Retour page d'accueil

 PRESSAFRIQUE 30.04.07
Vers le dépeçage de la RDC ?

 « Comme arrière-fond. Ce qui s'est passé en Ouganda, c'était les Anglais qui poussaient au Rwanda et les Français qui défendaient la francophonie. Et puis ça a passé au Congo de Mobutu, où vous avez eu une guerre civile par interposition : les Français aidaient Mobutu et les Américains et les Anglais, avec la présence des Ougandais, (aidaient) Kabila. Vous avez cela comme toile de fond, un conflit Fachoda. » Boutros Boutros-Ghali, ancien secrétaire général de l'ONU. (Une guerre noire, Gabriel Périès et David Servenay, p.195).

 Y a-t-il eu un plan de partage de la RDC entre les différentes puissances belligérantes françafricaines (Angola, Congo, Zambie, Namibie, Zimbabwe, Tchad) et américafricaines (Rwanda, Ouganda, Burundi) ? On est en droit de se poser la question devant le peu de réaction des autorités congolaises suite à l'occupation par l'Angola d'une large bande du territoire dans la région du Bas-Congo. S'agissait-il d'une contrepartie à l'intervention angolaise pour « nettoyer » Kinshasa des forces bembistes ? On ne le sait. Toujours est-il que le silence du premier ministre-alibi et de son gouvernement fut éloquent pendant un certain temps. Son mentor Kabila - homme lige de la Françafrique et de l'Américafrique réunies aux intérêts parfois convergents (n'en déplaisent aux théoriciens de Fachoda) - qui est parvenu à museler toute opposition politique, entend il avaliser la balkanisation en douceur du Congo et se séparer d'une partie de ce gigantesque pays aux ressources minières fabuleuses au sud et à l'est avec le soutien des grandes puissances occidentales ?  Après avoir glorifié au Sénat belge la mémoire de l'oeuvre de Léopold II, après avoir été l'un des fossoyeurs des entreprises minières d'Etat aux profits de multinationales, va-t-il faciliter le démembrement d'une partie des régions convoitées de la RDC? Ou bien s'agit-il comme l'écrivait Colette Braeckman  dans les Nouveaux Prédateurs (p.138) d'une stratégie délibérée, d'une feinte qui vise à démasquer la brutalité de ses adversaires pour mieux reprendre le dessus après en sensibilisant la communauté internationale? Quoiqu'il en soit la Zambie s'est, elle aussi, arrogée une petite partie du territoire tandis que le Rwanda et l'Ouganda - alliés d'hier -  occupent encore par l'intermédiaire d'hommes de mains et de soldats une partie des régions du Kivu et de l'Ituri, respectivement, en prenant soin d'en piller les richesses.

 Les Congolais ont exprimé de vives inquiétudes en apprenant le contenu des quatre scénarios de l'Acte final conclu mi-avril à Bujumbura « en vue de l'éradication définitive des forces négatives opérant dans les Grands lacs » par les responsables des états-majors généraux des armées congolaises (Le Potentiel 24.04.07 Congo-Kinshasa: Neutralisation des « forces négatives », l'armée rwandaise en RDC de « manière officielle »). « Du côté de la RDC, c'est le 3ème scénario qui a le plus inquiété. Il s'agit de la possibilité d'une intervention militaire conjointe des autres Etats, le Rwanda, l'Ouganda et le Burundi, pour lancer une offensive contre les forces négatives. S'agit-il d'un nouveau retour des Etats jadis agresseurs de la RDC ? Mais cette fois-ci de manière officielle ? » s'interrogent Radiookapi.net et Le Potentiel. On est en droit légitime de se poser la question. Après avoir méthodiquement piller le Kivu et l'Ituri, semer une guerre civile qui a fait 4 millions de morts, le Rwanda et l'Ouganda qui disposent encore de nombreux soldats ou de milices armées par leur bon soin dans ces deux régions auront-ils l'autorisation de la RDC pour revenir s'installer officiellement au nom de « l'éradication des forces négatives ? ».

 L'Ouganda a été condamné par la CPI, en raison du pillage intégral de l'or de l'Ituri - qui est loin de s'être arrêté - à payer une réparation financière équivalente à des milliards d'euros, une somme qui n'a jamais été versée. Le Rwanda qui pille tout autant que son voisin les deux Kivu a commis de nombreux crimes contre l'humanité depuis 1996 en RDC (à l'instar de son voisin) qui n'ont jamais été condamnés. L'homme lige du Rwanda, Laurent Nkunda, a été considéré par Human Rights Watch mais surtout par la Cour Pénale Internationale comme un criminel contre l'humanité  au regard des nombreuses exactions commises par ses troupes sur les populations civiles. Il n'a jamais été jugé devant un quelconque Tribunal pénal international ni inquiété par la MONUC qui a pris soin d'éviter ses troupes. Il en va de même des criminels contre l'humanité ougandais et rwandais ou de leurs rebelles supplétifs qui ont sévi en RDC durant la guerre civile qui a ravagé ce pays entre 1998 et 2003, à la solde des régimes despotique de Museveni et dictatoriale de Kagamé.

