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Le
débat suscité par la loi du 23 février 2005 sur
« les aspects positifs de la
colonisation » a peu donné la parole aux
acteurs de l'histoire. Pour la première fois,
Marthe Moumié, aujourd'hui âgée de 75 ans,
témoigne. Elle a lutté pour l'indépendance de son
pays, le Cameroun, et l'a payé au prix fort :
séparation forcée d'avec sa fille, arrestation,
torture, emprisonnement, exil, assassinat de son
mari , le célèbre leader nationaliste camerounais
Félix Moumié, par les services secrets français en
1960 à Genève.
Pour fuir les
persécutions de l'administration coloniale, le
couple Moumié a dû vivre dans la clandestinité,
avant de se réfugier au Soudan puis en Egypte, où
ils sont accueillis par le président Nasser. Leur
fille Hélène doit suivre sa scolarité en Chine,
séparée de ses parents. Après l'assassinat de son
mari, Marthe Moumié tente de reconstruire sa
vie : elle rencontre un militant nationaliste
équato-guinéen, Athanasio Ndong, qui lutte contre les
colons espagnols dans son pays. La vie de Marthe
Moumié bascule à nouveau lorsque Athanasio est à son tour
assassiné en 1969 alors qu'il est à la tête d'un
parti politique en Guinée. Elle est aussitôt
arrêtée, battue et torturée. Alors qu'elle demande
d'être exilée en Guinée Conakry où repose le corps
de son mari, les autorités équato-guinéennes décident de
la renvoyer au Cameroun où elle sera à nouveau
emprisonnée et maltraitée. Marthe Moumié passera
encore cinq ans en prison et sera libérée le 14
juillet
1974.
Malgré toutes ces années
de souffrance, Marthe Moumié ne garde ni haine ni
rancune contre la France. Elle souhaite que son
témoignage aide la jeunesse à connaître l'histoire
du colonialisme telle que l'ont vécue les peuples
colonisés.
Dans son livre, Marthe
Moumié évoque aussi ses rencontres avec les chefs
d'Etat tels le Guinéen Sékou Touré, le Ghanéen
Kwame Nkrumah,
l'Egyptien Nasser, le Chinois Mao-Tse-Toung, le Vietnamien
Ho-Chi-Minh et
l'Algérien Ben Bella. A
près de 78 ans, c'est avec émotion qu'Ahmed Ben
Bella a accepté de
préfacer ce livre et de porter son regard sur
l'histoire coloniale dont il a été également
victime et acteur de premier plan. Ben Bella a participé à la guerre
contre les Nazis et à la Libération de la France
au sein de l'armée française. Puis il a été l'un
des leaders de la lutte pour l'indépendance
algérienne avant de devenir le premier président
de l'Algérie indépendante en
1963. |
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AFFAIRE FELIX MOUMIE
02.10.1960 |
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RESEAU VOLTAIRE 02.03.1964 Massacres
français au Cameroun Sous la direction de
l'armée française, les troupes camerounaises
rasent le bourg de Yogandima, massacrant près de
8 000 civils désarmés. Depuis 10 ans,
l'administration coloniale fait face à
l'opposition de l'Union populaire du Cameroun
(UPC). Le haut-commissaire français Pierre Messmer
a organisé l'assassinat de nombreux leaders de
l'UPC, ainsi que des expéditions punitives. À
l'indépendance, le 1er janvier 1960, Jacques
Foccart y installe un gouvernement fantoche,
présidé par son ami Ahmadou Ahidjo. Le jour même,
le jeune État signe un accord d'assistance
militaire avec la France. Charles de Gaulle
dépêche cinq bataillons, commandés par le général
Max Briand. Entre février et mars cent
cinquante-six villages bamilékés sont incendiés et
rasés. Des dizaines de milliers de personnes sont
massacrées. De cette terrible répression, la
presse française, muselée et aveuglée par la crise
algérienne, ne dira mot. Finalement, le 2 octobre,
le leader de l'UPC, Felix Moumié, est assassiné à
Genève par les services secrets français.
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