VICTIME DU COLONIALISME FRANCAIS.
Mon mari Félix Moumié

 

 VICTIME DU COLONIALISME FRANCAIS
Mon mari Félix Moumié
De Marthe Moumié
Editions Duboiris

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CAMEROUN 1960-1964
massacres coloniaux en pays Bassa et Bamilékés

Sortie le 29 mars 2006
 VICTIME DU COLONIALISME FRANCAIS
Mon mari Félix Moumié
par Marthe Moumié

Le débat suscité par la loi du 23 février 2005 sur « les aspects positifs de la colonisation » a peu donné la parole aux acteurs de l'histoire. Pour la première fois, Marthe Moumié, aujourd'hui âgée de 75 ans, témoigne. Elle a lutté pour l'indépendance de son pays, le Cameroun, et l'a payé au prix fort : séparation forcée d'avec sa fille, arrestation, torture, emprisonnement, exil, assassinat de son mari , le célèbre leader nationaliste camerounais Félix Moumié, par les services secrets français en 1960 à Genève.

Pour fuir les persécutions de l'administration coloniale, le couple Moumié a dû vivre dans la clandestinité, avant de se réfugier au Soudan puis en Egypte, où ils sont accueillis par le président Nasser. Leur fille Hélène doit suivre sa scolarité en Chine, séparée de ses parents. Après l'assassinat de son mari, Marthe Moumié tente de reconstruire sa vie : elle rencontre un militant nationaliste équato-guinéen, Athanasio Ndong, qui lutte contre les colons espagnols dans son pays. La vie de Marthe Moumié bascule à nouveau lorsque Athanasio est à son tour assassiné en 1969 alors qu'il est à la tête d'un parti politique en Guinée. Elle est aussitôt arrêtée, battue et torturée. Alors qu'elle demande d'être exilée en Guinée Conakry où repose le corps de son mari, les autorités équato-guinéennes décident de la renvoyer au Cameroun où elle sera à nouveau emprisonnée et maltraitée. Marthe Moumié passera encore cinq ans en prison et sera libérée le 14 juillet 1974.
Malgré toutes ces années de souffrance, Marthe Moumié ne garde ni haine ni rancune contre la France. Elle souhaite que son témoignage aide la jeunesse à connaître l'histoire du colonialisme telle que l'ont vécue les peuples colonisés.
Dans son livre, Marthe Moumié évoque aussi ses rencontres avec les chefs d'Etat tels le Guinéen Sékou Touré, le Ghanéen Kwame Nkrumah, l'Egyptien Nasser, le Chinois Mao-Tse-Toung, le Vietnamien Ho-Chi-Minh et l'Algérien Ben Bella. A près de 78 ans, c'est avec émotion qu'Ahmed Ben Bella a accepté de préfacer ce livre et de porter son regard sur l'histoire coloniale dont il a été également victime et acteur de premier plan. Ben Bella a participé à la guerre contre les Nazis et à la Libération de la France au sein de l'armée française. Puis il a été l'un des leaders de la lutte pour l'indépendance algérienne avant de devenir le premier président de l'Algérie indépendante en 1963.

 AFFAIRE FELIX MOUMIE 02.10.1960

RESEAU VOLTAIRE 02.03.1964
Massacres français au Cameroun
Sous la direction de l'armée française, les troupes camerounaises rasent le bourg de Yogandima, massacrant près de 8 000 civils désarmés. Depuis 10 ans, l'administration coloniale fait face à l'opposition de l'Union populaire du Cameroun (UPC). Le haut-commissaire français Pierre Messmer a organisé l'assassinat de nombreux leaders de l'UPC, ainsi que des expéditions punitives. À l'indépendance, le 1er janvier 1960, Jacques Foccart y installe un gouvernement fantoche, présidé par son ami Ahmadou Ahidjo. Le jour même, le jeune État signe un accord d'assistance militaire avec la France. Charles de Gaulle dépêche cinq bataillons, commandés par le général Max Briand. Entre février et mars cent cinquante-six villages bamilékés sont incendiés et rasés. Des dizaines de milliers de personnes sont massacrées. De cette terrible répression, la presse française, muselée et aveuglée par la crise algérienne, ne dira mot. Finalement, le 2 octobre, le leader de l'UPC, Felix Moumié, est assassiné à Genève par les services secrets français.

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