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A la
veille des élections présidentielles devant avoir lieu en Centrafrique, la
plupart des médias hexagonaux parlent déja d'une élection
démocratique mais il n'en sera rien. Comme à son accoutumé la
françafrique, dans un de ses joyaux déchirés par la guerre civile,
s'apprête à légitimer un dictateur venu au pouvoir par un coup d'état.
Après le Cameroun
en octobre 2004
et bientôt le Togo en
avril 2005 voici venu
le temps du Centrafrique.
Posture
médiatique et limites du
politique Les médias hexagonaux auront bon adopter,
comme à l'accoutumé, une posture culturaliste en estimant que
ces coups d'état sont des maux endémiques au Centrafrique, encore une fois ce
n'est que propagande la plupart furent soutenus par la France dans
une optique néocoloniale. Le processus consiste à porter au pouvoir un
dictateur - souvent inculte et made in France (comme
Eyadéma, Bokassa, Déby, Bongo....) - de manière à
régenter les intérêts français dans le pré-carré. Ce sont les
fameux "gouverneurs à peau noire" de nos néo-colonies (Tchad,
Centrafrique, Cameroun, Gabon, Togo, Congo,...). Cette politique africaine
de la France s'accompagne d'un discours politique méprisant à l'égard des
Africains légitimant de telles pratiques coloniales : "les Africains
sont naturellement joyeux", "ils ne sont pas mûrs pour la démocratie", "
vous savez dans ces pays là un génocide..." ou bien "si on ne les
aide pas à s'aider par eux-mêmes seulement deux cent millions
auront notre niveau de vie tandis que la majorité colportera le sida et la
misère" (lire
le florilège
d'ethnomanies). A y regarder de plus
près, ce sont bien les pratiques néocoloniales françaises qui plongent ces
peuples dans la misère en soutenant des dictatures maquillées ensuite en démocratures
et en instituant comme régent du pré-carré des crapules dont les armées se
fondent sur un pouvoir clanique dans la plus pure tradition coloniale. Ces dictateurs-amis
de la France et amis personnels des présidents français- sont
pour la plupart des criminels contre l'humanité qui laminent l'opposition
politique et servent les intérêts mercantiles de la métropole par
des accords léonins. Or les médias français, assujettis pour bon nombre au
lobby militaro-industriel (80% de l'édition française étant détenue
par des marchands d'armes), ne sont pas en mesure de penser cette
face cachée de la politique
africaine de la France et
reprennent en écho le fameux discours néocolonial à l'égard
des peuples africains. Dans le meilleur des cas ils veulent
bien reconnaître ces pratiques françafricaines comme relevant du
passé, dans le pire ils distillent un racisme de bon aloi qui n'est
pas sans affecter notre conception de la multiculturalité
française et la façon dont nous traitons et codifions nos
"sauvageons" et leur intégration républicaine dans l'espace
politico-médiatico-culturel (lire la fabrique). L'histoire métropolitaine et néocoloniale
s'influençant réciproquement au point que la façon dont nous traitons les
minorités françaises d'origine africaine emprunte beaucoup aux
représentations coloniales et néocoloniales. Quant au système
monarchique de la Vème république, il ne permet quasiment aucun
contrôle parlementaire de la politique
africaine de la France. En
d'autres termes les citoyens français n'ont pas la possibilité
d'être informé par le politique et de connaître les tenants et les
aboutissants de la politique menée en leur nom avec leurs impôts
en Afrique dans la plus grande opacité. Faits exceptionnels la
Mission d'Information Parlementaire Française sur le rôle de la
France concernant le génocide au Rwanda qu'elle avait qualifié
de manière scandaleuse (au regard des faits recensés et documentés) de
simple "erreur d'évaluation", avait préconisé un meilleur contrôle du
pouvoir exécutif par le parlement. Dix ans plus tard il n'en est
rien et l'on constate qu'un président peut décider seul (c'est à
dire sans contrôle démocratique) des représailles a effectuer en Côte d'Ivoire,
