PRESSAFRIQUE


L'INFAMANTE ACCUSATION DE « COMPLICITE » DE LA FRANCE EST PORTEE AVEC MOULT PREUVES.

                                   

Le lobby politico-militaro-industriel de la françafrique, au travers de relais médiatiques complaisants, nie sciemment une partie de la réalité concernant son implication dans le génocide au Rwanda pour éviter toute remise en cause. Il faut dire que bon nombre risque leur tête ; un procès attenté à certains de ses représentants, qui ont fourvoyé l'honneur des citoyens français en choisissant le camp du génocide, marquerait sans aucun doute la fin de la françafrique et de l'ère néocoloniale. Les enjeux sont donc de taille. Pour faire face aux critiques de journalistes résistants et à « l'infamante accusation », ils ont mis en place une rhétorique dont nous livrons le caractère éhonté et négationniste.

Cette rhétorique est basée sur une construction raciologique selon laquelle le génocide rwandais était en fait un massacre interethnique si coutumier aux pays africains ; en somme ce serait dans la ''race'' des africains de s'entretuer. Le terme « génocide » est donc banni, il fut remplacé par « génocides » au pluriel puis par « massacres ». Ce révisionnisme bon teint est renforcé ici par un discours ethniste (aux soubassements racistes) méprisant à l'égard des peuples africains.

En fait cette rhétorique fut déjà la ligne de défense des militaires de l'état-major et de nombreux responsables politiques lors de la mission d'information parlementaire sur le Rwanda. Nous en reprenons les grandes lignes et le schéma directeur :

-L'oeuvre française au Rwanda aurait contribué à renforcer la paix dans ce pays en consolidant le régime Habyarimana grâce à l'opération Noroît contre l'invasion étrangère du FPR (extérieur)soutenu par le voisin anglosaxon ougandais (et donc américain) - puis à renforcer au Rwanda le processus démocratique (intérieur) - Le FPR en réalisant l'attentat contre l'avion du général Habyarimana aurait déchaîné la haine de la population, poussée par les extrémistes, qui se serait livrée à de gigantesques massacres contre la population Tutsi accusée d'être responsable de l'attentat et de la guerre civile -Les massacres ayant été fait à la machette, la France n'est donc pas responsable puisqu'elle n'a livré que des armes à feu avant les massacres- Lors des massacres, seule la France est intervenue pour les arrêter en lançant l'opération Turquoise et cela afin d'éviter les massacres interethniques entre Hutu et Tutsi- La France n'a donc pas à faire d'excuses au Rwanda.

Nous allons confronter ce discours aux éléments de réalité que les négationnistes oublient sciemment.

Des preuves montrent que sans la France jamais le génocide au Rwanda n'aurait pu avoir lieu tout simplement parce que le régime moribond d'Habyarimana et son Akazu (faction extrême du pouvoir gravitant autour du clan de la femme du président : Agathe Habyarimana) a été porté à bout de bras par la France.

Quelques faits documentés :

1. Le régime Habyarimana ayant perpétré le génocide au Rwanda a été maintenu au pouvoir de 1990 à 1994 grâce à l'aide militaire française.

2. La France n'a pas aidé à la démocratisation de la vie politique interne au Rwanda entre 1990-1994, elle a soutenu la radicalisation du pouvoir de Habyarimana en appelant à un véritable « front de race ».

3. Après l'attentat du Falcon d'Habyarimana, certains dignitaires de l'Akazu ayant participé aux réseaux zéros ont été évacué par les militaires français sous couvert d'une opération humanitaire lors de l'opération Amaryllis.

4. Le Gouvernement Intérimaire Rwandais (GIR) qui a organisé et encadré le génocide d'avril à juin 1994 a été formé dans l'ambassade de France de Kigali en présence de l'ambassadeur français, le soutien au GIR s'est fait en plein génocide par la réception de certain de ses membres à l'Elysée et à Matignon fin avril 1994.

5. L'opération Turquoise n'a pas arrêté le génocide mais contribué à protéger les génocidaires et leur GIR.

6. Dans la zone humanitaire sûre française au Zaïre, les livraisons d'armes aux FAR ont continué, les massacres réalisés par les miliciens ont repris de plus belle.

7. Actuellement en 2004, Agathe Habyarimana tête de l'Akazu, que Kigali accuse de planification de génocide, a été reçu aux voux de la francophonie. Les membres de la famille Habyarimana et leurs soutiens rwandais ont été autorisé à défiler le 6 avril 2004 (date anniversaire de l'attentat du Falcon du président Habyarimana) sur le parvis des droits de l'homme au Trocadéro, autorisation refusée pour la manifestation des victimes du génocide le 7 avril 2004 (date anniversaire du début du génocide).

1.Le régime Habyarimana a été maintenu au pouvoir de 1990 à 1994 grâce à l'aide militaire française.

