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Le mardi 08.05.07, Omar Bongo Odimba,
président depuis 40 ans du Gabon, était interviewé par Christophe
Boisbouvier sur l'antenne de RFI. Selon Bongo, le nouveau président
français l'aurait remercié au soir du 06.05.07, pour ses conseils
lors de la campagne électorale. Voici la retranscription intégrale de
l'interview.
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RFI 08.05.07 Sarko a appelé Bongo
«Nicolas Sarkozy m'a dit simplement : «Merci
pour certains de tes conseils», et je lui ai dit :
«Félicitations pour m'avoir compris, parfois»Il y a les félicitations d'usage après l'élection de Nicolas
Sarkozy à la présidence de la France. Les messages un peu convenus
et un rien distants... Mais il y a aussi des réactions chaleureuses
de la part de certains chefs d'Etat.Le Gabonais
Omar Bongo Ondimba est de ceux-là. Il révèle que le nouveau
président français l'a appelé au téléphone le soir de son élection.
Que se sont dit les deux hommes ?...
Retranscription de l'interview de Bongo diffusée
le 08.05.07 sur RFI
Christophe Boisbouvier (RFI) : "Monsieur le
Président, bonjour."
Omar Bongo Ondimba
: "Bonjour."
C. Boisbouvier : "Quelle est votre
réaction après l'élection de Nicolas Sarkozy en France ?"
O.
Bongo : "Ben, les Français ont fait leur choix, il a été élu.
Alors je ne peux être que content, comme les Français. Puisque
je connais celui qui a été élu, bon, c'est une bonne
chose."
C. Boisbouvier : "Depuis combien de temps vous
connaissez-vous ?"
O. Bongo : "Ben, je le connais il
n'était même pas encore au gouvernement. Quand Chirac était à la
Mairie, dans les années 80 et quelques."
C. Boisbouvier
: "Et qui vous l'a présenté ?"
O. Bongo : "Ben...
Chirac, évidemment : on s'est rencontré chez Chirac."
C.
Boisbouvier ; "Quelle impression vous a fait Nicolas Sarkozy la
première fois que vous l'avez vu ?"
O. Bongo : "Ben il
m'a fait l'impression d'un garçon qui sait ce qu'il veut et qui sait
où il va et qui a son franc-parler. Et puis même dans sa
traversée du désert, on a toujours été en bons termes.
Voilà."
C. Boisbouvier : "Quelle est sa principale qualité
à vos yeux ?"
O. Bongo : "C'est la détermination, le
courage en politique, c'est ça, qu'est-ce que vous
voulez."
C. Boisbouvier : "On se souvient qu'il y a
quelques années, vous nous aviez dit que Nicolas Sarkozy était
allé trop loin dans sa prise de distance avec Jacques
Chirac."
O. Bongo : "Il est allé trop loin mais je le lui
ai dit, entre amis. Moi je ne cache rien à mes amis, je le lui
ai dit et le président Chirac savait que je voyais Nicolas tout
le temps et que je lui disais ce qui n'allait pas."
C.
Boisbouvier : "A l'époque où ils étaient en très mauvais termes,
Jacques Chirac et Nicolas Sarkozy, est-ce que vous avez joué un
rôle ?"
O. Bongo : "Mais je n'ai pas besoin de vous dire
tout ça, quand même. Il y a des secrets... qui restent
secrets."
C. Boisbouvier : "Mais vous êtes intervenus,
quand même à Paris."
O. Bongo : "J'ai dit : il y a des
secrets qui restent secrets. Vous pouvez trouver, Boisbouvier,
beaucoup de manières de me poser cette question, mais je vous
réponds aussi par cela et je dis : toute vérité n'est pas bonne
à dire. Bon, ce sont des choses qui ne regardent que nous trois
: Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy et moi, voilà !"
C.
Boisbouvier : "Alors, est-ce qu'on ne peut pas dire que vous êtes
content que ce soit plutôt Nicolas Sarkozy que Ségolène Royal
?"
O. Bongo : "Non, écoutez, mes amis sont mes amis. Mais
je ne suis pas électeur en France. Bon, les Français ont fait
leur choix, on ne peut que s'incliner devant ce choix. Mais
quant à une préférence entre tel ou tel, non, ce n'est pas mon
rôle."
C. Boisbouvier : "Mais il n'empêche que vous ne
connaissiez pas Ségolène Royal."
O. Bongo : "Qu'est-ce qui
vous le dit ? J'ai vu Madame Royal en 92, à Rio de Janeiro, au
Sommet de la terre. Elle avait fait un très bon discours. Donc
j'en garde un très bon souvenir, alors !"
