QUAND LA FRANCAFRIQUE FAIT TOMBER LES MINISTRES FRANCAIS :
  DE JEAN-PIERRE COT EN 1982 (SOUS MITTERRAND Ier)
A JEAN-MARIE BOCKEL EN 2008 (SOUS SARKO Ier) 

LE 07.12.1982, MITTERRAND Ier, PRESIDENT DE LA FRANCE ET DE LA FRANCAFRIQUE, 
DEBARQUE JEAN-PIERRE COT
 MINISTRE DE LA COOPERATION
  

7 décembre 1982. Jean-Pierre Cot, ministre délégué à la Coopération et au Développement, présente sa démission en raison de son désaccord avec la politique africaine de François Mitterrand. Il était contre la politique de l'Elysée en Afrique.

WIKIPEDIA
François Mitterrand et l'extrême droite

L'EXPRESS 10.12.1982
L'écart de Jean-Pierre Cot
En désaccord avec la politique africaine, le ministre de la Coopération démissionne
Quand un homme politique ambitieux rêve d'un grand ministère du tiers monde, et se retrouve titulaire d'un portefeuille à moitié vide ; quand un militant des droits de l'homme est invité à saluer très respectueusement Sékou Touré ou Mobutu, vedettes au hit-parade d'Amnesty International ; quand un militant rocardien se sent phagocyté dans un univers mitterrandiste, arrive un jour où il flanque sa démission
[...] Mitterrand, qui a l'avantage sur Cot d'être un familier de l'Afrique, va rapidement trancher en faveur d'une politique de continuité, qui implique de bons rapports avec tous les dirigeants africains, même les moins « fréquentables ». La politique africaine de la France restera le domaine réservé de l'Elysée. Guy Penne, ami personnel du Président, en assurera la mise en oeuvre sur le terrain. [...]


SURVIE 21.03.08
Noir n°5 - "Les candidats à la présidentielle de 1995 et l'Afrique : le dire et le faire", Agir ici et Survie, L'Harmattan, 1995
[...] Aucun accord ne sera renégocié, et le ministre de la Coopération Jean-Pierre Cot vérifiera assez rapidement la limite des " engagements " pris en la matière. Il sera démissionné le 8 décembre 1982 pour incompatibilité croissante avec la majorité des chefs d'État africains - qui n'avaient, eux, surtout pas envie de changement, et rencontraient à cet égard le tempérament de François Mitterrand. Celui-ci confia le portefeuille de la Coopération à Christian Nucci qui allait, de 1982 à 1986, célébrer sans retenue cette préférence partagée pour les recettes éprouvées. Jean-Pierre Cot était rocardien : il eut été indécent de le laisser " tomber à gauche ". La rivalité des courants conduisit le très mitterrandien Lionel Jospin, Premier secrétaire du PS, à un démenti peu prophétique : le remplacement de Jean-Pierre Cot par Christian Nucci " n'est pas lié au fait qu'un homme incarne la lutte pour les droits de l'homme, les autres se situant sur le terrain du réalisme ".[...]

LA MOUETTE 05.11.07
La France face à ses vieux démons africains
Et la gauche dans tout ça ? On aurait pu espérer de l'élection de François Mitterrand en 1981 un revirement total, une moralisation de la politique étrangère. Il n'en fût rien. François Mitterrand dès son arrivée au pouvoir se fonde, avec un grand cynisme, dans les habits du système, habilement retourné au profit de son camp. Une attitude dénoncée par le très isolé Jean-Pierre Cot "ministre délégué auprès du ministre des Relations extérieures chargé de la coopération et du développement" sous le gouvernement Mauroy, qui  aura préféré la démission à la compromission. Une démission dans la liberté, pour ce militant résolu des droits de l'Homme qui l'amènera jusqu'à refuser la sortie honorable proposée par l'Elysée via un poste d'ambassadeur. Exit donc le rêve d'abandonner la politique du secret et de promouvoir une politique tiers-mondiste fondée sur la morale et le développement. Familier de l'Afrique, F. Mitterrand tranche en faveur d'une continuité qui implique de bons rapports avec tous les dirigeants africains, même les moins « fréquentables ». Mais surtout, la politique africaine de la France reste le domaine réservé de l'Elysée et n'apparait pas dans le programmes socialistes.C'est dans ces années que survient "l'épisode" Thomas Sankara.[...]

