PRESSAFRIQUE

              Retour
 LE ROI LEOPOLD II : CRIMINEL CONTRE L'HUMANITE.
EXTERMINEZ TOUTES CES BRUTES, VOYAGE AU COEUR DES TENEBRES.
                                        

Voici un siècle, le roi Léopold II fit à son peuple l'encombrant cadeau d'un pays-continent, le Congo. A l'instar de François Mitterrand au Rwanda , Léopold II, roi de Belgique, derrière un visage humaniste cachait un visage monstrueux. Soucieux de passer à la postérité et de régner sur un royaume avec les pleins pouvoirs il décida de s'inviter au partage du gateau colonial et d'obtenir une concession coloniale. Après avoir essayé en vain, il finit par sponsoriser les explorations  du « civilizator »  Henri Morton Stanley qui civilisait les nègres à la mitraillette au Congo.   Lors de la conférence de Berlin de 1885, après maintes manoeuvres diplomatiques,la possession  du Congo (futur Congo Belge) lui fut attribuée à titre personnel. Le roi Léopold II nomma sa nouvelle propriété : « Etat Indépendant du Congo ». La politique menée par le roi Léopold II au Congo constitue à bien des égards une préfiguration du génocide européen.

Léopold II proclama son intention de civiliser le Congo en l'ouvrant au christianisme et au commerce, et de protéger ses habitants de l'esclavage pratiqué par certaines tribus arabes.  Ce fut l'apocalypse pour les habitants du Congo. Un « holocauste oublié de 10 millions de morts » entre 1880 et 1920 selon Adam Hochschild (Les fantômes du roi Léopold ) 

 Même si l'on ne peut pas parler de génocide car il n'y avait pas intention d'exterminer un peuple pour ses origines, les massacres de masse réalisés par Léopold II à des fins mercantiles préfigurent dans une certaine mesure l'ignominie qui aura lieu en Europe cinquante ans plus tard. Il n'y a pas de césure radicale entre les massacres coloniaux et la Shoah mais une continuité comme l'explique Hannah Arendt dans son ouvrage "L'impérialisme. Les Origines du totalitarisme", publié en 1951. L'impérialisme rend le racisme nécessaire pour justifier ses actes : « Là sous le nez de tout le monde, se trouvaient un grand nombre des éléments qui, une fois réunis, pouvaient créer un gouvernement totalitaire sur la base du racisme ». Selon Sven Linquist, dans Exterminez toutes ces brutes, beaucoup oublie qu'Hannah Arendt tenait les « massacres terribles » et les « meurtres sauvages » des impérialistes européens pour responsables « de l'introduction triomphante de tels moyens de pacification dans des politiques étrangères banales et responsables  », engendrant ainsi le totalitarisme et ses génocides. On y retrouve la même animalisation et infériorisation de l'Autre à partir d'un discours pseudo-scientifique hérité de Darwin et dénaturé au travers des thèses de Gobineau. Ce discours raciologique, accolé aux théories de l'eugénisme selon lesquels les peuples ou les individus ''dénaturés'', amenés de toute manière à disparaître, doivent être éliminés pour purifier la « race », «le peuple », a fourni le matériau idéologique nécessaire pour conditionner les masses au pire et justifier l'innommable. « L'extermination des brutes » : voyage au Coeur des ténèbres.

« J'ai été tellement choqué, votre Excellence, par les histoires racontées par les autochtones que j'ai pris la liberté de leur promettre que dorénavant vous les tuerez seulement pour les crimes qu'ils commettront ».
John Harris, Missionnaire à Baringa.

« L'exploitation du Congo fut le plus grand crime contre l'humanité jamais commis dans l'histoire de l'humanité »
Sir Arhur Conan Doyle, Letters to To The Press, 1909.

« La colonisation du Congo fut la plus infâme ruée sur un butin ayant jamais défiguré l'histoire de la conscience humaine ».
Joseph Conrad, Heart of Darkness : An authoritative text, Background and Sources ; Criticism.


Dès 1872, le roi Léopold II, qui n'ira jamais sur sa propriété personnelle du Congo, a mis en place une gigantesque entreprise d'appropriation et d'exploitation éhontée d'un territoire et de ses habitants lesquels sont privés de tout pouvoir politique mais aussi de la propriété de leurs terres et des ressources naturelles produites par celles-ci. Les Congolais payeront de leurs vies l'appétit insatiable du roi  Léopold II pour s'accaparer l'ivoire puis le caoutchouc qui nécessitait un travail harassant et douloureux. Pour parvenir à ses fins, Léopold II eut recours a un véritable système d'esclavage par le travail forcé et par la terreur. Les villages étaient brûlés, les habitants contraint à travailler en échange de leurs vies sauves et de rien d'autres.
Ce trafic très lucratif se fait sauvagement : asservissement des populations autochtones, déportations, travail forcé avec prise d'otage des femmes et des enfants pour obliger les hommes à travailler à la cueillette extrêmement pénible du latex. Les villages sont rasés, les actes de torture avec mutilations  sont courant, quand il ne s'agit pas de massacres de masse. Outre le fouet en peau d'hippopotame : la « chicotte » - innombrables sont les cas de flagellation à mort -, pour chaque balle fournie aux soldats oeuvrant pour le roi Léopold II il est demandé de ramener la main coupée du cadavre.


- MAIN COUPEE

                                                                                        

Les officiers européens exigeaient la preuve que les balles étaient utilisées pour abattre quelqu'un, et non pour chasser ou pour préparer une mutinerie. Cette preuve, c'était une main, coupée au cadavre. Ce qui explique certaines mains coupées à des indigènes vivants, pour justifier une balle en réalité utilisée à chasser. Léopold, accusé, répondait avec mépris : ''Les mains coupées, mais c'est idiot !. Je leur couperais bien tout le reste, mais pas les mains. C'est la seule chose dont j'ai besoin au Congo ! ''


« Pour faire du caoutchouc, il faudra couper des mains, des nez et des oreilles. »
Charles Lemaire, Belgique et Congo, cité par Daniel Vangroewe, Du sang sur les lianes, p.46.

« Si un village, refusait de se soumettre à ce régime, des troupes de l'Etat ou d'une compagnie ou leurs alliés abattaient parfois toute la population en vue, de manière à bien faire parvenir le message aux villages voisins. Mais en de telles occasions, certains officiers européens se montraient méfiants. Pour chaque cartouche fournie à leurs soldats, ils exigeaient la preuve que la balle avait été utilisée pour tuer quelqu'un, et non ''gâchée'' ».
(Adam Hochschild, Les fantômes du roi Léopold).

 

  

Voir le dossier complet sur ce sujet sur  un excellent site belge  www.cobelco.org.

Pressafrique