que l'armée française peut réprimer dans le sang une manifestation sans qu'il
n'y ait la moindre commission d'enquête à
l'Assemblée Nationale. Une omerta française dans la plus pure tradition
coloniale qui affecte l'ensemble de la société civile et politique. Ainsi les
crimes contre l'humanité au sein du pré-carré, légitimés par
les présidents français successifs - véritable
maréchaux des armées (encore seuls détenteurs de l'exécutif et chef
des états majors) - sont passés sous silence dans l'ancienne métropole par
des médias à la botte colportant un discours quasiment raciste sous
couvert d'un relativisme
culturel à l'égard de
ceux auxquels nous devons tant (économiquement par
l'accaparementde la rente des matières premières et des
marchés particulièrement juteux obtenus à vil prix pour nos
multinationales : Bolloré,
Bouygues, Total,
Pechiney,
Areva... ; culturellement et géopolitiquement par le rayonnement
international que procurent les voix des gouverneurs néocoloniaux au
conseil de sécurité de l'ONU, véritable levier de
la géopolitique française). On a coutume de dire que la France n'est grande
que lorsqu'elle monte sur les épaules de l'Afrique francophone mais c'est
au prix du plus profond mépris adressé aux francophones d'Afrique.
Passé sous silence donc : le massacre à caractère génocidaire des
Bamilékés au Cameroun par l'armée française,
la politique de sécession menée par le tandem De Gaulle-Foccart
au Nigéria qui fera des millions de morts au Biafra,
le soutien et la légitimation d'un génocide au Rwanda au coeur de l'exécutif français, la guerre
civile au Congo en 1997-1999 soutenue par Elf, l'Etat-major et l'Elysée, le
soutien inconditionnel à des potentats françafricains
et le trucage des élections africaines made in
France.
Centrafrique : une
histoire françafricaine. Dès la
pseudo-indépendance de l'ex Oubangui-Chari, la France a continué à
faire la pluie et le beau temps en son temple centrafricain. On
y retrouve le même mode opératoire que dans les
autres néo-colonies françaises (Tchad, Cameroun, Togo, Gabon,...). A
la veille de l'indépendance, Barthélemy Boganda, son principal
artisan, meurt dans un accident d'avion à ce jour inexpliqué. David Dacko
est alors porté au pouvoir par les riches planteurs français pour évincer
le représentant du peuple Abel Goumba successeur de Boganda hostile aux
intérêts français. Toujours conseillé par les militaires français, il
interdit le parti de l'opposition de feu Boganda et de Goumba pourtant
seuls à avoir été élu par le peuple puis interdit le multipartisme pour
consacrer la politique du parti unique (mode opératoire retrouvé
constamment dans les néocolonies françaises jusque dans les années 80).
Lorsqu'en 1964 Dacko finit par reconnaître la Chine populaire en appelant
à une étroite collaboration entre Bangui et Pékin c'en est trop pour
l'ancienne puissance coloniale qui le remplace par le tout jeune et
inexpérimenté jean-Bedel Bokassa. A l'instar de ce qui s'est passé au
Togo, un dictateur plutôt rustre sans grande éducation faisant
partie de l'armée coloniale française est placé à la tête de l'état
centrafricain. Bokassa est adoubé par le bras droit de De Gaulle, le bien
nommé Foccart, en ses termes « Après tout Bokassa était un
militaire très francophile ». Jean-Bedel Bokassa est
l'homme de la situation, formé dans l'armée française, ancien de l'Indochine
il sera toujours présent pour servir les intérêts français. Et l'on
parlera du Centrafrique comme d'un haut-lieu de la Françafrique distillant ses richesses
minières (diamants, or, bois) à son clan et aux
parrains françafricains. Le Centrafrique devient un haut-lieu de réjouissance pour
invités prestigieux de l'ex métropole : surprise-party, safari-party et
cadeautage en tout genre. Puis le dictateur françafricain, devenant trop
encombrant de par sa déraison mais aussi en raison de ses tentations
d'éloignement de la tutélaire métropole, est débarqué par
Paris.