On peut le dire sans ambages : sans l'action française au Rwanda (avec nos impôts) jamais le génocide de 1994 n'aurait eu lieu. Pour la bonne et simple raison que le régime moribond d'Habyarimana (le régime qui a planifié le génocide et va le réaliser) n'aurait pu se maintenir sous les coups de boutoir du FPR et n'aurait pas eu les moyens logistiques et militaires pour mener à bien son plan d'extermination.

Selon la Mission d'Information Parlementaire au Rwanda, ce régime a été maintenu en vie à cause « d'une coopération militaire trop engagée » :

« D'octobre 1990 à mars 1993, la France maintient au Rwanda sa présence militaire qu'elle renforce dès que surviennent des risques sérieux d'un retournement de la situation sur le terrain au profit du FPR. Après l'offensive menée sur Byumba par le FPR, en juin 1992 et surtout après celle qu'il lance le 8 février 1993 sur Ruhengeri, menaçant ainsi Kigali, la France n'hésite pas à apporter aide et assistance à une armée objectivement en déroute dont l'état-major ne sait même plus où se trouvent ses propres troupes et à un régime de plus en plus affaibli, critiqué et critiquable. Sur le plan intérieur, le Président Habyarimana est présenté au moment de l'offensive d'octobre 1990 par les services de renseignements comme politiquement très affaibli, à la tête d'un régime usé, dans lequel une partie non négligeable des Hutus ne lui est plus fidèle. Il trouvera appui sur la présence française. Le Général Jean Varret dans le rapport de mission qu'il établit en décembre 1990 souligne que pour le Président rwandais l'opération Noroît n'avait pas seulement pour but d'assurer la sécurité des ressortissants français mais bien d'assurer la pérennité de son régime. Ceci donne une certaine ambiguïté à la présence française, ce que souligne M. Pierre Joxe devant la Mission. »http://www.assemblee-nat.fr/dossiers/rwanda/r1271.asp#P5374_785649

«
Du 20 février au 20 mars 1993, la présence militaire française au Rwanda a franchi un cap qu'elle n'aurait pas dû passer. Les soldats français étaient trop nombreux, selon le Ministre de la Défense, M. Pierre Joxe, et certaines de leurs missions ont dépassé par ailleurs le cadre habituel des opérations d'aide et d'assistance à des forces armées étrangères. Les soldats français n'ont pas participé aux combats. Pour autant, compte tenu de l'état de déconfiture dans lequel se trouvait l'état-major rwandais, incapable de matérialiser sur une carte la ligne de front et la position de ses troupes, pouvait-on encore considérer qu'il s'agissait d'une simple opération d'assistance, de conseil ou de soutien ? Comme l'a indiqué le Colonel Didier Tauzin, les militaires français ont dû rappeler à l'état-major rwandais les méthodes de raisonnement tactique les plus élémentaires, lui apprendre à faire la synthèse des informations, l'aider à rétablir la chaîne logistique pour apporter des vivres aux troupes, à préparer et à donner des ordres, à établir des cartes. Dans un tel contexte de reprise en main, il n'est guère étonnant que certains responsables militaires français aient pu avoir le sentiment de construire une armée, dont il fallait de surcroît s'assurer qu'elle serait régulièrement alimentée en munitions. »
http://www.assemblee-nat.fr/dossiers/rwanda/r1271.asp#P5374_785649

Si l'on veut bien se donner la peine de lire ce passage en entier, on s'appercevra qu'en pleine période de massacres pré-génocidaires les troupes militaires françaises participaient aux contrôles d'identités c'est à dire aux contrôles ethniques (Tutsi, Hutu, Batwa) et cela de 1990 à 1993. 
                                       
                                          

La question véritable est de savoir dans quelle mesure le gouvernement français a soutenu sciemment les génocidaires. Le pouvoir exécutif et les chefs d'état-major militaire français savaient-ils qu'ils soutenaient un régime qui allait perpétrer un génocide au Rwanda ? A cette question on a, il est vrai, un faisceau d'arguments mais pas de preuves directes des autorités politiques et militaires. Pourtant cette coopération très poussée s'est poursuivie malgré les dérives ouvertement génocidaires du pouvoir et malgré les massacres de masse commis dans certaines régions au Rwanda avant 1994 :

  - 1990 Octobre, massacre de Kibilira. 8000 arrestations à Kigali

- Janvier 1991, Extermination de la communauté tutsi à Bagogwe

- Mars 1992, massacres de Tutsi dans la région du Bugesera

- Août 1992, massacres de Tutsi dans la région de Kibuye

- Décembre 1992, massacres de Tutsi dans la région de Gisenyi


2.
La France n'a pas aidé à la démocratisation de la vie politique au Rwanda, elle
a soutenu la radicalisation du pouvoir de Habyarimana en appelant à un véritable « front de race ».

