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 PRESSAFRIQUE 12.08.05
Les affameurs de la RDC
Partie 1 : le pillage économique


- Le Rwanda : cassitérite et coltan
- L'Ouganda : l'or
- Le Congo-Brazzaville : les diamants



Selon un rapport de l'ONU (S/2005/436 ) publié début aout, les pertes subies par l'économie et le trésor public de la RDC  sont énormes au regard de l'écoulement occulte des minerais (Coltan, Or, Cassitérite) par les groupes armés du Kivu et de l'Ituri. Celui-ci se fait vers des filières rwandaises et ougandaises mais aussi vers le Congo-Brazzaville en direction du Liban (
Global Witness )notamment pour les 'diamants de sang'. En Ituri, selon les Nations Unies, les chefs rebelles se sont substitués aux autorités congolaises pour collecter les impôts, leurs groupes armées empochent plus de 50% des impôts abusivement collectés grâce à la terreur qu'ils font régner sur les civils. Dans les rapports publiés, notamment celui de l'ONU, d'Amnesty International et de Global Witness, il est constaté que les exportations officielles de la RDC ont chuté de manière drastique tandis que l'exportation des mêmes minerais dans les pays limitrophes ont augmenté de manière exponentielle.

Le Rwanda exploite frauduleusement la cassitérite et le coltan de la RDC
 Alors que le Rwanda ne produit quasiment pas de cassitérite, l'exportation de ce minerai a considérablement augmenté depuis la guerre civile qui ravage la RDC.

LE CONSEIL RECONDUIT JUSQU'AU 31 JUILLET 2006 L'EMBARGO SUR LES ARMES IMPOSÉ À TOUS LES GROUPES OPÉRANT DANS LES KIVUS ET L'ITURI, EN RDC
« Pour ce qui est des exportations de cassitérite par le Rwanda, le Groupe d'experts note d'abord que la RDC, producteur établi, n'a exporté en 2004 que 6 098 tonnes de ce minerai pour une valeur d'un peu plus de 5 millions.  Ceci est très inférieur aux exportations rwandaises qui, selon les chiffres fournis par le Gouvernement de ce pays, se sont élevées à plus de 15 millions de dollars en 2004. »


Selon le rapport de Global Witness, le Rwanda exporte cinq fois plus de cassitérite qu'il n'en produit. Aucune taxe professionnelle n'est prélevée par les douanes congolaises sur ce minerai. Un commerce très lucratif qui profite aux acheteurs agréés en Afrique australe et surtout en Europe. D'après le rapport de l'ONU et Amnesty International, le Rwanda a mis à la tête des comptoirs miniers de Goma et de Bukavu tels que Grands Lacs Metals et Rwanda Metals  des officiers rwandais et des businesmen en lien étroit avec le Bureau Congolais du gouvernement rwandais permettant ainsi d'exporter directement vers le Rwanda puis sur le marché international le coltan et d'autres minerais tels que la cassitérite, l'or et les diamants. Des avions de l'armée rwandaise ainsi que les avions de Victor Bout serviraient selon Amnesty International à l'évacutation du coltan de la RDC vers le Rwanda.  

AMNESTY INTERNATIONAL 05.07.05
Democratic Republic of Congo : arming the east

« "The bulk of coltan exported from the eastern Democratic Republic of the Congo, as much as 60 to 70 per cent, has been mined under the direct surveillance of RPA mining détachés and evacuated by aircraft from airstrips near mining sites directly to Kigali or Cyangugu. No taxes are paid. Rwandan military aircraft, Victor Bout's aircraft and small airline companies are used in the evacuation of the coltan.. The Congo Desk's contribution to Rwanda's military expenses would therefore have been in the order of US$320 million. The activities funded by revenues generated by the Congo Desk strongly shape Rwanda's foreign policy and directly influence national decision-making in a number of domains. These transactions are, however, hidden from the scrutiny of international organizations." (123) »


