Retour page
d'accueil
PRESSAFRIQUE 07.05.07
Qualifiées de "bagarres" ou "d'incidents
mineurs" dans bon nombre de médias, minimisées initialement par les
forces de l'ordre, les violences post-électorales qui ont eu lieu après le
couronnement de Nicolas Sarkozy ont été de toute évidence de grande
ampleur et spontanée. Bien au-delà des simples manifestations d'irritation
qui ont eu lieu dans la gare du nord et qui avaient galvanisé les médias
dans leur tendance à offrir aux Français un bouc émissaire à la couleur du
sarrasin sans qu'il y ait de troubles majeurs constatés (tout est
relatif). De la construction d'un ennemi
intérieur ou le
syndrome du film "les visiteurs" revisité par tous les grands médias
nationaux, nous faisant fantasmer un risque de menace ethnique ou
d'émeutes ethniques jamais constatées dans ce pays jusqu'alors. Cette
fois-ci nos bons médias ne se sont pas déplacés en masse pour exhiber
des images d'une rare violence : de voitures brûlées, d'affrontement
avec la police. Une violence qui semble coller à la peau du pompier
pyromane récemment élu. Jamais telle violence n'avait déferlé après une
élection présidentielle en France. Les chiffres de l'insécurité ne cessent
de grimper. Qu'on en juge plus de 730 véhicules ont brûlé, il y a eu près
de 600 arrestations et 78 policiers et gendarmes (au dernier bilan 08.05.07
) ont été blessés rien que dans la nuit de dimanche à lundi (
Libération 07.05.07 Premier bilan de la présidence Sarkozy: 730 voitures brûlées,
592 interpellations). Des manifestations
violentes qui ont parfois dégénéré ont
eu lieu à Marseille, à Montpellier, à Lyon, à Bordeaux, à Toulouse
et enfin à Paris où l'on a assisté à une bataille rangée entre forces
de l'ordre et des jeunes issus des mouvances politiques dites "gauchistes" sur
la place de la Bastille. Le mouvement de "résistance spontanée" qui
s'est organisé en marge du processus démocratique a vu
des milliers de manifestants défiler à Toulouse, à Paris, à Nantes,
à Rennes et à Lyon. Parfois on semblait entrevoir en certains endroits le spectre
de mai 1968. Comme si les mécanismes gaulliens qui avaient
conduit à la révolte estudiantine avaient été oubliés. Les mêmes causes
produisant les mêmes effets ? Contrôle des médias, apologie de l'ordre,
répression et crise sociale peuvent t-ils produire les mêmes effets près
de quarante ans plus tard ? Il serait bon de comprendre ce qui a
conduit le gaullisme dans le mur avant de le ressusciter dans une
apologie désuète qui relève de l'absence de capacité critique sur son
passé récent.
Violences urbaines
post-électorales
Initialement la direction générale de la police a
évoqué un bilan de 367 voitures brûlées et de 270 personnes interpellées en
qualifiant ce bilan "concernant les voitures brûlées au-dessus de
la nuit du 14 juillet 2006 et en deçà de la nuit de la
Saint-Sylvestre" (AFP 07.05.07 à 10h00 : 367 voitures brûlées dans la nuit du second tour, 270
interpellations). En fait ce soir le bilan est au double et sans doute bien en deçà de la
réalité. La moralité : c'est que la politique du tout répressif du nouveau
président est un échec incroyable et qu'elle génère au sein de la
République une violence de masse que nous n'avions jamais connu avant
2002. Est on déja entré dans l'ère Sarkoland ? La réponse se
trouvera au fond des urnes lors des législatives de juin 2007.