- « Ils disent : « On est la majorité. Il n'y a aucune raison pour qu'on partage le pouvoir avec des gens qui sont partis, qui ne représentent plus rien, et qui veulent revenir reprendre leurs terres. » (.) Au fond, de quoi la France se mêlait-elle en allant exiger du gouvernement hutu, immensément majoritaire, d'avoir à partager le pouvoir, on se demande pourquoi, avec une infime minorité tutsi - et qui plus est une minorité dans la minorité, puisque c'était la minorité armée de l'étranger ? Pourquoi ? On peut considérer, en effet, qu'il y a eu maladresse sur ce plan, ou inconséquence. » Hubert Védrine, déclaration à la MIPR, le 5 mai 1998.

- « Les pressions exercées sur le Président Habyarimana pour qu'il pratique la démocratisation de son régime sont restées faibles et sans commune mesure avec l'intensité de notre coopération militaire. Il est plus que probable qu'en l'absence du renfort de la France, le FPR aurait remporté, en février 1993, une victoire militaire décisive. Février-mars 1993 constitue une période " bascule ", pour reprendre les termes du Général Christian Quesnot qui a considéré que la France avait à ce moment atteint les limites d'une stratégie indirecte. » (Rapport de la MIPR, 1998). http://www.assemblee-nat.fr/dossiers/rwanda/r1271.asp#P5439_800314

- Colette Braeckman, journaliste au Soir de Bruxelles et auteur d'Histoire d'un génocide (Fayard, 1994) précise : " Les pressions (internationales) se multiplient pour que le gouvernement de Kigali s'élargisse, intègre d'autres personnalités dans son équipe ", et notamment " M. Dismas Nsengaremye, l'ancien Premier ministre issu du parti d'opposition, le Mouvement démocratique républicain [...]. S'opposant en cela à l'actuel Premier ministre Faustin Twagiramungu, M. Nsengaremye avait, jusqu'à la veille du drame, refusé de se désolidariser de l'aile dure de son parti, des partisans de la tendance "hutu power".
Pour empêcher que les accords d'Arusha ne mettent en minorité le général Habyarimana, Paris avait en effet beaucoup oeuvré à la division des partis de l'opposition rwandaise. L'Elysée et les services secrets prônaient une sorte de " front de race " - selon l'expression de Jean-Pierre Chrétien : " Hutus de tous les partis, unissezvous! ".
http://www.survie-france.org/article.php3?id_article=332

Analyse partagée par Stephen Smith dans Libération du 11.06.1992 :
«
La semaine dernière à Bruxelles, l'opposition rwandaise s'est ainsi concertée avec les rebelles du FPR, constatant leur commune volonté de mettre fin aux combats et de former un « gouvernement d'union nationale » conduisant le pays à des élections libres. Or le président Habyarimana et son entourage affairiste ne sont pas contraints de s'y résigner tant que la France alimente leur guerre contre les ''revanchards tutsi''

- Même analyse pour Claude Kroes qui dans l'Humanité dénonçaient les « tueurs du général Habyarimana » et la stratégie de massacres des populations civiles adoptée par le régime pour faire échouer les négociations d'Arusha (Humanité du 22.11.1991, 13.03.1992, 28.02.1993, cités par Jean-Paul Gouteux, un génocide secret d'état). Dans Libération du 9 février 1993 on pouvait lire : « Dans les lointaines collines du Rwanda, une ancienne possession belge en Afrique de l'Est, la France soutient un régime qui, depuis deux ans, avec ses milices et des escadrons de la mort, organise l'extermination de la minorité tutsi. »

L'Elysée a saboté les accords d'Arusha jusqu'en mars 1993. François Mitterrand a toujours justifié ce choix par des considérations ethniques :
«
(Les chefs d'états assassinés le 6 avril 1994) étaient des Hutu, l'ethnie majoritaire à 85% ou 87%, avec en face l'ethnie tutsi, celle qui est en train de gagner la guerre. » François Mitterrand dans Le Monde, 16.07.1994. Il s'agissait bien d'appeler à un front de race derrière un régime aux dérives ouvertement génocidaire et non pas de favoriser le processus démocratique.

Selon James Gasana, ministre de la Défense d'Habyarimana et négociateur d'Arusha. « Il n'y avait pas de commune mesure entre l'engagement de la France au Rwanda et sa discrétion à Arusha » (Déclaration devant la Mission d'information, le 10.06.1998).

Gérard Prunier, chercheur du CNRS témoigne également sur cette question : « Avons-nous joué un rôle majeur à Arusha, comme nous le disons aujourd'hui ? La France y était représentée par le premier secrétaire de l'ambassade de France en Tanzanie : il avait souvent beaucoup de mal à obtenir des instructions claires sur la nature de sa mission, et je ne pense pas qu'il avait un grand pouvoir de décision. » (MIPR Audition du 30 juin 1998).

Après le génocide le 18 novembre 1994, Bernard Debré, nouveau ministre de la Coopération, tenait sur RFI, des propos iconoclastes : si " la politique française à l'égard du Rwanda est difficile à cerner [...], c'est que l'Elysée, le président Mitterrand, est très attaché à l'ancien président Habyarimana et sa famille, et à tout ce qu'était l'ancien régime ».

