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PRESSAFRIQUE 07.05.07
Un médecin malien, spécialiste du Sida, venu assister en France à une conférence sur le Sida, atterrit en centre de rétention

 Une femme médecin d'origine malienne, éminente spécialiste du sida sur le continent africain, venue en France sur l'invitation de collègues à assister à une rencontre scientifique sur le Sida, a été tout bonnement conduite en centre de rétention dès son arrivée à l'aéroport alors que ses papiers et son visa étaient en règle. De l'excès de zèle dans la France de Sarkozy où les enfants de 8 et 11 ans peuvent être fichés pour de simples vol de jouets (Le Monde 05.05.07 A 8 et 11 ans, ils sont menacés de fichage génétique pour vol de jouets) ou les ministres algériens s'inquiètent du risque de réhabilitation de l'OAS par le président de la coloniale et de la Françafrique ? Le médecin malien a passé plus de 30 heures en centre de rétention. C'est ce que vient de révéler le quotidien Libération.  Les responsables du colloque s'interrogent : «Peut-on, aujourd'hui, continuer à inviter nos collègues médecins africains à des échanges scientifiques à Paris si nous les exposons à trente heures de rétention, à des mesures d'expulsion, à des humiliations de toutes sortes ?». Et Bernard Kouchner d'ajouter : «Il n'y a pas mort d'homme, ni violence, mais c'est ahurissant...Pour un témoignage ainsi recueilli, combien d'autres jamais révélés ?»

LIBERATION 03.05.07
Invitée à un colloque, elle atterrit en centre de rétention
Une Malienne, médecin et spécialiste du sida, a subi trente heures d'arrestation alors qu'elle arrivait à Paris pour une rencontre scientifique.

[...]«Le 29 mars 2007, raconte ce médecin (1), j'atterris à 6 h 20 à l'aéroport de Roissy-Charles de Gaulle. Au poste de contrôle de police, je suis arrêtée par un policier, sans aucun motif. Il m'amène dans un petit bureau où se trouvent d'autres policiers et des passagers. Il me fait attendre pendant trois heures. Sans un mot. Deux jeunes policières me fouillent ensuite dans les toilettes et, sans explication, me prennent tous mes papiers. Je leur explique, pourtant, le motif de mon voyage, mais elles ne me répondent pas.» Ensuite ? «Un autre policier m'ordonne de signer des papiers sur lesquels est écrit : "Refus d'entrée".» La raison ? «Il me dit que ma date de retour dépasse celle du séjour qui figure sur le visa, et que je ne suis pas inscrite pour la prétendue conférence. Je leur explique que dans mon pays, le Mali, il faut présenter un billet d'avion de retour au consulat de France pour obtenir un visa d'entrée, que la Société Bristol-Myers Squibb, qui a pris mon billet, l'a laissé ouvert jusqu'à un mois, et que, lorsque j'ai obtenu un visa de sept jours, j'ai raccourci mon séjour en France, et qu'enfin, les inscriptions définitives à la conférence se font sur place.» Bref, tout est clair et il n'y a aucune embrouille. «Mais ils n'ont rien voulu comprendre, ils m'ont enfermée dans une petite pièce. On ne pouvait pas se tenir assis, et on m'a dit que je prendrai le vol Air France du même après-midi sur Bamako... J'ai dit aux policiers que j'avais de la famille à Paris. Ils m'ont transférée au centre de rétention de l'aéroport [...]
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