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Les valises d'argent frais ont
certes atterri au RPR et à l'UDF, mais aussi au PS. Et les amitiés
maçonniques ont fait le reste. Pour apaiser le courroux du bienfaiteur, outré par
un brûlot de Pierre Péan, la
France rose lui dépêche tour à tour le défunt François de Grossouvre,
Roland Dumas - «mon ami intime» - puis le Premier ministre Pierre Mauroy.
On promet même au roi des Batéké, reçu avec faste l'année suivante, une
centrale nucléaire. Il compte aujourd'hui parmi ses plus ardents avocats
l'ex-ministre Catherine Tasca ou Michel Rocard. Bongo puise dans une
fortune colossale, bâtie avec le concours d'Elf, de quoi huiler les
rouages de son pouvoir. A tous les coups il gagne. Réélu président, Omar
Bongo peut compter sur la bienveillance d'une France à qui il doit tout et
qui lui doit tant. (L'Express 10.12.1998, Vincent Hugueux, L'Eternel Bingo de Bongo )
« Omar
Bongo.est pour moi un ami de longue date et qui a témoigné de sa fidélité
à nos idéaux communs et à notre engagement commun pour une certaine idée
franco-africaine. » Jacques
Chirac, allocution à Libreville le 22 juillet
1995.
Lors de la proclamation
des résultats de l'élections présidentielle, au soir
du 06.05.07, le sortant-gagnant, avait déclaré qu'il serait toujours du côté
des opprimés. Des déclarations démagogiques si on en juge les actions
politiques du nouveau président de la France et à fortiori de la Françafrique.
En effet, pour fêter son sacre, Sarkozy est allé se recueillir pour
s'imprégner de la fonction présidentielle non pas dans un monastère mais sur le
yacht de Bolloré au large des côtes d'un paradis fiscal en
cours d'harmonisation européenne. Son voyage en Falcon subventionné par Bolloré -
une famille d'entrepreneur ayant bâti une grande partie de leur fortune
en Afrique avec des marchés généreusement distribués par
certains dictateurs françafricains - apparaît à la fois comme un gage de garantie envers
le grand capital et la Françafrique.
Les entreprises de Bolloré en
Afrique contrôlent 90% du tabac africain et sont engagées dans
l'exploitation forestière au Cameroun, au Congo-Brazzaville, au
Libéria. Une récente émission d'Envoyé spécial
sur le Libéria évoquait de manière très succinte des conditions
de quasi servilité pour les employés des exploitations forestières de
Bolloré au Libéria. Un autre documentaire diffusé sur France
3 intitulé "la bataille d'Abiidjan " évoquait les transactions
entre Bolloré et le criminel contre l'humanité Charles Taylor (en passe
d'être jugé début juin 2007 devant un tribunal pénal international) :
"Après avoir mis le pays à feu et à sang Charles Taylor arviendra même
à se faire élire président au grand dam du roi américain Firestone. Taylor
n'oublie pas de renvoyer l'ascenceur à ceux qui l'ont aidé : le
président ivoirien Houphouët Boigny, le groupe hollandais oriental
Timber corporation et le français Bolloré qui obtiennent de grandes
concessions dans le caoutchouc et le bois exotique". Avec le rachat
du groupe de transport Saga de Pierre Aïm, Bolloré s'est ouvert un
portefeuille de contacts avec les dictateurs africains les moins
fréquentables dont le Congolais Sassou Nguesso et le Tchadien Idriss Déby.
Il renforce aussi ses liens avec le monde des services secrets. Il recourt
aux compétences de Jean Heinrich (ex-patron fort courtisé de la Direction
générale des renseignements militaires), et s'associe très étroitement à
Michel Roussin, haut retraité de la DGSE et ancien ministre français de la
Coopération (Survie Campagne "Bolloré : monopoles services compris.
Tentacules africaines" (2000)). On y retrouve aussi Jean-Yves Ollivier
un homme d'affaires très proche du président congolais Sassou Nguesso et de
Jean-Pierre Bemba. De nombreuses entreprises en situation parfois de quasi
monopole sont aussi implantées en Côte d'Ivoire, au Gabon, au Burkina
Faso, au Cameroun, au Mali, au Togo, au Bénin, au
Congo-Brazzaville, au Nigéria, en Afrique du Sud et en Angola.