3. Après l'attentat du Falcon d'Habyarimana, certains dignitaires de l'Akazu ayant participé aux réseaux zéros ont été évacué par les militaires français sous couvert d'une opération humanitaire lors de l'opération Amaryllis.

L'orphelinat Sainte-Agathe, fondé par la femme du Président rwandais Agathe Habyarimana, accueillait pour l'essentiel des enfants de militaires rwandais morts au combat. Son personnel comptait une vingtaine d'employés, dont des femmes qui s'occupaient des enfants. Deux jours après le début du génocide, démarré le 7 avril, au lendemain de l'assassinat du Président, la France fait évacuer son ambassade et son personnel recruté sur place, mais uniquement des extrémistes Hutus sous couvert d'une opération humanitaire pour sauver les enfants d'un orphelinat. Les Tutsis seront laissés à leur sort face aux génocidaires.

Pourtant, le 11 avril, une note provenant de Paris demandait l'évacuation de tout le monde, sans exception. Alors que la France a laissé périr sur place nombre d'employés tutsis de sa Coopération ou de ses diverses institutions sur place, ainsi que les compagnes tutsies de ses ressortissants militaires ou civils, pourquoi a-t-elle réservé l'un des rares vols d'évacuation à cet orphelinat - dont les enfants, de par leur origine, étaient sûrement les moins visés par les génocidaires ? La seule explication tient au nombre très élevé de leurs accompagnateurs, ils étaient 34, alors que le personnel " authentique " avait été " réduit " d'au moins 7 personnes : il s'agissait d'exfiltrer une vingtaine de responsables du régime.  http://www.survie-france.org/article.php3?id_article=331

Agathe Habyarimana tête pensante de l'Akazu fut donc évacuée avec une demande de remise de la part de l'Elysée (Mitterrand-Védrine) d'un chèque de 200.00 francs à son arrivée en France.

« A part l'opération Amaryllis, l'évacuation des ressortissants français, de la veuve et des enfants Habyarimana, ainsi que des dirigeants de l'ancien régime qui s'étaient réfugiés à l'ambassade de France dès le début du génocide, des militaires français ne sont revenus au Rwanda qu'à la fin juin 1994, avec un mandat de l'ONU. » (Stephen Smith , Repères :le génocide rwandais). http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3210,36-361500,0.html

Mais l'analyse de Stephen Smith reste partiale, la première partie de la phrase est vrai mais le restant est faux. Des témoignages récemment entendus sur RFI attestent de la présence de militaires français aux barrages en plein génocide et cela dès fin avril 1994 dans la région de Murambi.

 à 12' :
Catherine Ninin : « Mais que font ces Français à cette époque ? Ils ne sont pas censés être dans la région, ni même au Rwanda. Les militaires français arriveront fin juin,avec l'opération Turquoise. Et pourtant David, un ex-tueur et ex-prisonnier les a aussi rencontrés. C'était quelques temps avant le massacre de Murambi ».

David : - « Avant le massacre de Murambi, je voyais les Français à Gatyazo (?). Ils étaient là, ils patrouillaient sur les routes. Et c'est même eux qui nous ont encadré quand on a fui vers le Zaïre ».

CN : - Y'avaient des soldats français qui étaient déjà là avant le 21 avril ?
Réponse : - Oui les soldats français étaient bien là avant le massacre de Murambi. Et les Tutsi qui ont été massacrés là-bas s'étaient d'abord réfugiés auprès des soldats français.

CN : « Ces témoignages sont troublants. (.) Il pourrait s'agir d'un commando spécial opérant dans la région. Ce n'est pas improbable puisque par ailleurs j'ai recueilli d'autres témoignages dans la prison de Kigali d'ex-Far, d'ex-Interahamwe qui attestent d'une présence française à cette époque ». http://www.tv-radio.com/ondemand/rfi/mere/ftp/Audio/Francais/R052/rfi_soir_reportages_20040330_1740-20k.ram

Et l'on peut aussi se poser des questions quant au rôle trouble de Paul Barril, ancien gendarme du GIGN, qui n'a pas été entendu par la MIPR, mais qui était au Rwanda lors du génocide comme il s'est plu à le raconter au journal playboy en 1995. La mission de Paul Baril au Rwanda aurait reçu le nom de code « opération insecticide ». A défaut d'avoir auditionné Paul Barril, la MIPR met en annexe les documents sur les versements reçus par Baril de la part du ministre de la défense du gouvernement intérimaire : la somme de 1.200.000 dollars (à l'époque sept millions de francs) lui a été versée en juin 1994 pour « un contrat de service et d'assistance ». (MIPR,p.570, http://www.assemblee-nat.fr/dossiers/rwanda/anex10b1.pdf)

4. Le Gouvernement Intérimaire Rwandais (GIR) qui a organisé et encadré le génocide d'avril à juin 1994 a été formé dans l'ambassade de France de Kigali en présence de l'ambassadeur français, le soutien au GIR s'est faite en plein génocide par la réception de ses membres à l'Elysée et à Matignon fin avril 1994.

