Retour page d'accueil

 PRESSAFRIQUE 26.04.07
Affaire Borrel : perquisition à la chancellerie et au Quai d'Orsay

 C'est donc à une double perquisition auquelle on a assisté dans l'affaire Borrel. Il y eut d'abord le ministère des Affaires étrangères le jeudi 19.12.07  puis le lendemain ce fut au tour du ministère de la justice.

Une affaire qui a pris clairement une tournure politique dès lors que l'ancien porte-parole du ministère des affaires étrangères, Hervé Ladsous, avait déclaré en janvier 2005 qu'une copie du dossier d'instruction relatif au décès du juge Borrel serait « prochainement transmise à la justice djiboutienne », qui en avait fait la demande. Quelques jours plus tard, la juge Sophie Clément, en charge du dossier, refusera cette transmission estimant notamment que cette requête avait « pour unique but de prendre connaissance (...) de pièces mettant en cause le procureur de la République de Djibouti ». A l'époque la veuve du juge Borrel avait porté plainte pour « pression sur la justice » et les deux magistrates, Fabienne Pous et Michèle Ganascia, furent chargées d'instruire l'affaire. 

Interrogé en qualité de témoin assisté en mars 2007, Hervé Ladsous a expliqué qu'il n'avait fait que mettre en forme un communiqué après avoir pris les conseils juridiques de Laurent Le Mesles, à l'époque directeur de cabinet du ministre de la justice devenu aujourd'hui procureur général de Paris (L'Humanité 23.04.07 ).

C'est donc fort logiquement que les deux juges d'instruction ont perquisitionné les locaux du Quai d'Orsay et de la chancellerie pour rechercher des documents portant sur le litige. Il n'aura échappé à personne que le chef hiérarchique des deux juges d'instruction est le procureur général de Paris.

L'affaire Borrel dont on espère voir un jour la lumière avec l'inculpation des principaux responsables. L'affaire d'un magistrat français coopérant à Djibouti dont l'assassinat a été maquillé en suicide et dont de forts soupçons pèsent sur l'entourage proche du président actuel de Djibouti mais aussi selon le Nouvel Obs.com sur des réseaux françafricains où se cotoyaient certains expats français et des autochtones djiboutiens. Malgré la convocation comme témoin du président de Djibouti par le juge ayant en charge l'affaire, celui-ci est venu tranquillement à Cannes au sommet France-Afrique de notre bon Président. Il ne fut nullement inquiété par la justice française qui avait pourtant quelques questions à lui poser.  

Chez Pressafrique :
23.11.06
Nouvelle révélations : La Françafrique directement impliquée dans l'assassinat du juge Borrel

25.10.06
Elisabeth Borrel chez Ruquier (France 2)

20.10.06
Affaire Borrel : une justice en marche qui fait trembler la Françafrique