LA FABRIQUE
 
 DU RACIALISME AU CULTURALISME D'ETAT

«Du point de vue historique, les racistes détiennent un record de patriotisme pire que les tenants de toutes les autres idéologies pris ensemble, et ils ont été les seuls à nier sans cesse le grand principe d'égalité et de solidarité de tous les peuples, reposant sur l'idée d'humanité
».
Hannah Arendt, Les origines du Totalitarisme. L'impérialisme.

   
     La légitimation des dictatures, de l'instrumentalisation de l'ethnisme, du soutien à des politiques génocidaires est devenu un mode opératoire des pratiques néocoloniales de la Françafrique avec la plus grande bénédiction d'une certaine intelligentsia dite souverainiste. Au point que l'on peut parfois se demander si au Rwanda certains décideurs politiques français  n'ont pas intégré le génocide comme une modalité possible de la politique africaine de la France où l'ambition culturelle semble parfois coïncider avec la défense de régime digne des nazis pour reprendre l'expression de Colette Braeckman. Une ambition culturelle qui dès lors qu'elle s'applique aux pays d'Afrique noire s'affranchie sans le moindre remords des droits de l'homme.

    Cette politique criminelle pratiquée depuis 40 ans a généré des millions de morts du Biafra au Rwanda en passant par le Cameroun (massacre des Bamilékés  par l'armée française dans les années soixantes encore  occulté actuellement par l'ensemble des médias) sans oublier le Congo-Brazzaville où la guerre civile fut menée au nom des intérêts géopétroliers de l'entreprise ELF (reportage TV version real player). Au pays des droits de l'homme, cela ne peut se concevoir que dans le cadre d'une césure des représentations « humanistes » en fonction des peuples, une sorte d'alchimie géoraciale. En quelque sorte le mot d'ordre officiel se résume aux « droits de l'homme pour tous » mais le discours implicite derrière une attitude d'une hypocrisie et d'une lâcheté morale sans bornes tend à considérer que ces peuples ne sont pas suffisamment matures pour en profiter. Le discours idéologique est fondé sur des présupposés raciologiques et relativistes hérités des représentations coloniales. Il stipule que les africains sont supposés se massacrer depuis toujours pour des raisons ethniques spécifiques à leurs cultures, il en découle de manière fort logique qu'ils ne sont pas à même pour le moment d'accéder à la « modernité » démocratique occidentale (cf. Florilège d'ethnomanies ) .


     Ces pays ne peuvent donc pas accéder à des constitutions politiques qui garantissent à leur peuple les droits fondamentaux à disposer d'eux-même et à élire leurs représentants. Cette incapacité africaine dans la pensée dominante locale serait liée à des raisons culturelles spécifiques à l'Afrique. Ainsi l'intelligentsia distille un culturalisme (c'est à dire emprunt de relativisme culturel) concernant des droits pourtant considérés comme universels et inaliénables. Une justification qui ne constitue rien moins qu'un reniement de l'humanité au nom d'un mercantilisme insatiable (la face cachée de la politique africaine de la France ).

 

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