Après la mort du président, une partie des concepteurs de la « solution finale du problème tutsi » sont à Paris, tandis que se constitue, sous l'aile de la France, un « gouvernement intérimaire » qui continuera d'encourager les appels au meurtre de Radio libre des Mille Collines. Au Conseil de sécurité de l'Organisation des Nations unies (ONU), la France fera cause commune avec ce « gouvernement » et s'opposera, cinq semaines durant, à la reconnaissance du génocide via ses leviers à l'ONU que sont Boutros Boutros Ghali et Roger Booh-Booh. (Connivences françaises, François-Xavier Verschave, Le Monde Diplomatique) http://www.mondediplomatique.fr/1995/03/VERSCHAVE/1315

Sur le plan diplomatique, Colette Braeckmann, journaliste au Soir de Bruxelles et auteure d'Histoire d'un génocide (Fayard, 1994), révèle que le gouvernement intérimaire rwandais (GIR) qui va superviser les tueries a été constitué le 7 avril 1994 à l'ambassade de France, sous la houlette de l'ambassadeur Jean-Michel Marlaud.

Voici le témoignage de Pierre Gakumba militant de l'association rwandaise pour la défense des droits de l'homme devant la commission des droits de l'homme à Genève. Pierre Gakumba a assisté à la formation du gouvernement provisoire dans l'ambassade de France à Kigali :

« Devant l'ambassade de France, il y avait des centaines de familles accrochés au portail à qui l'on refusait l'entrée. Quelle ne fut pas ma stupeur de voir les gens qui étaient rassemblés dans cette ambassade de France! Tous les dignitaires du régime et leurs familles, dont les ministres et les députés du parti du président, la belle-famille du président, le directeur de la radio RTLM et ses subalternes connus pour leurs appels aux massacres.Mais que craignaient ces dignitaires du régime puisque je les voyais sortir à tout moment de l'ambassade avec leurs escortes de militaires pour circuler dans les quartiers en flammes ? A leur tour ils tenaient des réunions à l'ambassade pour parler de l'évolution de la situation et ils se plaisaient à dresser le bilan des victimes ou à regretter que telle ou telle personne n'ait pas encore été tuée, ou que tel ou tel quartier n'ait pas encore été nettoyé. Ils vantaient tout haut les résultats de leurs plans et les exploits des milices. » (cité par Colette Braeckman, Ibid, p.264)

Le gouvernement français en plein génocide a été le seul gouvernement occidental à recevoir les responsables du génocide à savoir de haut dirigeants du gouvernement intérimaire rwandais à l'Elysée et à Matignon le 27 avril 1994. Alors que le GIR était l'autorité qui a planifié, organisé, exécuté et surveillé le bon déroulement du génocide, en plein déroulement de cette immense boucherie, les représentants du gouvernement génocidaire, Jérôme Bicamumpaka (ministre des Affaires étrangères du GIR) et Jean-Bosco Barayagwiza (leader du parti raciste CDR) étaient reçu à l'Élysée par la cellule africaine, et, à Matignon, par Édouard Balladur et Alain Juppé. Jean-Bosco Barayagwiza, le chef politique des extrémistes hutus et actionnaire de Radio Mille Collines sera condamné par le Tribunal pénal international d'Arusha à trente-cinq ans de prison. (Les responsabilités internationales dans la tragédie rwandaise, par Thomas Hofnung,Libération 06.04.04) http://www.liberation.com/page.php?Article=192058

La MIPR parle « d'erreurs » mais tout en justifiant cette action comme un moyen de favoriser un cessez-le feu :

« La France, en revanche, multiplie au cours de la période allant du 13 avril (départ d'Amaryllis) au 19 juin (présentation de l'opération Turquoise à l'ONU) les rencontres avec les différents acteurs et parmi eux les membres du Gouvernement intérimaire reçu le 27 avril à Paris par M. Bruno Delaye. Dans cet objectif, la France était effectivement la seule à être restée en contact avec toutes les parties, dont le Gouvernement intérimaire. Sur ce point, compte tenu du déroulement du génocide commandité par le Gouvernement intérimaire, la France a commis une erreur en considérant qu'elle pouvait accorder autant de crédit et autant de poids à tous les représentants des acteurs du conflit. » (Les limites d'un cessez-le-feu à tout prix, MIPR). http://www.assemblee-nat.fr/dossiers/rwanda/r1271.asp#P5439_800314

 "Pendant le génocide, la France a eu des relations avec le gouvernement intérimaire rwandais, dont des membres étaient responsables du génocide", souligne Pierre Brana cité par Le Nouvel OBS d'après dépêche AFP.
http://archquo.nouvelobs.com/cgi/articles?ad=etranger/20040405.OBS7124.html&host=http://permanent.nouvelobs.com/