En 1979, La France lance
l'opération « Barracuda », l'armée française prend Bangui, ramenant dans
ses bagages le président David Dacko. Sous le règne de Dacko, la
France renforce ses positions en Centrafrique et y place une force
militaire d'occupation de près de 1500 hommes pouvant irradier dans
toute la région et faire contre-poids aux appétits féroces
de la Libye. Dacko sera à nouveau renversé en 1981 par
le général Kolingba toujours conseillé par Paris instituant ainsi un
véritable régime tutélaire sous les bons offices du colonel de la DGSE
Jean-Claude Mantion. Pour Verschave, Kolingba fait de la
"figuration" tandis que Mantion a "carte blanche" et en
"profite pour asservir le pays a une stratégie toute militaire. Il
s'agit de maintenir la capacité d'entraînement et d'intervention
aéroportée des troupes françaises dans un vaste périmère africain incluant
les champs pétroliers du Golfe de Guinée. Il s'agit aussi d'étendre les
capacités d'action secrète dans les pays de la région : Zaïre, Tchad,
Rwanda, Soudan, Congo, etc..."[1].
Selon Verschave, "Mantion forme autour de Kolingba
une armée très majoritairement issue de l'ethnie présidentielle (on retrouvera les
mêmes procédés
au Tchad, au Togo, au Gabon, au Cameroun...ndlr). Il
généralise les écoutes téléphoniques, afin d'étouffer dans l'oeuf toute
vélléité d'opposition au régime". Le
journaliste Francis Laloupo [ 2] a résumé le système mis en place qui
encourageait la prédation et l'essor des trafics en tous genres.
|
NOUVEL AFRIQUE-ASIE février
1997 [2] |
| "Dans une économie de
comptoir, [...] on distribue des concessions minières à des
individus en mal d'aventures tropicales, de préférence d'origine
étrangère, française singulièrement, sur la base de contrats
d'ivrogne, vite rédigés, aux clauses fantaisistes, mais suffisamment
explicites pour se prémunir contre les indiscrétions et garantir les
commissions et ristournes réservées au pouvoir[...] Cette galaxie de
rustres[...] à la lisière du politique et du business tropical [...]
ne seraient pas étrangers aux évènements politiques en RCA. [...] En
Centrafrique bien davantage qu'ailleurs, ces chercheurs d'or et de
diamants [...] ont avec le temps et le laisser-faire des régimes
centrafricains, fixé de véritables territoires de puissance[...].
L'une des régions à fort rendement minier, Berberati, est classée
"zone d'activité militiare", et exclusivement occupée par l'armée
française". |
La stratégie du tout militaire atteint vite ses limites et entraîne de
nombreuses exactions dont les échos remontent parfois jusque dans
l'ancienne métropole. En 1994 Libération évoque les dérives
néocoloniales françaises en Centrafrique
:
|
LIBERATION des 11 et 12/05/94
(SURVIE) |
"Un siècle et demi de
présence militaire française en Afrique induit de curieux
raisonnements. Et la présence en Centrafrique d'une base militaire
au coeur de ce dispositif induit qu'on prenne ses aises en ce pays.
Le commandant du 2e REP Paul Serves a été condamné en 1994 à 4 ans
de prison. Il avait donné (transmis ?) l'ordre de ne pas faire
de prisonniers, lors d'une expédition de la Légion contre les
braconniers d'une réserve de chasse du Président centrafricain.
L'ordre a été exécuté. L'affaire a, exceptionnellement, été jugée.
Mais on ne saura pas ce qu'allait faire l'armée française dans cette
partie de garde-chasse en pays étranger, ni comment de tels ordres
ont pu, au moins jusqu'à ce niveau, paraître aller de soi. " On m'a
fait comprendre qu'il valait mieux que l'affaire reste à mon niveau
", a confié le commandant. En Centrafrique " régnait " en effet le
colonel Mantion, évoqué plus haut. Le point de vue du procureur est
significatif : " le contexte centrafricain [...] atténue très
largement les responsabilités des uns et des autres (94)".