La stratégie consiste à contrôler toute la chaîne de transport,
plus quelques filières de production hautement rentables. La vague de
privatisations, imposées par les institutions financières internationales, a
permi à l'entrepreneur de racheter le maximum d'infrastructures de transport et
d'élargir sa gamme de produits tropicaux (cacao, coton, café, caoutchouc,
huile de palme...). La gestion des réseaux ferrés s'est ajoutée à celle
des ports et lignes maritimes pour maîtriser le coût du transport de
marchandises (Survie Campagne "Bolloré : monopoles services compris.
Tentacules africaines" (2000)). Bolloré contrôle
près de 22 ports africains, soit presque la quasi-totalité de la côte
ouest du continent. Même pendant la guerre civile en Côte d'Ivoire, le
chiffre d'affaire des entreprises de Bolloré installées en Côte
d'Ivoire était conséquent : « Saga [groupe Bolloré] CI
(Manutention) a réalisé un bénéfice net de 9 milliards F CFA malgré
la crise et les perspectives 2005 sont encore plus radieuses avec la
création d'un nouveau quai - le quai 25 - pour traiter exclusivement les
conteneurs de l'armée française.
»
(Lettre du Continent, Big
business pour Bolloré à Abidjan,
24.02.05).
Les
présidents français passent Total et Bolloré restent. Sarkozy, ancien candidat de la
coloniale et de la Françafrique
, endossera-t-il
l'héritage françafricain de Jacques Chirac ? Sarkozy a-t-il été
initié aux méthodes françafricaines durant son voyage sur le yacht de
Bolloré ? Pendant la campagne, il n'avait pas hésité à se faire
adouber auprès du roi Bongo en place depuis 40 ans au
Gabon (grâce à la politique foccarto-gaulliste et
à celle de leurs successeurs). En témoigne un extrait du journal
d'information d'AFrica TV.info en mars 2007 (voir la vidéo).
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AFRICA TV.INFO 21.03.07 (vidéo) Visite de Nicolas Sarkozy à Omar Bongo dans son hôtel
particulier à Paris.
M. Sarkozy était accompagné de son
directeur de campagne M. Claude Guéant. Il va sans dire et
actualité oblige que le candidat Sarkozy est allé recueillir les
sages conseils du président Bongo Ondimba ainsi qu'il l'a reconnu à
l'issu de leur entretien.
Nicolas Sarkozy : "J'ai écouté
les conseils du président Bongo qui a une grande expérience
diplomatique. Je lui ai expliqué comment se passait la campagne.
J'ai recueilli ses sentiments d'amitié qui sont pour moi très
importants. Je l'ai assuré également de mon mon intérêt pour
l'Afrique, de mon amitié pour l'Afrique et de ma fidèlité pour
l'Afrique. Merci à
tous." |
Peu après
l'élection, en digne héritier du très françafricain
Jacques Chirac il aurait passé un coup de fil à
Omar Bongo (selon les dires de ce dernier sur RFI) pour le remercier de certains de
ses conseils.
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RFI 08.05.07 Sarko a appelé Bongo
«Nicolas Sarkozy
m'a dit simplement : «Merci pour certains de tes conseils», et je
lui ai dit : «Félicitations pour m'avoir compris,
parfois».» Il y a les félicitations d'usage
après l'élection de Nicolas Sarkozy à la présidence de la France.
Les messages un peu convenus et un rien distants... Mais il y a
aussi des réactions chaleureuses de la part de certains chefs
d'Etat. Le Gabonais Omar Bongo
Ondimba est de ceux-là. Il révèle que le nouveau président français
l'a appelé au téléphone le soir de son élection. Que se sont dit les
deux hommes ?... Lire la retranscription
intégrale de
l'interview
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Le nouveau Président va-t-il poursuivre la même
politique françafricaine criminelle que son prédécesseur ? On peut
légitimement se poser la question et des signes avant-coureur semblent
plaider en la faveur d'une réponse positive. A suivre...
A lire chez
Pressafrique : 14.05.07 Les
remerciements de Sarkozy à Bongo : «Merci pour certains de tes
conseils» 11.05.07
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