Après avoir tenté vainement d'alerter l'Élysée, le Dr Bradol, de MSF, parlait au journal de TF1, le 16 mai 1994, au milieu du génocide : « La France connaît très bien les assassins, elle les arme et les équipe. Nous considérons qu'il s'agit d'une véritable politique d'incitation des meurtriers à poursuivre les massacres : jusqu'à présent, nous n'avons pas entendu le gouvernement français appeler les bouchers de Kigali ou de Butare à se réfréner, et je dois dire que nous sommes particulièrement choqués par cet aspect des choses. »

5.L'opération Turquoise n'a pas arrêté le génocide mais a contribué à protéger les génocidaires et leur GIR.

Ce soutien aux forces armées rwandaises (FAR) et à leur gouvernement intérimaire (GIR) s'est poursuivi pendant le génocide au travers de l'opération Turquoise. Celle-ci n'a pas arrêté le génocide mais a permis de pérenniser les massacres dans un territoire protégé par les militaires français sous couvert d'opérations humanitaires.

Selon la MIPR, l'opération Turquoise n'avait pas pour vocation d'arrêter le génocide mais de favoriser un cessez-le-feu avec le FPR, il s'agissait donc clairement de soutenir les forces militaires encadrant le génocide dans leur lutte contre le FPR.

« Parmi les missions assignées aux soldats de l'opération Turquoise, dans l'ordre d'opération qui leur a été donné, figurait l'objectif suivant : " être prêt ultérieurement à contrôler progressivement l'étendue du pays hutu... ". Comme cela a été montré précédemment, cet ordre ne signifie pas que la France entend cette fois-ci contrer la victoire militaire du FPR puisqu'il est trop tard en juin 1994 pour éviter le déclenchement de la guerre civile et des massacres, la guerre civile durant depuis quatre ans et le génocide venant de se dérouler. Cette mission répond néanmoins à l'idée d'une stabilisation de la ligne de front partageant à cette date le Rwanda en deux parties, pour préserver une fois encore les capacités de négociations de chacun. Cela signifie bien que la France admet encore à ce moment précis -le 20 juin 1994- la légitimité du Gouvernement intérimaire, soit ne prenant pas en compte la réalité du génocide, soit n'analysant pas les responsabilités du gouvernement intérimaire en ce domaine. La recherche d'un cessez-le-feu à tout prix, qui ne viendra jamais officiellement, puisqu'il interviendra de fait lorsque le FPR décidera après la chute de Gisenyi le 17 juillet 1994 d'arrêter les combats, aura fini par placer la France dans une situation intenable. De ce fait, la France a été entraînée à accepter trop longtemps la présence du Gouvernement intérimaire jusqu'à la création le 4 juillet de la zone humanitaire sûre qui transforme la configuration de l'opération Turquoise. » (Les limites d'un cessez-le-feu à tout prix) http://www.assemblee-nat.fr/dossiers/rwanda/r1271.asp#P5439_800314 

On doit à Edouard Balladur d'avoir infléchi la politique de François Mitterrand qui voulait réaliser au travers de l'action Turquoise un « véritable Hutuland ». E. Balladur, dans une lettre à Mitterrand le 21 juin 1994, semble prendre date et met en garde le Président de la République. Parmi les « conditions de réussite » de l'opération Turquoise, il citait : « Limiter les opérations à des actions humanitaires et ne pas nous laisser aller à ce qui serait considéré comme une expédition coloniale au cour même du territoire du Rwanda ».

Concernant le rapport de la MIPR selon lequel «
la France a été entraînée à accepter trop longtemps la présence du Gouvernement intérimaire jusqu'à la création le 4 juillet de la zone humanitaire sûre qui transforme la configuration de l'opération Turquoise. », les rapports de Human Right Watch et de la Fédération Internationale des Droits de l'Homme (FIDH), apportent d'autres preuves beaucoup plus compromettantes.

Selon la FIDH (« Aucun témoin ne doit survivre », p. 798) : « Les autorités françaises permirent aux soldats rwandais de demeurer à l'intérieur de la zone et d'y transiter sans y être inquiétés. Dans la plupart des circonstances ils ne les désarmaient pas et dans certains cas, ils les assistaient dans leurs déplacements. Selon un militaire étranger présent sur place, les soldats français ravitaillèrent même en carburant, avant leur départ pour le Zaïre, les camions de l'armée rwandaise chargés de butin pillé dans des maisons et des magasins. Au Zaïre, des soldats français promenaient leurs collègues rwandais dans des véhicules officiels et, d'après le rapport de la Mission d'Information, le ssoldats français livrèrent dix tonnes de nourriture aux troupes rwandaises à Goma, le 21 juillet 1994 ».