94. D'après Libération des 11 et 12/05/94.
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Dans le
contexte du vent de démocratisation qui soufle sur l'Afrique
francophone au début des années 1990, la France somme Kolingba d'effectuer
des élections démocratiques qu'il perdra au profit
de Patassé lui-même en étroite collaboration avec les services
français et notamment avec un certain Paul
Barril.
Recruté par le nouveau président centrafricain Ange Felix Patassé qui
le paie avec l'argent du diamant et les fonds mis à sa disposition par les
services secrets libyens, Paul Barril était un proche du président
socialiste François Mitterrand dont il a dirigé la cellule anti-terroriste
à l'Elysée. Les réseaux mitterrandiens, pasquaïens et chiraquiens
cohabitent allègrement en Afrique. Barril, nouveau Denard de l'Afrique des grands lacs a été
chargé selon Verschave [
1] de constituer des réseaux de
mercenaires pour défendre le Zaïre de Mobutu face à l'avancées des soldats
de Kagamé puis de constituer une armée au service de Sassou N'Guesso
et enfin il a son royaume en Centrafrique ou une de ses nombreuses
entreprises, Secrets, était chargée de la sécurité du président Patassé.
Il a été a bonne école puisqu'il fut l'homme providentiel du gouvernement
intérimaire rwandais lors du génocide. Barril avec l'armée française
participa également à l'encadrement et à la formation
des soldats du gouvernement Habyarimana avant le génocide.
Barril déclarant lui-même à Playboy : « Kagame, l'actuel
vice-président du Rwanda (...) a mis un million de dollars sur ma
tête...ce qui ne m'empêche pas de vivre et d'avoir mis de mon côté la
sienne à prix ». Il est visiblement familier de ce genre de service
et a des appuis en haut-lieu.
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NOIR SILENCE. François-Xavier
VERSCHAVE [1] |
"Le 15 mai 1998 en
perquisitionnant la Tour Elf, Les juges Eva Joly et Vichnievsky
découvrent, on l'a vu, des notes du colonel Daniel - ex.Dgse. L'une
d'elles indique qu'en 1991, un certain « B » a rencontré le
dictateur Sassou Nguesso, brimé par la Conférence nationale
souveraine, et lui a propose d'assassiner ses opposants. La justice
française n'a pas exploité ces informations. Elle n'a pas demandé à
Paul Barril, qui, à cette époque, fournissait des mercenaires à
Sassou Nguesso, s'il connaissait ce monsieur « B ». Sur ses
pratiques en Afrique et ailleurs, il n'a de comptes à rendre ni aux
juges ni aux députés. A qui donc
alors?"
|
Dans sa néocolonie centrafricaine, l'armée
française continue à faire le gendarme et intervient à plusieurs
reprises au cours des opérations « Alamandin 1 et
2». En 1996 elle réprime des soldats qui réclament leurs
arriérés de salaires. L'armée française était devenue l'unique arbitre
entre Patassé et les mutins. L'Elysée gère politiquement la crise allant
jusqu'à couper les téléphones des leaders de l'opposition [1 ]. Elle intervient à
nouveau fin mai 1996 avec plus de 1400 soldats pour réprimer une
mutinerie au sein de l'armée centrafricaine. Il s'en trouve que des
émeutes anti-françaises éclatent à Bangui obligeant, comme en Côte
d'Ivoire 8 ans plus tard, les forces militaires
françaises d'occupation à évacuer les Européens tandis que les médias
français glosent sur l'Afrique sauvage avec ses despotes à leurs
têtes. Sur le plan international, la stratégie
française dans son ancienne colonie semble de plus en plus
critiquée et Patassé fort du soutien français n'hésite pas à
déclarer à Jacques Chirac : " tu nous a renvoyé l'ascenceur, tu
n'as pas à rougir de ce que tu as fait" (Bernard Langlois, Nos
bourbiers d'outre-mer, in Politis 30.05.1996 cité par Verschave [1]ibid, p.227). Ce
sont donc les forces africaines
et internationales onusiennes qui interviendront dominées essentiellement
par un noyau militaire franco-tchadien (avec le soutien du criminel
françafricain Idriss Déby). Le Centrafrique demeure une néocolonie
caricaturale, Bokassa, le proconsulat barbouzard du colonel Mantion,
l'exacerbation des clivages ethniques et la déliquescence du régime
Patassé sur fond de prédation des richesses du pays : diamants, or,
bois tandis que le peuple s'appauvrit de plus en
plus.
