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PRESSAFRIQUE
23.10.06 | |
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"Depuis six ans que je travaille à Roissy, il n'y a jamais eu de problème, affirme Mohamed Seddiki, agent d'exploitation français d'origine tunisienne à qui l'on a retiré son badge début octobre. "En juin, on nous a fermé notre salle de prière et maintenant on me dit que je suis un danger pour l'aéroport. Tout ça, c'est de la paranoïa à cause du livre de Villiers". AFP (Cyberpresse) Débat sécuritaire autour de musulmans employés à l'aéroport de Roissy, 21.10.06 En avril 2006, l'agité du bocage
sortait un brulôt islamophobe intitulé "Les Mosquées de Roissy" désignant
à la vindicte populaire une menace intérieure pour ne pas dire un ennemi
intérieur. Le préfet de Seine et Saint-Denis vient de mettre en oeuvre ce
que préconisait le vicomte dans son livre qualifié par le MRAP de
"brûlot délirant et raciste". Au printemps dernier, le préfet
demandait à la Préfecture de retirer le badge d'accès à des zones
sensibles de l'aéroport de Roissy à des musulmans employés par des
entreprises de sous traitance. Une décision qui acte les propos du vicomte
et fait sienne ses syllogismes racistes cultivés par les médias
assimilant musulmans pratiquants ou trop pratiquants à terroristes. Selon
le sous-préfet de Roissy, quelques dizaines de personnes, dont une
"majorité de musulmans", se sont vu retirer leur habilitation à travailler
en zone sous douane parce qu'elles constituent "une vulnérabilité pour la
sûreté de l'aéroport", selon l'Unité centrale de lutte antiterroriste
(Uclat). Ce sont donc des dizaines de personnes qui risquent de se
retrouver au chômage en raison de leur confession. Du jamais vu depuis
Vichy! Afrik.com 20.10.06 En avril dernier, Karim, l'un des plaignants, reçoit une lettre
type de la préfecture lui indiquant que selon ses informations, il
aurait « une attitude pouvant mettre en cause la sûreté de
l'état ». Invité à faire des observations écrites ou orales, il
prend rendez-vous auprès de la préfecture. « Nous vous écoutons
Monsieur », lui lance l'une des trois personnes présentes.
Devant l'incompréhension de Karim, qui ignore ce qui lui est
reproché, l'interrogateur, gêné, précise : « Nous allons
parler de religion ». Celui-ci explique qu'il est un musulman
pieux, qu'il a fait son pèlerinage, qu'il a voyagé à Dubaï,
« un pays très touristique », qu'il porte une barbe à
l'image du prophète Mohamed, mais qu'il récuse la lecture salafiste
orthodoxe et violente du coran. Une semaine plus tard, un courrier de la préfecture
lui notifie le retrait de son badge. Karim « n'a pas été de
nature à apporter la preuve d'un comportement insusceptible de
porter atteinte à la sûreté aéroportuaire, eu égard aux informations
détenues par l'administration ». Une réponse qui fait tousser
Me Eric Boutet : « C'est un renversement de la charge de
la preuve, explique-t-il. Le préfet prend une décision qui engage
les personnes sur leur lieu de travail, qu'elles risquent de perdre,
sans donner aucun motif objectif. Au contraire, il leur demande
d'apporter la preuve qu'ils ne sont pas susceptibles de représenter
un danger, ce que personne ne peut
faire »... |