Selon le rapport de Human Right Watch, Rwanda/Zaïre, Réarmement dans l'impunité, mai 1995, p. 9, le cerveau du génocide aurait été évacué par l'opération Turquoise : « Selon les fonctionnaires des Nations Unies [interviewés entre août 1994 et mars 1995], les militaires français ont fait voyager par avion des officiers importants, y compris le colonel Théoneste Bagosora et le leader des miliciens Interahamwe Jean-Baptiste Gatete, ainsi que les troupes d'élite des FAR et des miliciens en dehors de Goma, vers des destinations non identifiées, entre les mois de juillet et septembre 1994. »

« According to U.N. officials, the French military flew key commanders, including Col. Theoneste Bagasora and Interahamwe militia leader Jean-Baptiste Gatete, and crack troops of the ex-FAR and militias out of Goma to unidentified destinations on a series of flights between July and September 1994"
http://www.hrw.org/reports/1995/Rwanda1.htm#P138_29061

Ces faits sont aussi rapportés dans The Times par Sam Kiley :« Les faits suivants sont certains.[...] Les troupes françaises ont sauvé parmi d'autres le colonel Théoneste Bagosora (Chef de cabinet dans le gouvernement Hutu et génie démoniaque du génocide) en juillet 1994 quand les rebelles Tutsi ont investi Butare. » Sam Kiley, A French Hand in Genocide, The Times (Londres), 9 avril 1998, p. 24.

De même Chris Mc Greal, dans Routed Rwandan army plans intifada-style comeback [L'armée rwandaise vaincue prépare un retour de type Intifada], The Guardian du 19/12/1994), environ 5 000 soldats de ex-FAR ont été convoyés en bus jusqu'au camp de Chimanga (Sud-Kivu). Ils y suivaient un programme rigoureux. Le chef du camp, le colonel Munyakasi, «s'est vanté que des militaires français lui avaient offert de l'aider à entraîner ses hommes» [has bragged of French military offers to help train his men]. Il se trouve qu'à l'automne 1994, plusieurs attachés militaires français ont été dépêchés depuis la France et Kinshasa jusqu'à Goma et Bukavu.

Le général Roméo Dallaire (J'ai serré la main du diable, la faillite de l'humanité,p.585) indique l'environnement très français des ex-FAR dans le nord du Zaïre. Roméo Dallaire a rencontré le général Bizimungu le 16 juillet 1994 à Goma, conduit par le général Lafourcade au milieu du camp de l'opération Turquoise. Lafourcade demanda à Dallaire d'être discret sur la façon dont la rencontre avait été arrangée : « Cela pourrait paraître suspect que le dirigeant de l'AGR [Armée gouvernementale rwandaise, plus connue sous le sigle FAR] soit à l'intérieur du camp militaire français ». Lafourcade fournit une escorte à Dallaire pour qu'il puisse à nouveau, le 12 août 1994, rencontrer le général Bizimungu, ancien chef d'état major des FAR, qui a demandé à le voir. « Il [Bizimungu] était entouré de quelques officiers supérieurs zaïrois, de quelques officiers français et [.] du même énorme Lieutenant-colonel qui s'était présenté au bureau de Bagosora, le 7 avril (son G2, ou officier au renseignement, un homme que l'on disait largement impliqué dans le génocide).» Confortablement installé sur une colline qui surplombe le lac Kivu, le général Bizimungu «semblait parfaitement dans son élément» (Dallaire, p 621-622).

Selon le rapport de l'OUA (Organisation de l'Union Africaine, ch. 15.71) : « Les officiers français donnèrent le ton et les normes éthiques. Au nom de la neutralité, ils protégèrent les génocidaires. Le colonel Didier Thibaut, un des commandants du contingent français, fut interrogé par les journalistes au sujet des relations entre ses troupes et les soldats et dirigeants politiques accusés de génocide. « Nous ne sommes pas en guerre avec le gouvernement du Rwanda ou ses forces armées, répondit-il. Ce sont des organisations légitimes. Certains de leurs membres ont peut-être du sang sur les mains, mais pas tous. Ce n'est ni mon rôle ni mon mandat de remplacer ces gens-là. » http://survie67.free.fr/Rapport_OUA/Rwanda-f/oua.htm

6. Dans la zone humanitaire sûre française au Zaïre, les livraisons d'armes aux FAR ont continué, les massacres réalisés par les miliciens ont repris de plus belle.

En mai 1995, le rapport de Human Rights Watch (Rwanda/Zaïre, Réarmement dans l'impunité. Le soutien international aux perpétrateurs du génocide rwandais) a apporté nombre de précisions sur le réarmement des ex-FAR par la France.

