happy fews, le taux de retour de l'aide au développement ''tartinée'' sur la rente, déjà bien onctueuse, du pétrole et des produits tropicaux, était mirifique. A la limite de l'écoeurement.» (Antoine Glaser et Stephen Smith, L'Afrique sans Africains, Ed. Stock, 1994).

" J'ai écouté les conseils du président Bongo qui a une grande expérience diplomatique. Je lui ai expliqué comment se passait la campagne. J'ai recueilli ses sentiments d'amitié qui sont pour moi très importants. Je l'ai assuré également de mon intérêt pour l'Afrique, de mon amitié pour l'Afrique et de ma fidèlité pour l'Afrique. Merci à tous." Nicolas Sarkozy en visite dans l'hôtel particulier d'Omar Bongo à Paris (mars 2007 Visite de Nicolas Sarkozy à Omar Bongo dans son hôtel particulier à Paris). 


 C'est le plus long scandale de la République. Des dictateurs françafricains ont été mis en place par les autorités françaises dans les anciennes colonies pour mieux continuer le système de prédation coloniale. Ces néogouverneurs, pour bon nombre d'anciens tirailleurs sénégalais, ont été transmués en présidents françafricains qualifiés par François-Xavier Verschave de "gouverneurs à peau noir". Bokassa en Centrafrique, Eyadéma au Togo, Bongo au Gabon, Déby au Tchad, Sassou Nguesso au Congon, Ahidjo puis Biya au Cameroun, Charles Taylor au Libéria... la liste est longue. Ils pillents les richesses de leur pays pour le compte de leur clan et des réseaux de la françafrique perfusant il fut un temps (révolu?) jusqu'au coeur des partis politiques français.

« Les subsides de Bongo servent à tout le monde lors des élections françaises et créent un sorte de colonialisme à l'envers ». Pierre Marion, ancien directeur de la DGSE cité par François-Xavier Verschave (Noir silence, p.201).

«Bongo est le plus vieil homme politique francophone. Il connaît tout le monde, connaît tout les secrets et a financé tous les partis». Antoine Glaser, Audition. Pétrole et éthique, rapport cité, t.I, p159. 

Pendant ce temps là, de nombreux médias français répandent une propagande négrophobe bien souvent relayée par le service audiovisuel public français selon laquelle les Africains ne seraient pas aptes à la démocratie ou à la modernité politique. Cette conception des droits de l'homme sélective partagée par bon nombre de nos hommes politiques est contraire au principe de modernité reposant en partie sur la déclaration universelle des droits de l'homme émise lors de la Révolution française, point d'accomplissement du siècle des lumières. On assiste ainsi au sein du magistère économique et politique pour justifier la perpétuation de la prédation de l'Afrique francophone par la Françafrique à une légitimation racialiste : une lecture sélective des droits de l'homme. Comment sinon comprendre que des Sarkozy, Bayrou, Kouchner, Rocard, Mitterrand, Chirac fustigent les dictatures des pays de l'est et fassent des affaires ou fréquentent sans problème de conscience les dictateurs africains tels que Sassou Nguesso, Idriss Déby, Eyadéma, Omar Bongo...dont bon nombre ont du sang sur la conscience ?  Ils ne peuvent que légitimer leurs représentations sélectives des droits de l'homme que par un discours racialiste à l'atavisme colonial envers les Africains. Cela n'est pas une conception moderne et universaliste des droits de l'homme mais une régression à une idéologie réactionnaire archaïque en passe de justifier les profits et bien mal acquis sur le dos des peuples africains que l'on musèle en soutenant des dictatures criminelles. Le silence de la presse française est éloquent et en soi racistogène de par ce qu'il sous-entend. Ainsi une émission telle qu'Arrêt sur images, remarquable par ailleurs, est toujours la première à fustiger la réception à l'Elysée par le président français de dictateurs de l'est lorsqu'ils viennent en France, ne s'est jamais offusquée qu'Omar Bongo, Sassou Nguesso, Idriss Déby, Eyadéma dont les crimes pour bon nombre dépassent largement ceux des dictatures de l'est soient reçus régulièrement au Chateau, en dit long sur leur conception relativiste des droits de l'homme. De même lorsque France Télévisions décerne son prix au Négrophobe de service qui n'hésite pas à écrire dans "Négrologie : Pourquoi l'Afrique meurt" :

"...Le clash des civilisations, celle des Africains étant d'un niveau matériel nettement inférieur,..." (p.32-33)

"
Si six millions d'Israëliens pouvaient, par un échange standard démographique,prendre la place des Tchadiens à peine plus nombreux, le Tibesti fleurirait et uneMésopopotamie africaine naîtrait sur les terres fertiles entrer Logone et le Chari. Qu'est ce à dire ? Que « les » Africains sont des incapables pauvres d'esprit, des êtres inférieurs ? Sûrement pas. Seulement leur civilisation matérielle, leur organisation sociale et leur culture politique constituent des freins au développement[...]" (p.49)