C. Boisbouvier
: "Oui, mais Monsieur le Président, quand vous veniez à Paris ces
derniers temps, il vous arrivait de déjeûner avec Nicolas
Sarkozy mais pas avec Ségolène Royal."
O. Bongo : "Oh,
vous à RFI, vous racontez trop de choses, hein... J'avais commencé
par dire que quand je venais, les repas entre Sarkozy, Bongo,
Sassou euh... Vous en dîtes tellement que vrai ou faux, bon : on
se tait ! L'occasion ne s'était pas donnée mais lorsque
l'occasion se présentera, je peux bien dîner avec elle, hein !
Y'a pas de problème."
C. Boisbouvier : "Qu'attendez-vous
maintenant du Président Sarkozy ?"
O. Bongo : "Mais je
n'attends rien ! J'attends qu'il y ait une bonne coopération entre
le Gabon et la France."
C. Boisbouvier : "Nicolas
Sarkozy dit qu'il faut qu'aujourd'hui les relations soient moins
personnalisées que du temps de Jacques Chirac. Qu'en pensez-vous
?"
O. Bongo : "Très bien. Chirac, c'est Chirac. Sarkozy,
c'est Sarkozy. Et ben, s'il veut changer, qu'il change
!"
C. Boisbouvier : "Est-ce que vous vous tutoyez par
exemple, ou est-ce que vous vous vouvoyez ?"
O. Bongo
: "On se tutoie ! Puisque vous voulez être dans les secrets des
parfums, hier [le 6 mai, jour de l'élection] il m'a même
téléphoné. Bon, alors ! Si ça peut vous arrangez, voilà ! On se
tutoie depuis 80 et quelques."
C. Boisbouvier : "C'est lui
qui vous a appelé, dimanche soir ?"
O. Bongo : "Ben hé, hé
hé..."
C. Boisbouvier : "Et alors, que vous a-t-il dit
?"
O. Bongo : "Non, non, non... Mais vous croyez pas tout
de même que je vais me livrer à ce genre de confidences, non ?
Il m'a dit tout simplement : merci pour certains de tes
conseils, voilà ! Et je lui ai dit félicitations pour m'avoir
compris parfois."
C. Boisbouvier : "Vous savez ce qu'à
dit la gauche en France ces dernières semaines : il faut en
finir avec les relations trop personnelles entre la France et
l'Afrique, à l'image des relations entre Nicolas Sarkozy et Omar
Bongo Ondimba."
O. Bongo : "Qu'est-ce que j'en ai à voir,
moi ? La gauche n'a qu'à dire ce qu'elle a pas [?] dit. La
gauche dit cela et la droite n'en pense pas moins. Mais la France
est tellement... dans la droitisation des choses que la gauche
parlera longtemps. En attendant, il est élu pour cinq ans. Et
bien moi, le reste j'en ai qu'à à foutre, moi ! Ca ne me regarde
pas, hein..."
C. Boisbouvier : "Nicolas Sarkozy n'exclut
pas l'hypothèse de fermer l'une ou l'autre des bases militaires
françaises en Afrique. Qu'en pensez-vous ?"
O. Bongo : "Ca
m'est égal !"
C. Boisbouvier : "Vous savez que l'une de
ces bases est au Gabon !"
O. Bongo : "Mais et alors ? Elle
est au Gabon et elle sert à protéger les Gabonais, hein ! Quand
vous venez à gauche ou à droite, vous atterrissez où ? Sur cette
base, là... Et vous êtes où, on vous garde là, en attendant de
vous diriger sur la France, alors !"
C. Boisbouvier
: "Pour conclure, Monsieur le Président, attendez-vous la
continuté ou la rupture avec Nicolas Sarkozy, par rapport à
Jacques Chirac ?"
O. Bongo : "J'ai dit, avec Jacques
Chirac, c'était un ami, c'était un frère. Il a fini son mandat.
Il appartient à Sarkozy de se définir. Doit-il continuer, je ne
dis pas la totalité, de ce que faisait Chirac ? Mais dans ce
cadre précis, que doit-il faire ? Posez-lui la question à lui,
et non à moi."
C. Boisbouvier : "Donc vous espérez la
continuité, c'est ça ?"
O. Bongo : "Je n'ai rien dit hein
! C'est vous qui le dîtes, hein ! C'est vous qui le
dîtes."
C. Boisbouvier : "Monsieur le Président,
merci." |
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