« "Pendant toute la durée de l'opération turquoise, les FAR ont continué a recevoir des armes dans la zone contrôlée par les Français via l'aéroport de Goma...les autorités françaises n'ont rien fait pour interdire ces approvisionnements et ne les ont même pas signalés à la commission crée par la Résolution 918 du conseil de Sécurité des Nations unies". http://www.hrw.org/reports/1995/Rwanda1.htm
http://www.hrw.org/reports/1995/Rwanda1.htm#P138_29061

Amnesty International a confirmé par ailleurs la poursuite des livraisons d'armes au Hutu power, via Goma " une fois par semaine - les mardi à 23h00 locales [...], jusqu'à la mi-mai 1995 ". Pour de multiples raisons, il est impossible d'organiser un trafic d'armes aussi massif et régulier à Goma sans complicités françaises. http://www.survie-france.org/article.php3?id_article=327

Même la Mission d'Information Parlementaire passe ces passages sous silence et notamment un épisode de l'opération Turquoise où A Gisenyi :
«
Un détachement français de 200 soldats d'élite est entré à Gisenyi dès le début de Turquoise [24 juin], prêt à " protéger la ville qui abritait le gouvernement génocidaire ". Cet épisode paraît si gênant qu'il ne figure pas dans le rapport de la mission parlementaire d'information. Que cachet-il ? » Alison Des Forges, p. 784 (Aucun Témoin ne doit survivre).

La Banque nationale du Rwanda, trésor de guerre des organisateurs du génocide, a pu tirer des sommes importantes sur la Banque de France et la BNP Paris : 2 737 119,65 FF en six prélèvements du 30 juin au 1er août pour la Banque de France, 30 488 140,35 FF en sept prélèvements du 14 au 23 juin 1994 pour la BNP ; on est en droit de se demander comment la Banque de France a pu procurer des moyens financiers (dont 1 500 000 FF le 1er août, alors que le Gouvernement responsable du génocide et sa banque ont quitté le Rwanda depuis un mois) aux auteurs d'un génocide commencé le 7 avril ; comment l'autorité de tutelle de la place financière de Paris a pu ne pas demander de couper les liens financiers avec les autorités génocidaires ; comment la BNP a pu ignorer la portée de ces prélèvements.

Selon Pierre Galand dans son rapport sur la dette extérieure du Rwanda « 4.2 Selon les données de la BNR, un total de FRW. 5.362.729.319 soit un montant d'environ $17.820.000 fut transféré par l'ancien régime vers différentes destinations entre avril et août 1994 (voir justificatif no. 3 en annexe). A cette somme, s'ajoute un montant de FRW 1.938.500.644 (US$ 6.440.200) en chèques de voyage (traveller's) emportés par des membres de l'ancien régime.. 4.8 .on notera dans le bilan des transactions bancaires, que des montants importants libellés en francs français (FRF) furent prélevés à partir des comptes spéciaux à la Banque de France et à la Banque Nationale de Paris (BNP). Ces montants furent transférés vers des destinations diverses dont des paiements auprès de deux compagnies françaises: Alcatel France et GME International (Paris). La compagnie Alcatel est un important fabricant d'équipement militaire. Au total, plus de deux milliards de francs (FRW? 2.072.532.895) furent transférés ou retirés de ces comptes entre mai et août 1994.»

L'usage de la dette extérieure du Rwanda (1990-1994). La responsabilité des bailleurs de fonds par Pierre Galand (sénateur belge) et Michel Chossudovsky (professeur d'économie à Ottawa). http://globalresearch.ca/articles/CHO403F.html

De nombreuses transactions portant sur des ventes d'armes ont été faite entre la Banque Nationale Rwandaise et la Banque de France mais aussi la BNP. Ainsi en vue d'une transaction concernant des ventes d'armes au gouvernement génocidaire, M. Ehlers avait collaboré étroitement avec le colonel Théoneste Bagosora et avec un autre homme que la Commission de l'ONU a pu identifier : M. Hunda Nzambo.

7. Actuellement en 2004, Agathe Habyarimana tête de l'Akazu, que Kigali accuse de planification de génocide, a été reçu aux voux de la francophonie, les membres de la famille Habyarimana et leurs soutiens rwandais ont été autorisé à défiler le 6 avril 2004 (date anniversaire de l'attentat du Falcon du président Habyarimana) sur le parvis des droits de l'homme au Trocadéro, autorisation refusée pour la manifestation des victimes du génocide le 7 avril 2004 (date anniversaire du début du génocide).

Celle là même dont François Mitterrand disait le 14.06.1994 au staff de Médecin Sans Frontière:« C'est une bande d'assassins. D'ailleurs j'ai eu Agathe Habyarimana à la maison. C'est une folle qui voulait lancer un appel à la continuation du génocide sur les radios périphériques françaises. On a eu du mal à la calmer. Maintenant on en a marre, on va intervenir, on va essayer de mettre de l'ordre dans tout ça et de sauver des gens »

vit actuellement en France, dans la région parisienne selon son fils Léon Habyarimana (sur Public Senat, le 23.04.2004) et a été reçu aux voeux de la francophonie en janvier 2004 à Paris. http://www.fidh.org/article.php3?id_article=470