Malgré une réélection douteuse en 1999 avec 51,6% des voix
et le
soutien des parrains français, Patassé continue à mener d'une main de fer
le pouvoir tout en s'appuyant sur une légitimité libyenne et une partie de
la Françafrique. Sur fond de convoitise des richesses diamantifères et pétrolières
du pays, la Françafrique s'entredéchire mais comme toujours ce sont
les africains qui en font les frais. Devant
la gabégie de l'état et la paupérisation de la population, les coups d'états
se succèdent pour déstabiliser un Patassé dont la dérive criminelle du pouvoir semble
de plus en plus manifeste. D'autres part son rapprochement avec le Libyen
Khadafi n'est pas sans chatouiller les susceptibilités françafricaines.
Après maints coup d'Etats, celui de Bozizé en mars
2003 destitue Ange-Félix Patassé et le contraint à fuir au
nord du pays pour finir par se
réfugier au Togo.
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L'HUMANITE 12.03.05 [3] L'histoire mouvementée du "porte-avions"
français |
| "La réélection de Patassé en
1999 ne met pas fin à l'instabilité, sur fond de désaccords entre
clans français. Après une grave crise sociale en 2000,
une tentative de coup d'État est lancée en 2001 par Kolingba. Bien
équipés, les putschistes seraient soutenus par d'anciens mobutistes
et par des « Français nostalgiques ». Mais Patassé est
sauvé par l'intervention de la Libye. Côté français, des réseaux
différents semblent soutenir les camps qui s'affrontent. Nouvelle
tentative de putsch en 2002, menée cette fois par Bozizé, ancien
chef d'état-major de Patassé. Avec lui on retrouve les Tchadiens
d'Idriss Deby, grand ami de la France, quand Patassé est soutenu par
les Libyens et par Jean Pierre Bemba, chef du MLC, un mouvement
rebelle congolais. On semble assister à une coupure croissante entre
la France officielle et ses barbouzes. Lassée de Patassé, la
première est intéressée par les perspectives pétrolières
tchado-centrafricaines, quand les deuxièmes sont impliqués dans le
commerce du diamant. C'est en tout cas le bain de sang. Les sauveurs
du régime exercent leurs représailles sur les populations. En mars
2003, Bozizé réussi son coup et s'empare du pouvoir... Trois cent
soldats français débarquent dans la foulée du général putschiste.