 Retour sur le massacre de Kasikita (23.08.1998) un des nombreux massacres à caractère génocidaire perpétrés sur la population lors de la guerre civile par des rebelles d'une faction militaire du RCD souvent renforcée par les troupes rwandaises ou ougandaises.
 « A Kasika, une petite localité du Sud-Kivu, une embuscade fut chèrement payée : le 23août 1998, alors que des militaires rebelles faisaient mouvement vers Kamituga et Mwenga, où se trouvent des mines d'or, ils furent pris sur le feu d'une embuscade tendue par les Mai-Mai. Les pertes furent lourdes, en qualité plus qu'en quantité : huit officiers tués, dont des « commandants étrangers » d'origine rwandaise ou ougandaise. Les représailles furent à la hauteur des pertes subies, elles durèrent trois jours. Les gens furent d'abord poussés vers l'église catholique et le temple protestant, où les soldats demandèrent des ordres par téléphone mobile. La réponse fut d'une simplicité biblique : « Tuez tout le monde ». (Colette Braeckman, Les nouveaux prédateurs, p.152-153). Et il y en eut des massacres à la Oradour sur Glane dans le plus grand silence de la communauté internationale. On se serait cru un temps revenu au Congo de Léopold II sans compter les exactions commises par les forces loyalistes sur les civils et les représailles dites à caractère ethnique. Selon un rapport de MSF, dans les régions du Kivu, 75% des enfants de moins de 3 ans de cette région n'ont pas survécu et la mortalité infantile a décimé 60% des enfants de moins de 5 ans. Depuis 1998, la population de l'est du Congo a été prise dans l'engrenage de la terreur, les pillages se sont conjugués aux massacres entre rebelles, Mai-Mai et forces loyalistes et l'on n'oubliera pas les anciens génocidaires rwandais ou leurs affidés qui écument la région en rançonnant ou massacrant les populations indociles. Ces derniers  sont d'ailleurs devenus le prétexte de l'intervention des troupes rwandaises (l'Ouganda a utilisé le même prétexte - celui des troupes rebelles se réfugiant en Ituri - pour justifier les incursions itératives dans ce territoire congolais riche en or) pour mettre à sac la région et piller ses richesses sous la bienveillance de la communauté internationale et de ses multinationales qui récupèrent coltan, or, diamants à moindre coût. Durant la guerre civile de 1998-2003, « La population constate que l'armée rebelle, appuyée par le Rwanda, passe plus de temps à surveiller les zones minières et à réprimer les civils congolais qu'à poursuivre les Hutus qui représentent une menace pour le voisin rwandais. Au Kivu, les hommes de Kagamé et leurs alliés ont mis en place une véritable stratégie de contre-insurrection, guère différente de ce qui se pratiqua naguère au Viet-nâm et au Guatemala. Visiblement, ils connaissent leurs classiques : puisque la résistance s'organise au sein du peuple comme un poisson dans l'eau, on fait évacuer le peuple»(ibid, p.165). Des méthodes enseignées dans les écoles de guerre états-uniennes issues des doctrines françaises de la guerre totale. Une économie de la prédation par l'horreur et la guerre. De la guerre civile comme politique étrangère ? Les régions de  l'est dela RDC : Ituri et Kivus sont devenus des mouroirs entre 1998 et 2003. Et la situation est encore particulièrement critique. On aura compris que ceux qui subissent les nettoyages par villages entiers sont avant tout les civils. Ces crimes touchent plus particulièrement les femmes dont les viols systématisés par toutes les factions en conflit sont devenus une véritable arme de guerre. « Tout se passe comme si le paroxysme que la violence avait atteint au Rwanda s'était diffusé à la région toute entière, avait levé tous les interdits, autorisé toutes les entreprises de déshumanisation [...] (Durant la guerre civile dans les régions des Kivu) [...]Tous les témoignages indiquent que les soldats ou leurs alliés rwandais interviennent rarement lorsque les civils sont attaqués, même aux abords immédiats de leurs postes militaires. Souvent, ils attendent que l'attaque soit terminée puis se lancent dans des représailles contre l'ennemi ou contre la population civile elle-même, accusée de ne pas soutenir les autorités » (Colette Braeckman, ibid, p.163). Il y a eu durant la guerre civile et encore à l'heure actuelle une véritable colonisation de la région par des Rwandais amenés dans les valises de l'armée rwandaise qui vont participer à l'exploitation du Coltan et des richesses minières. On assiste au même procédé dans l'Ituri avec les troupes ougandaises qui ont amené dans leurs valises des éleveurs qui se sont installés dans le parc naturel de Virunga. Et cela après que les soldats ougandais ou leurs supplétifs aient chassé les villageois et exterminé les gros animaux de cette réserve à la mitraillette. L'Ouganda durant la guerre civile, a instrumentalisé les tensions ethniques en armant de nombreuses factions en conflit, jouant les pompiers pyromanes afin de prolonger leur présence dans la région et exploiter les richesses minières (or, gaz, diamants.). La plupart des chefs de guerre de la région étaient fournis en armes par Kampala ou Kigali. La région de Bunia s'est transformée en far west avec de nombreux villages rasés ou désertés par leurs habitants. Les forces loyalistes des FARDC quant à elles se livrent aux exactions sur la population quant elles progressent (viols, pillage, assassinats, voir massacres). L'impunité fut totale et l'est encore. Quant aux forces de la Monuc elles ont été accusées de profiter de la situation en profitant et en entretenant par là-même la prostitution des jeunes filles dans une situation de grand dénuement. La mise en coupe réglée de ces régions par le Rwanda (Nord et Sud-Kivu) et l'Ouganda (Ituri) est bien installée. D'une politique de la table-rase pour faire place nette dans la région avec le soutien américafricain ? Il est certain que de nombreuses multinationales notamment anglo-saxonnes ont grandement profité de ce marché de matières premières à bas coût et ont pu faire un certain nombre d'affaires. Il y eut les entreprises tête de pont qui prospectent en attendant que la guerre soit finie pour transférer le marché à des grandes multinationales qui sortent alors de l'orée du bois. C'est le cas en Ituri de l'entreprise canadienne Heritage Oil Company dont le propriétaire n'est autre que le fondateur de l'entreprise de mercenariat Executive Outcome. Une autre entreprise anglosaxonne sert de tête de pont aux majors, il s'agit d'American Mineral Fields (AMF) dont le siège se situe à Hope dans l'Arkansas, la ville natale de Bill Clinton. Selon Colette Braeckman (ibid, p.183), on reproche à cette entreprise spécialisée dans l'extraction du cobalt et du zinc d'avoir obtenu des contrats miniers léonins avec des rebelles dans l'Ituri. Les rebelles en question auraient bénéficié d'une avance de 50 millions de dollars sur les transactions « histoire de financer la guerre en cours et de prendre date pour l'avenir » (ibidem, p.183). L'entreprise Anvil mining a été aussi accusée de complicité de crimes de guerre pour avoir fournit des moyens de transports aux forces loyalistes lors de la réalisation de  crimes de guerre en RDC sur les populations civiles. De nombreuses entreprises ont obtenu des contrats léonins sur le compte des compagnies minières locales bien souvent lésées dans ces joints-ventures comme il l'a été constaté dans le rapport Lutundula. Un rapport sans suite. Il dort comme un loir au fond d'un tiroir de l'assemblée nationale congolaise et sous le silence de la communauté internationale et du FMI complice. La politique du FMI et de la Banque mondiale a été aussi mise en cause, idem sans suite. Parmi ces firmes qui se taillent la part du lion dans ces joints-ventures favorisées par le président Kabila (contrairement à son père qui négociait plus avec les compagnies chinoises, cubaines, lybiennes,.), on retrouve de nombreuses entreprises américano-canadiennes, anglaises, belges, israéliennes, australiennes, françaises mais aussi d'Afrique du sud...  