LE MONDE DIPLOAMTIQUE JANVIER 2001
LA COOPERATION FRANCO-AFRICAINE UN ECHEC
"En revanche, les compagnies à charte prospéraient, comme à la belle époque où la France de Louis XV s'en remettait à la Compagnie des Indes orientales pour sa politique en Asie. Les grands services publics français, au premier rang desquels Elf-Erap, échappant à tout contrôle, menaient leur propre politique
. En particulier, Elf a mené une guerre privée au Congo-Brazzaville, renversant le président Pascal Lissouba, en 1997, pour défendre ses intérêts. J'espère que la privatisation permettra à l'Etat français, sinon de reprendre les choses en main, du moins de maintenir chacun à sa place."
(Jean-Pierre Cot in Le Monde Diplomatique, Janvier 2001)



LE 17.03.08, SARKO Ier, PRESIDENT DE LA FRANCE ET DE LA FRANCAFRIQUE, 
DEBARQUE JEAN-MARIE BOCKEL MINISTRE DE LA COOPERATION
  

AFP 21.03.08
"Françafrique": les limites de la "rupture" promise par Sarkozy
[...] A Paris, une source diplomatique a confirmé "des pressions de chefs d'Etat africains au plus haut niveau pour avoir la tête de Bockel", et citait le Congo et le Gabon, deux pays pétroliers emblématiques du pré carré français en Afrique. Selon cette source, Denis Sassou Nguesso avait pris en grippe le secrétaire d'Etat à la Coopération qui "était un frein à satisfaire" les demandes du président congolais en faveur d'une augmentation substantielle de l'aide pour son pays. Interrogé par l'hebdomadaire Jeune Afrique pour savoir ce qu'il avait à répondre au discours sur la "Françafrique" de M. Bockel, M. Nguesso a lâché: "Rien. En tout cas, pas à ce monsieur". Pour Survie, "l'hypocrisie atteint des sommets". "Nicolas Sarkozy solde définitivement ses promesses de rupture avec la Françafrique", a estimé l'association qui milite pour "l'assainissement des relations franco-africaines".[...]

LIBERATION 20.03.08
Quand Omar Bongo se réjouit du remaniement ministériel français...
...«Je n'exclus pas qu'il y ait eu des pressions, notamment d'Omar Bongo, pour faire partir Bockel du Quai d'Orsay», affirme ainsi un ministre français qui a requis l'anonymat, estimant que le secrétaire d'Etat avait eu «le tort d'appliquer au premier degré les critiques de Sarkozy» sur les relations controversées entre la France et son «pré carré» africain. «Le président Bongo ne s'occupe pas de la formation des gouvernements français», a protesté René Ndemezo Obiang mais selon une source proche du pouvoir gabonais, «Libreville a bien demandé un changement de tête à la Coopération»...

RUE 89 20.03.08
Omar Bongo a eu la peau de Jean-Marie Bockel
[...]En coulisse, le syndicat des chefs d'Etat africains s'organise. Bongo, Sassou (président du Congo) et Biya (président du Cameroun) prennent leur téléphone pour réclamer à Nicolas Sarkozy la tête de l'impétrant. Les jeux sont faits. "Tuer les petites pratiques moribondes et renouveler le dialogue avec les Africains" Deux mois plus tard, la sanction tombe, alors même que le flamboyant Bockel s'est ravisé. D'ailleurs, le secrétaire d'Etat à la Coopération faisait preuve d'une grande modération dans sa volonté de "rupture", misant sur la volonté du président de la République...Le ton menaçant et inhabituellement peu diplomatique laisse augurer des conversations houleuses échangées entre les deux palais. Deux semaines plus tard, Bockel fait ses valises pour les Anciens combattants, où il pourra méditer sa propre réponse faite au Monde, qui l'interrogeait sur le précédent de Jean-Pierre Cot, écarté en 1982 de la Coopération par François Mitterrand pour cause de réformisme trop enthousiaste[...]


LE MONDE 20.03.08
Deux mois après avoir dénoncé la "Françafrique", Jean-Marie Bockel est débarqué de la coopération

AFP 20.03.08
Françafrique: Bockel maintient ses critiques, des pays africains approuvent son départ

MICHEL COLLON 19.03.08
La France au Tchad : ça n'a pas changé avec Sarkozy

AFP 19.03.08
Le départ de Bockel du secrétariat d'Etat français à la Coopération va plaire au Gabon

AFP 19.03.08
Bockel "rétrogradé" ou pas: les interprétations divergent
Le passage de Jean-Marie Bockel de la Coopération à la Défense et aux Anciens combattants suscite des interprétations divergentes, lui-même s'affirmant "extrêmement satisfait" alors que plusieurs de ses collègues y voient une "rétrogradation" pour cause de "Françafrique"...

AFRIK.COM 19.03.08
La francophonie fêtée sans Jean-Marie Bockel
Le secrétaire d'Etat ne signera pas « l'acte de décès de la françafrique »


AFRIK.COM 19.03.08
Alain Joyandet, nouveau secrétaire d'Etat à la Coopération à la Francophonie, cumule les mandats

 DOSSIER PRESSAFRIQUE

25.05.07
Le Président de la France et de la Françafrique reçoit en son palais le dictateur Omar Bongo du Gabon

17.05.07
Bernard Kouchner au Quai d'Orsay ? Continuation et concordance françafricaines

14.05.07
Le nouveau président de la France soutient-il les oppresseurs de l'Afrique ?

14.05.07
Les remerciements de Sarkozy à Bongo : «Merci pour certains de tes conseils»

09.05.07
Notre nouveau Président vogue sur le yacht de son ami françafricain Bolloré

22.02.07
Clichés raciologiques (7) : Nicolas Sarkozy le candidat de la coloniale et de la Françafrique