Ils sont alors chargés de restructurer l'armée centrafricaine. Et,
pour couronner le dispositif, la France envoie en octobre le général
Jean-Pierre Pérez, nommé « conseiller en matière de défense du
président centrafricain »" |
Centrafrique : des élections en trompe
l'oeil Sur fond de guerre civile, alors qu'il ne contrôle plus
que les deux tiers du pays, le général Bozizé (qui doit son grade à
Bokassa) a poursuivi la même politique que ses
prédécesseurs associant système répressif et pillage des richesses de
son pays à des fins françafricaines et personnelles. Selon la Lettre du
Continent repris dans Le Monde [4],
lors d'un voyage à Düsseldorf, les policiers allemands l'ont pris la
main dans le sac transportant une valise de diamants. Bozizé comme
ses prédécesseurs, conseillé par les mêmes parrains a verrouillé le
scrutin présidentiel en excluant les candidats potentiellement
dangereux pour "assurer sa propre succession". Un rapport
de la FIDH [5] publié récemment
met en avant "les graves violations des droits de l'Homme commises
contre la population civile qui ont émaillé la période de transition. Il
insiste notamment sur les exécutions sommaires perpétrées par les forces
de sécurité avec l'aval implicite des autorités de l'Etat". Cette
impunité hypothèque très lourdement les lendemains démocratiques annoncés
par le général Bozizé en réponse aux exhortes internationales. Bozizé
s'est servi d'une audience judiciaire précipitée, le 22 décembre 2004,
pour relancer contre Patassé des accusations de «crimes de sang et de
crimes économiques» afin de l'écarter de la joute présidentielle [6]. Ainsi la cour criminelle centraficaine
visant à juger "les crimes de sang et les crimes économiques" du
régime d'Ange-Félix Patassé a tourné rapidement en eau de boudin. Elle ne
visait qu'à trouver un prétexte pour empêcher tout retour sur la scène
politique de l'ancien dictateur. Les violatons des droits de l'homme
constatés pendant la première tentative de coup d'état de Bozizé mettaient
en cause le président déchu, Ange-Félix Patassé, ses miliciens et ses
alliés, le Congolais Jean-Pierre Bemba, le Tchadien Miskine ainsi que Paul
Barril : Abdoulaye
Miskine et Paul Barril le sont pour atteinte à la sûreté intérieure et
extérieure de l'Etat, pour "intelligence avec les puissance étrangères, de
complicité d'assassinat, de coups mortels, d'arrestation et de
séquestration arbitraire, de vols, de viols et pillage" [5],
mais des ex-rebelles de Bozizé pourraient etre impliqués.
Les élections prochaines telles qu'elles se déroulent apparaissent
comme un plaidoyer pour les démocratures françafricaines. Ces
dictatures sont maquillées en démocratie par les bons soins parisiens à
l'aide d'élections le plus souvent truquées. Il ne s'agit rien de moins
que de l'habillage "démocratique" d'un coup d'état. La FIDH a repéré
de nombreux dysfonctionnements à tous les niveaux du recensement d'octobre
2004 et du référendum de décembre 2004 ainsi que dans le traitement
politique et médiatique des candidats. Selon la FIDH "Tous
les doutes sont permis pour les futures
élections".
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FIDH 04.03.05 [5] Fin de la transition
politique sur fond d'impunité - Quelle réponse apportera la CPI
? |
|
...Le rapport détaille également les
démarches du chef de l'Etat auto proclamé pour verrouiller en amont
le scrutin présidentiel en vue d'assurer sa propre succession et
présente les risques de dysfonctionnements et de fraudes à
l'occasion du vote du 13 mars (p.11-21) :
1.Nomination de proches du
pouvoir au sein de la Commission électorale mixte indépendante,
chargée de contrôler le bon déroulement des processus électoraux. De
fait, les dysfonctionnements constatés le jour du référendum
constitutionnel le 5 décembre 2004 et lors du dépouillement n'ont
pas été sanctionnés.
2.Placement des proches
collaborateurs de Bozizé à la tête de la Cour constitutionnelle de
transition. Cette composition partisane a été à l'origine de la
« crise des candidatures » qui a vu dans un premier temps
la Cour recaler 7 candidats à la course présidentielle avant que la
médiation gabonaise ne remette ces derniers en lice, à l'exception
de l'ex Président Ange-Félix Patassé.
3.Audiencement à la hâte le
22 décembre 2004 du procès contre les anciens tenants du régime pour
crimes de sang et crimes économiques permettant au général Bozzizé
de confirmer pour « défaut de moralité » l'éviction de la
candidature de son principal adversaire politique, Ange Felix
Patassé.
Le rapport insiste enfin sur la procédure
judiciaire lancée contre Ange-Félix Patassé, Jean-Pierre Bemba,
Abdoulaye Miskine, Paul Barril et consorts (p.27-39) pour crimes de
sang.