On sait que le Rwanda et l'Ouganda sont armés et soutenus politiquement et diplomatiquement par l'Américafrique tandis que les alliés des forces loyalistes congolaises (Angola, Congo-Brazzaville, Zimbabwe, Namibie, Tchad) sont soutenus par la Françafrique dans une relation qui oscille entre antagonisme et synergie. Ainsi on sait à présent depuis l'affaire de l'Angolagate qu'Américafrique et Françafrique peuvent collaborer conjointement, en synergie dans la vente d'armes envers un gouvernement. Américafrique et Françafrique ont chacune vendu des armes aux deux mouvements en guerre en Angola prolongeant ainsi la guerre civile qui fut le résultat de la politique de Ford/Kissinger dans les années soixante-dix, dans un contexte de guerre froide. Un trafic particulièrement juteux. Cette guerre a duré une trentaine d'années et se soldera par l'assassinat du leader de l'Unita, Jonas Savimbi, initialement soutenu par les USA. L'élimination du leader Jonas Savimbi le fut grâce au soutien technologique apporté par les USA mais aussi par la France au travers de ses réseaux françafricains (affaire Falcon/Gaydamak) soutenant le président Dos Santos. D'ailleurs, récemment dans l'affaire Angolagate d'éminents membres des réseaux de la Françafrique ont été mis en cause pour leur implication à différents niveaux dans les ventes d'armes en Angola en synergie direct des réseaux transatlantiques ou de la russafrique (Falcon et Gaydamak). Une véritable nébuleuse où semblent converger les réseaux "russafricain" (liquidation et vente de l'arsenal militaire soviétique par des agents proches des réseaux transatlantiques), américafricain et françafricain : la mafiafrique ou la mondialisation des réseaux du commerce illicite des armes en direction de l'Afrique. Les réseaux françafricains dans l'Angolagate étaient à la confluence de réseaux mitterandiens (Jacques Attali, Jean-Christophe Mitterrand) et chiraco-pasquaïens (Charles Pasqua et Marchiani).  Autre exemple, à l'avant-veille de l'assassinat de Laurent-Désiré Kabila (ancien président de la RDC, il semble bien que les autorités françaises et états-uniennes se soient entendues (selon Colette Braeckman, p.96).