L'Ouganda exploite frauduleusement l'or de la RDC
Même constat pour l'or en Ouganda. Selon les données fournies par le Groupe d'experts de l'ONU :
  

ONU 26.07.05
Rapport du Groupe d'experts sur la République démocratique du Congo (S/2005/436
« La RDC a exporté en 2004 647,85 kilos d'or, évalués à 7 450 000 dollars. Cependant, le Groupe a constaté, en examinant les comptes d'une seule grosse société de commerce de l'or basée à Kampala, qu'une quantité de 300 à 350 kilogrammes d'or congolais est exportée chaque mois, soit 3 600 à 4 200 kilos par an. Si à cette société on ajoute deux autres officines à Kampala, dont le Groupe a connaissance et qui s'occupent presque uniquement d'exporter l'or congolais, le volume réel des exportations annuelles d'or de la RDC vers l'Ouganda passe de 5 400 à 6 000 kilogrammes, d'une valeur commerciale bien supérieure à 60 millions de dollars. » (p.22).

Un précédent rapport de Human Rights Watch a révélé des liens directes entre des entreprises internationales et des seigneurs de guerre qui gardent la haute main sur les activités minières de l'Ituri et du Kivu. Ce rapport publié en juin révèle comment l'entreprise AngloGold Ashanti faisant partie du conglomérat international Anglo American a rétribué une milice meurtrière, le Front National Intégrationniste (FNI), participant ainsi aux atrocités commises dans le district de l'Ituri. Après avoir chassé les milices armées par le Rwanda, ces miliciens transformés en hommes d'affaires et armés par l'Ouganda règnent en maître absolu sur les mines de Mongbwalu. Ces combats pour le contrôle de la ville de Mongwalu entre juin 2002 et septembre 2004 ont coûté la vie à plus de 2000 civils. Une partie de l'or provenant de ces mines est destinée à la Suisse. Suite aux pressions de Human Rights Watch l'entreprise suisse Metalor Technologies qui avait déjà acheté de l'or à l'Ouganda a annoncé qu'elle allait suspendre ses achats d'or auprès de ce pays.
Pour Human Rights Watch  « Les seigneurs de la guerre locaux utilisent les ressources naturelles pour soutenir leurs activités sanglantes. Tout type d'appui apporté à de tels groupes, directement ou indirectement, doit cesser ».  


Le Congo-Brazzaville exploite frauduleusement les diamants de la RDC
Quant au Congo-Brazzaville il est devenu le lieu de transit des « diamants de sang » exportés frauduleusement vers le Liban d'après
Global Witness . Les enquêtes de cette ONG ont révélé que le Liban avait importé pour 156 millions de dollars de diamants bruts en provenance du Congo-Brazzaville. Un pays montrant, d'après le processus de Kimberley, un grand décalage entre sa production de diamants et ses exportations.

GLOBAL WITNESS 12.08.05
Lebanon diamond imports from Republic of Congo overshadow Kimberley Bid 
Investigations by Global Witness have discovered that according to Lebanese Customs data, Lebanon imported rough diamonds worth US$156 million from the Republic of Congo (ROC), a country removed from the Kimberley Process Certification Scheme (KPCS) last year for having a "massive discrepancy" between its diamond production and exports.

While rough diamond trading outside of the KPCS is legal between non-participants, these imports from the ROC throw serious doubts on Lebanon's commitment to counter the trade in conflict diamonds and cast a shadow on its current efforts to join the Kimberley Process.


Pour Global Witness, le processus de Kimberley devrait exclure le Liban tant que les autorités de ce pays ne déclareront pas la valeur du stock de diamants bruts qu'elles détiennent et son origine. En commerçant avec un pays tel que le Congo-Brazzaville exclu pour avoir violé les principes du traité de Kimberley, le Liban se moque des lois internationales en vigueur et des normes éthiques sur la production, l'exportation et le commerce des diamants bruts.

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Prochainement
Les affameurs de la RDC (2) : les livraisons d'armes