"Enfin, sur un continent qui n'a inventé ni la roue, ni la charrue, qui ignorait la traction animale et tarde toujours à pratiquer la culture irriguée, même dans les bassins fluviaux, les coopérants doivent-ils se mordre les lèvres quand, en discutant avec leurs "homologues" africains, ils ont eu le malheur d'évoquer le "retard" de l'Afrique?" (p.25)


L'année suivante le même prix a été refusé à Serge Bilé pour son livre "Noirs dans les camps nazis" suite à des manoeuvres scandaleuses de la part des organisateurs du prix visant à discréditer auprès du jury le contenu du livre de Serge Bilé pour de prétendues inexactitudes. Ces procédés en disent long sur la valorisation d'un discours à la limite du racisme par un certain magistère intellectuel rabaissant ainsi les peuples africains et formatant l'opinion publique à une certaine conception racialiste de l'altérité. Moralité sur le service public, un livre donnant une image dégradante à la limite du racisme des Africains est primé tandis qu'un livre voulant évoquer les souffrances que ceux-ci ont enduré au regard de l'histoire est éliminé sous pression des organisateurs. Il n'est donc pas étonnant de voir que des propos racistes diffusés par des animateurs de FT - sur l'antenne (le cas Fogiel condamné par la justice) ou hors antenne (le cas Sevran ) - n'entraînent aucune sanction de la part de la direction de cette même chaîne. Ni de voir des reportages apologétiques encensant le musée de la spoliation coloniale voulu par Nôtre bon président. Le discours racialiste et son relativisme culturel quant à la conception des droits de l'homme est consubstentiellement lié à la logique françafricaine et à ses méthodes néocoloniales.

Dans la plupart des médias, on ne retrouve pas grand chose sur la façon dont Omar Bongo fut porté à la tête du Gabon par la politique foccarto-gaulliste et soutenu à bout de bras par la France, ni sur la manière dont ce dictateur en place depuis 40 ans assure le détournement des richesses du pays pour son clan et pour les réseaux françafricains qui savent le remercier. Là-bas on pille, on détourne le fric et ici c'est la sacro-sainte loi de l'omerta pour occulter un système mis en place par la Vème République gaullienne. Tout au plus quand le président à vie du Gabon est interviewé sur France 2, lors du dernier sommet France-Afrique de Cannes - on assiste à la plus grande déférence journalistique.

« On ne compte (au Gabon) que 19 médecins pour 100.000 habitants, l'espérance de vie n'est que de 52 ans, seulement 38% des enfants sont vaccinés contre la rougeolle-contre une moyenne de 79% dans les pays en développement. Un enfant sur sept meurt avant l'âge de 5 ans...le rang du Gabon à l'indicateur du développement humain (IDH) le fait reculer de 71 places par rapport à un classement seulement basé sur la production par habitant » (PNUD, 1999).

La famille qui gouverne le Gabon a été maintes fois accusée de piller les coffres de l'Etat. En 1999, le Sénat américain a enquêté sur un transfert de 180 millions de dollars de revenus pétroliers que le président avait effectué sur trois comptes personnels ouverts à la Citibank. Il a été impliqué dans d'autres scandales et, lors d'élections récentes, on l'a accusé d'avoir utilisé la manne pétrolière pour contre carrer l'opposition (Courrier international 10.05.07 L'héritière Bongo).
Comme dernier exemple on retrouve les largesses accordées par Bongo aux siens. Aux dernières nouvelles, le fils Ali Ben Bongo Odimba aurait envoyé sa compagne acheter une maison de 25 millions de dollars à Hollywood tandis que le peuple crève sans que cela ne dérange nullement bon nombre de nos dirigeants français, fussent-ils même prétendument socialistes, plus intéressés par les sirènes des intérêts françafricains (politique et économique) que par la défense de l'universalité des droits de l'homme gravée au frontispice de notre République.

DAILY MOTION 14.05.07
Inge Bongo et sa villa
Dans une émission de la TV américaine, Inge Bongo, femme de notre ministre de la Défense, Ali Ben Bongo, fils du président Bongo (président du Gabon de puis 1967) fait ses courses en Californie et achète sa maison de 25 000 000 de dollars, alors que pendant la meme période, l'Etat Gabonais s'endette auprès de l'Agence Française de Développememnt pour 25 000 000 de dollars pour un programe d'adduction d'eau qui va aider 120 000 personnes.

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Lire aussi :
L'Humanité 30.11.05
Omar Bongo, tricheur et président à vie ?
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Chez Pressafrique :
14.05.07
Le nouveau président de la France soutient-il les oppresseurs de l'Afrique ?


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