 « En septembre 2000, au cours d'une réunion des ambassadeurs de France en Afrique centrale, un consensus se dégagea entre le Quai d'Orsay, Matignon et l'Elysée : il était urgent d'attendre le « suicide » du régime (de Laurent-Désiré) Kabila et la mise en place d'une nouvelle administration à Washington. Le 5 janvier 2001, à l'occasion d'une brève visite à Washington qui me conduisit au département d'Etat, le verdict me fut répété, formulé avec une certaine désinvolture : « Cet homme représente un verrou. Il ne peut que sauter... ». Le temps pressait, car la présidence Clinton devait prendre fin le 18 janvier. L'aventure la plus secrète et la plus coûteuse en vies humaines de la présidence démocrate devait être rapidement menée à bien. Quarante ans plus tôt, le 17 janvier 1961, Patrice Lumumba avait lui aussi été exécuté à la veille d'une passation de pouvoir aux Etats-Unis ». (Colette Braeckman, Les Nouveaux prédateurs. Politique des puissances en Afrique centrale, p.96 ;  Lettre du Continent Indien, 7 septembre 2000). 

 On comprend mieux pourquoi le fils Kabila est si conciliant avec "ses autorités de tutelle". A croire que l'Américafrique et la Françafrique dans leurs aires de jeu africaines respectives (qui parfois se croisent) ne regardent pas au nombre de morts issus de leur politique machiavélique ? De l'intérêt des représentations culturalistes occidentales des droits de l'homme à l'aune de l'impérialismes pour se dédouaner ? A moins qu'il ne s'agisse d'une incapacité foncière à effectuer toute autocritique lorsque ses intérêts géopolitiques et économiques sont en jeu.

 « C'est ainsi que la presse britannique a publié au cours des dernières années plus d'articles sur les millions de morts engendrés par la conquête coloniale et le développement de l'Etat indépendant du Congo que sur les victimes des années 1990. Sans doute était-il plus facile de fustiger les exactions des mercenaires envoyés par le deuxième roi des Belges (Léopold II) que de débusquer les responsabilités de la présidence Clinton et de ses alliés britanniques dans les malheurs actuels du Congo. Quant à la presse française, sans doute échaudée par le Rwanda et par les conséquences de l'opération Turquoise, qui avait protégé la fuite au Kivu de centaines de milliers de réfugiés hutus parmi lesquels de nombreux « génocidaires », elle est, dans sa grande majorité restée muette » (Colette Braekman,ibid, p.151).

 
 Question subsidiaire qui nous ramène au débat : y a-t-il un plan de partage de la RDC entre les différents pays africains qui sont intervenus lors de la guerre civile en RDC avec l'aval des grandes puissances ? Est-il en train de prendre forme ? Assiste t-on à un remodelage de l'Afrique centrale dessiné par l'Américafrique au détriment ou en concertation avec la Françafrique ? Time will tell.
 

____________________________________________________________
A lire chez Pressafrique :
25.04.07
RDC : le mobutisme sans Mobutu

27.03.07
Le bilan des affrontements s'élèverait à près de 600 morts à Kinshasa

13.03.07
Le pillage se poursuit en RDC. Le Rwanda et l'Ouganda mis en cause par un rapport de l'ONU

06.12.06
Les troupes du criminel contre l'humanité Laurent Nkunda sèment la guerre dans le Nord est de la RDC

27.11.06
Les faucons rwandais veulent-ils déstabiliser RDC ?

06.09.06
Dans l'attente du second tour  la tension monte en RDC. Kabila et Bemba en tête, Gizenga en arbitrage

01.08.06
Le testament de Bapuwa Mwamba

17.07.06
Où va la RDC ?

18.06.06
Les forces de l'ONU et les forces loyalistes accusées de massacre en RDC

16.03.06
La Banque mondiale et le pillage de la RDC (II)

06.03.06
La Banque Mondiale complice du pillage de la RDC ?

12.08.05
- Les affameurs de la RDC
- Partie 1 : le pillage économique