Dans ce cadre, le 16 décembre 2004, la
justice centrafricaine a considéré que les poursuites contre les
auteurs de crimes de sang, commis à l'occasion du coup d'Etat de
Bozizé, relevaient de la compétence de la Cour pénale internationale
(CPI). Cette décision a été confirmée par la saisine de la CPI par
l'Etat centrafricain le 23 décembre 2004.
Devant le refus de la justice
centrafricaine de juger les crimes de sang, la FIDH demande donc au
Procureur de la CPI d'ouvrir immédiatement une enquête pour
satisfaire les attentes des victimes et répondre aux objectifs de la
Cour définis dans son Statut : « mettre un terme à
l'impunité des auteurs des crimes [internationaux] et concourir
ainsi à la prévention de nouveaux crimes. »
... |
Lorsque les coups d'états, le
trucage des élections ne suffisent plus on envoit des
mercenaires français en "col blanc" modifier les constitutions
des kleptocrates françafricains pour leur tailler des
lois sur mesure leur permettant de se présenter à vie aux
présidentielles dont le résultat sort invariablement en leur
faveur ( Biya, Bongo, Eyadéma, Sasou, Déby...) sous la
bienveillance de l'Organisation Internationale de la Francophonie (OIF).
Ces constitutionnalistes, dont le fameux Charles Debbasch, sont
rodés à ce genre d'exercice antidémocratique. Poursuivi par la justice
française en France, il vit à Lomé au frais du contribuable Togolais. En
France, on le suspecte
d'avoir abusé de son poste de président de la
Fondation Vasarely pour détourner à son profit des oeuvres du peintre et
450 000 euros. En Afrique Debbasch est accueilli en roi dans le
pré-carré français. Il a déja fourni ses bons offices à Sassou et Eyadéma
avec probablement le feu orange de l'Elysée. Il s'est d'ailleurs vanté
d'avoir inspiré le tour de passe-passe juridique qui a permis à Faure
Gnassingbé de succéder à son père[
7]. Quant à Pierre Mazeaud selon la LDC [8], il devrait être le "constitutionnaliste" du
fils Kabila en vue des prochaines élections en
RDC.
L'élection présidentielle supervisée par
l'Organisation Internationale de la Francophonie, par l'Union
Européenne ne laisse présager rien de bon. Selon la LDC [9
] "Malgré les conseils de Paris
pour qu'il "s'offre" un deuxième tour à la présidentielle du 13 mars, le
président François Bozize opterait plutôt pour un premier tour avec une
fourchette comprise entre 51% et 55% des voix." A moins
que Bozizé attende le deuxième tour pour être consacré, ce qui serait unique
dans les annales de la Françafrique.
Bozizé aurait le soutien des criminels françafricains de
la région : Idriss Déby, Sassou NGuesso et Paul Biya.
Références
:
1. François Xavier Vershave, Noir silence. Qui arrêtera la
Françafrique ? Éditions Les Arènes, 2000.
2. Francis Laloupo, comptoir colonial en péril. Nouvel Afrique-Asie février
1997
3. Camille Bauer, L'Humanité
12.03.05 L'histoire mouvementée du "porte-avions"
français
4. Jean-Pierre Tuquoi, Le Monde 12.03.05 La Centrafrique élit son
chef de l'Etat sur fond de marasme
économique
5. FIDH
04.03.05 - Fin de la transition
politique sur fond d'impunité - Quelle réponse apportera la CPI
? - « Fin
de la transition politique sur fond d'impunité - Quelle réponse apportera
la Cour pénale internationale » Le rapport en format PDF.
6. Monique Mas, RFI 04.03.05 Selon la FIDH, «la fête démocratique
n'aura pas lieu»
7. Le Canard Enchaîné 09.02 Le réseau France-Afrique.
8.
LDC 10.03.05 Pierre Mazeaud "constitutionnaliste" de Kabila
Jr
9. LDC
10.03.05 Bozizé I, au 1er tour avec 53%?
PRESSAFRIQUE
12.03.05 |